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Être seul n’est pas être dans la solitude

« Je garderai le mot solitude pour parler de cet état où l’on est sans les autres, certes, mais où l’on se tient compagnie, et nommerai esseulement les temps, que je sois seul ou en compagnie, où ma propre compagnie me manque, les moments où le « quelqu’un qui me manque » n’est pas tant l’autre que moi-même. (…) Être dans la solitude, c’est éprouver la certitude que l’autre est là, en moi. Et puis, il y a l’isolement, où manquent et l’autre et moi. » – Michel Schneider, Glenn Gould Piano solo , Gallimard, 1994, p. 30

Structure et improvisation musicales (Glenn Gould)

Une plongée dans l'univers de Glenn Gould par le truchement de la philosophie.

Outre les pages sur les différentes facettes du personnage (excentricité, refus des concerts, emphase sur l'enregistrement...), c'est l'exploration du jeu musical de Gould qui a capté mon attention, dont les pages consacrées à la structure et à l'improvisation musicales.

Bien que Gould ne soit pas associé à l'improvisation musicale ni à la dodécaphonie (dont il était un défenseur), c'est cette clé qui permet, selon l'auteur, de comprendre le sens de sa musique et de sa pensée (p. 9).

« Gould ne faisait pas que jouer de la musique; il jouait avec elle. Il interprétait chaque morceau en voulant donner l'impression qu'il le composait au fur et à mesure. » (p. 9)

« L'architecture (l'ossature) est la dimension le plus importante de la musique et l'interprétation d'un morceau a pour but de révéler la beauté de cette structure. » (p. 13)

« La mémoire musicale est organique, c'est la sensation de la structure qui permet d'enchaîner les notes d'une manière fluide et adéquate. » (p. 31)

« La musique possède une structure.... Elle est une structure révélée par les sons. » (p. 37)

– Mark Kingwell, Glenn Gould, Montréal : Boréal, 2011