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La citadelle intérieure (Pierre Hadot)

Pierre Hadot a écrit un splendide ouvrage, La citadelle intérieure , dont le titre évoque aussitôt celui de Marie‑Madeleine Davy. Il y explique, en substance, qu’il faut construire en soi une forteresse, un lieu préservé des troubles extérieurs. Mais en sommes‑nous réellement capables ? Est‑ce humainement possible ? La question devient d’autant plus pressante lorsqu’on avance en âge, que surviennent les pertes, les départs, le brouillage des repères, et ce sentiment d’impuissance devant l’inévitable destinée humaine.

Trois grandes questions posées par les Grecs

« Les Grecs se posaient trois grandes questions : Que puis-je connaître ? Comment gouverner la Cité ? Comment mener mon existence ? Selon [Jean-François Revel], la science a répondu en grande partie à la première question et la démocratie à la deuxième. Quant à la troisième, il considérait que les philosophes qui ont suivi Spinoza ont totalement abandonné cette question pour se consacrer à l'élaboration de vastes édifices intellectuels destinés à reconstruire le monde comme si personne n'avait pensé avant eux. Devant cet échec de la philosophie moderne, [Jean-François Revel] se demandait si l'intérêt naissant pour le bouddhisme en Occident n'était pas dû au fait qu'il comblait un vide en apportant des réponses pragmatiques à la façon de conduire au mieux notre existence. »

– Matthieu Ricard, Carnets d'un moine errant, Paris : Allary Éditions, 2021, p. 539