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La citadelle intérieure (Pierre Hadot)

Pierre Hadot a écrit un splendide ouvrage, La citadelle intérieure , dont le titre évoque aussitôt celui de Marie‑Madeleine Davy. Il y explique, en substance, qu’il faut construire en soi une forteresse, un lieu préservé des troubles extérieurs. Mais en sommes‑nous réellement capables ? Est‑ce humainement possible ? La question devient d’autant plus pressante lorsqu’on avance en âge, que surviennent les pertes, les départs, le brouillage des repères, et ce sentiment d’impuissance devant l’inévitable destinée humaine.

Petite chronique de la vie de Jean-Sébastien Bach

Savoureuse petite chronique de la vie du grand compositeur Jean-Sébastien Bach écrite par sa seconde épouse, Anna Magdalena, alors abandonnée et vivant dans la pauvreté après la mort du compositeur; les jours glorieux de ce dernier ayant bien vite été oubliés, on ne parlait surtout que de ses deux fils aînés, Friedemann et Emmanuel.

Ses paroles, ses gestes, sa vie, sa musique, tout y est relaté généreusement (et amoureusement) par Magdalena. Elle nous fait comprendre que la vie familiale, la vie de travail journalier à l'église et à l'école (et ses tribulations) et la vie musicale s'imbriquaient harmonieusement dans la vie du grand compositeur.

Un homme calme et grave, "quelque chose d'un rocher" (p. 18), parfois "un peu obstiné, si ce n'est têtu", qui parlait peu et ne se livrait qu'à ses intimes". (p. 19) "Sa femme, ses enfants, son foyer, c'était tout ce qu'il chérissait." (p. 25). Il voyageait fort peu. Et, toute sa vie, il a travaillé sans relâche.

Magdalena parle du processus (et de la douleur) de la création chez Jean-Sébastien Bach, de sa méthode de composition, du sentiment de la mort qui inspira sa musique la plus élevée, de même que de ses oeuvres, et aussi de sa manière d'enseigner.

Jean-Sébastien Bach était un homme très religieux qui s'intéressait particulièrement aux écrits théologiques; la musique sacrée formant d'ailleurs la plus grande partie de son oeuvre (p. 203). Il aimait à citer le mot de Luther : « La musique est la meilleure consolation, elle rafraîchit le coeur et le calme. » (p. 230)

La petite chronique d'Anna Magdalena Bach, Éditions Buchet/Chastel, 1978