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Être seul n’est pas être dans la solitude

« Je garderai le mot solitude pour parler de cet état où l’on est sans les autres, certes, mais où l’on se tient compagnie, et nommerai esseulement les temps, que je sois seul ou en compagnie, où ma propre compagnie me manque, les moments où le « quelqu’un qui me manque » n’est pas tant l’autre que moi-même. (…) Être dans la solitude, c’est éprouver la certitude que l’autre est là, en moi. Et puis, il y a l’isolement, où manquent et l’autre et moi. » – Michel Schneider, Glenn Gould Piano solo , Gallimard, 1994, p. 30

Trois grandes questions posées par les Grecs

« Les Grecs se posaient trois grandes questions : Que puis-je connaître ? Comment gouverner la Cité ? Comment mener mon existence ? Selon [Jean-François Revel], la science a répondu en grande partie à la première question et la démocratie à la deuxième. Quant à la troisième, il considérait que les philosophes qui ont suivi Spinoza ont totalement abandonné cette question pour se consacrer à l'élaboration de vastes édifices intellectuels destinés à reconstruire le monde comme si personne n'avait pensé avant eux. Devant cet échec de la philosophie moderne, [Jean-François Revel] se demandait si l'intérêt naissant pour le bouddhisme en Occident n'était pas dû au fait qu'il comblait un vide en apportant des réponses pragmatiques à la façon de conduire au mieux notre existence. »

– Matthieu Ricard, Carnets d'un moine errant, Paris : Allary Éditions, 2021, p. 539