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La citadelle intérieure (Pierre Hadot)

Pierre Hadot a écrit un splendide ouvrage, La citadelle intérieure , dont le titre évoque aussitôt celui de Marie‑Madeleine Davy. Il y explique, en substance, qu’il faut construire en soi une forteresse, un lieu préservé des troubles extérieurs. Mais en sommes‑nous réellement capables ? Est‑ce humainement possible ? La question devient d’autant plus pressante lorsqu’on avance en âge, que surviennent les pertes, les départs, le brouillage des repères, et ce sentiment d’impuissance devant l’inévitable destinée humaine.

Vieillir : un trip d’acide ?

« Dans votre livre, vous comparez le vieillissement à un trip d'acide. Est-ce une boutade?
- Oui et non. Quand j'enseignais à l'université, pendant les années 1960, je voyais régulièrement des étudiants arriver à mes cours complètement défoncés. Ils ne cherchaient pas qu'à s'amuser ! À l'époque, de nombreux hippies étaient persuadés que les drogues pouvaient les aider à voir le monde différemment. Qu'elles étaient le meilleur moyen d'atteindre des états de conscience modifiés, où l'esprit serait libéré de toute trace de matérialisme, d'ambition dévorante, de jalousie... Je sais maintenant qu'il existe une façon parfaitement naturelle de modifier son état de conscience : vieillir. À 77 ans, je ne vois plus le monde de la même façon qu'à 20 ans. Mes idées sur la réussite, la carrière, l'ego, le mariage, la sexualité... tout ça a radicalement changé ! »
– Theodore Roszak (extrait d'un entretien mené par Dominique Forget avec l’historien et romancier américain, « À 65 ans, on change le monde ! », L’Actualité, 15 mars 2011. Titre du livre dont il est question : The Making of an Elder Culture: Reflections on the Future of America's Most Audacious Generation).