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La citadelle intérieure (Pierre Hadot)

Pierre Hadot a écrit un splendide ouvrage, La citadelle intérieure , dont le titre évoque aussitôt celui de Marie‑Madeleine Davy. Il y explique, en substance, qu’il faut construire en soi une forteresse, un lieu préservé des troubles extérieurs. Mais en sommes‑nous réellement capables ? Est‑ce humainement possible ? La question devient d’autant plus pressante lorsqu’on avance en âge, que surviennent les pertes, les départs, le brouillage des repères, et ce sentiment d’impuissance devant l’inévitable destinée humaine.

Chercher sous le réverbère

« Une vieille histoire soufi raconte qu'un homme marchant dans la rue, un soir, avait laissé tomber ses clés par terre, du côté sans éclairage. Il a traversé la rue pour aller chercher ses clés à la lumière du réverbère. Un ami qui passait par là lui ayant demandé pourquoi il cherchait ses clés de ce côté-là plutôt qu'à l'endroit où elles étaient tombées, il lui a répondu : « Je cherche par là, parce que c'est éclairé. »

On a exactement la même démarche dans la vie : on préfère regarder du côté des vieilles structures familières. Que surgisse un problème et l'on suit le schéma coutumier : penser, remâcher, analyser, continuer à vivre comme des fous puisque c'est ce qu'on a l'habitude de faire. Peu importe, si ça ne marche pas ! On n'en est que plus décidé à redoubler ses efforts, à continuer à chercher sous le réverbère. »

– Charlotte Joko-Beck, Vivre zen, Pocket, 1996, p. 168-169