Passer au contenu principal

En vedette

La citadelle intérieure (Pierre Hadot)

Pierre Hadot a écrit un splendide ouvrage, La citadelle intérieure , dont le titre évoque aussitôt celui de Marie‑Madeleine Davy. Il y explique, en substance, qu’il faut construire en soi une forteresse, un lieu préservé des troubles extérieurs. Mais en sommes‑nous réellement capables ? Est‑ce humainement possible ? La question devient d’autant plus pressante lorsqu’on avance en âge, que surviennent les pertes, les départs, le brouillage des repères, et ce sentiment d’impuissance devant l’inévitable destinée humaine.

La compréhension du chagrin

« Il faut comprendre et ne pas refuser le chagrin. Le refuser, c'est donner de la continuité à la souffrance. Pour comprendre la souffrance, il faut l'aborder directement, comme une expérience que vous faites, sans chercher à trouver un résultat déterminé. Si vous recherchez un résultat déterminé, l'expérience n'est pas possible. Si vous savez ce que vous voulez trouver, la recherche n'est plus une expérimentation. Si vous cherchez à vous débarrasser de la souffrance..., vous ne pouvez pas comprendre son processus total; lorsque vous essayez de surmonter la souffrance, tout ce qui compte pour vous c'est de la fuir. Pour comprendre la souffrance, l'esprit ne doit avoir aucune action positive pour la justifier ou la surmonter : l'esprit doit être entièrement passif, silencieux et vigilant, afin qu'il puisse suivre sans hésitation le dévoilement du chagrin. L'esprit ne peut suivre l'histoire du chagrin s'il est enchaîné à un espoir, une conclusion ou un souvenir.  »

– Krishnamurti, Commentaires sur la vie : Qui êtes-vous ?, Intégrale, « La souffrance », préambule, J'ai lu, 2015, chapitre 84, p. 363