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La citadelle intérieure (Pierre Hadot)

Pierre Hadot a écrit un splendide ouvrage, La citadelle intérieure , dont le titre évoque aussitôt celui de Marie‑Madeleine Davy. Il y explique, en substance, qu’il faut construire en soi une forteresse, un lieu préservé des troubles extérieurs. Mais en sommes‑nous réellement capables ? Est‑ce humainement possible ? La question devient d’autant plus pressante lorsqu’on avance en âge, que surviennent les pertes, les départs, le brouillage des repères, et ce sentiment d’impuissance devant l’inévitable destinée humaine.

L'esprit du geste (« zanshin »)

« L'esprit qui demeure, sans s'attacher, l'esprit qui reste vigilant.

On prend soin de l'action et l'on reste attentif à ce qui peut survenir ensuite. Il y a, par exemple, une manière zanshin de fermer une porte, de poser un objet, de prendre un repas ou de conduire une voiture, et même de rester immobile.

On pose les objets avec précaution, on suspend son mouvement une fraction de seconde avant de fermer une porte afin de ne pas la claquer. (...) maintient la concentration de l'énergie, et marque le respect à l'égard des autres.

Il est difficile d'être à ce que l'on fait, il l'est plus encore de rester attentif à ce que l'on peut être appelé à faire instantanément. »

– Taisen Deshimaru, maître zen, extrait du livre Le chant de l'immédiat satori : Shodoka, textes de Yoka Daishi, traduction et commentaires de Taisen Deshimaru avec la collaboration de Malika Legrand et Evelyn de Smedt, Paris : Albin Michel, 1992, p. 214-215