Passer au contenu principal

En vedette

Choisir ce que vous laissez entrer dans votre esprit

Personnellement, nous avons banni tout visionnement de films, reportages ou émissions qui traitent de la violence en la magnifiant tout en la banalisant. Nous prenons les nouvelles surtout dans la presse écrite et nous avons horreur de voir les images des bombardements dans les médias : nous ne sommes pas sans savoir qu’il y a du vivant sous ces bombes — des arbres, des animaux, des oiseaux, des humains qui souffrent et se meurent. Nous nous éloignons des réseaux sociaux qui mettent en scène la force sous toutes ses formes. Nous savons trop bien que la violence et la puissance possèdent un pouvoir de séduction redoutable, et que l’on peut s’y laisser aller, en tant que peuple comme en tant qu’individus. Cette séduction est dangereuse, car elle désensibilise et nous éloigne de notre humanité. Nous ne nions pas la violence du monde, nous refusons d’en consommer la mise en scène. Ce qui est très différent de s’aveugler ou de se fermer les yeux. Ouvrir le regard à la beauté, à la sensibili...

Du sens de l'absence de sens

« J'allais dire que c'est l'absence de sens qui donne un sens à la vie. En un sens, bien entendu, sous un premier rapport, la mort enlève le sens à la vie, puisque si je dois mourir et que c'est le néant – si j'admets le néant –, alors je ne vais nulle part. Donc, l'absence d'un au-delà fait déboucher ma vie sur le vide, sur le néant; d'où il s'ensuit que ma vie ne se fait dans aucune direction. Simplement, puis-je penser à mes enfants, à ma descendance ? C'est le seul espoir qui me reste.

Mais en un autre sens, au contraire, sous un autre rapport, inverse du premier, le fait de ne pas pouvoir dire où je vais, car je ne vais nulle part, en effet, fait que ma vie m'apparaît infiniment précieuse, qu'elle est miraculeuse, et profondément mystérieuse. »

– Vladimir Jankélévitch, Penser la mort ?, Éditions Liana Levi, 1994, p. 51-52