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Le quatre-vingt-quatrième problème

Un jour, un fermier alla voir le Bouddha pour lui parler de ses problèmes. Il décrivit ses difficultés : combien son travail était compliqué, tant à cause de la sécheresse que de la mousson. Il parla au Bouddha de son épouse : il l’aimait, mais il y avait certaines choses chez elle qu’il aurait bien voulu changer. Même refrain en ce qui concernait ses enfants : oui, il les aimait, mais ils n’évoluaient pas comme il l’aurait souhaité. Quand il eut fini, il demanda comment le Bouddha pouvait l’aider à résoudre ses soucis. Le Bouddha répondit : « Je suis désolé, mais je ne peux pas vous aider. – Comment est-ce possible ? s’écria le fermier. Vous êtes censé être un grand maître ! – Je vais vous expliquer, répondit le Bouddha. Tous les êtres humains ont quatre-vingt-trois problèmes, c’est un fait. Bien sûr, certains problèmes disparaissent de temps en temps, mais bien vite, d’autres les remplacent. Nous aurons donc toujours quatre-vingt-trois problèmes. – À quoi sert donc votre ense...

Du sens de l'absence de sens

« J'allais dire que c'est l'absence de sens qui donne un sens à la vie. En un sens, bien entendu, sous un premier rapport, la mort enlève le sens à la vie, puisque si je dois mourir et que c'est le néant – si j'admets le néant –, alors je ne vais nulle part. Donc, l'absence d'un au-delà fait déboucher ma vie sur le vide, sur le néant; d'où il s'ensuit que ma vie ne se fait dans aucune direction. Simplement, puis-je penser à mes enfants, à ma descendance ? C'est le seul espoir qui me reste.

Mais en un autre sens, au contraire, sous un autre rapport, inverse du premier, le fait de ne pas pouvoir dire où je vais, car je ne vais nulle part, en effet, fait que ma vie m'apparaît infiniment précieuse, qu'elle est miraculeuse, et profondément mystérieuse. »

– Vladimir Jankélévitch, Penser la mort ?, Éditions Liana Levi, 1994, p. 51-52