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La neige : image de l’amour

« La neige, eau éclatée, sable de gel, sel non pas de la terre, mais du ciel, sel non salé, au goût de silex, à la texture de gemme pilée, au parfum de froidure, pigment du blanc, seule couleur qui tombe des nuages. La neige qui amortit tout – les bruits, les chutes, le temps – pour mieux mettre en valeur les choses éternelles et immuables comme le sang, la lumière, les illusions. [...] Au fond, c'est la neige qui a inventé le mystère. Par le fait même, c'est elle qui a inventé la poésie, l'estampe, le point d'interrogation – et ce grand jeu de piste qu'est l'amour. » – Amélie Nothomb, Le sabotage amoureux , Albin Michel, 1993, p. 104 © 2026, Chartrand Saint-Louis , photographie

Portrait de Chopin

« Je tiens la brève pièce intitulée « Chopin » (Schumann, Carnaval, Op. 9, No. 12) pour la meilleure introduction possible du compositeur. Ce n'est nullement, comme on pourrait le croire, un pastiche de son style : le mouvement, trop allant pour un Nocturne, n'a pas l'emportement d'une Ballade; l'ornementation n'est pas ciselée; l'hésitation imperceptible ne se confond pas avec le rubato. Mais c'est un portrait : il existe le Chopin de Schumann comme il existera en 1838 un Chopin de Delacroix, aux traits déjà plus burinés, au regard plus chargé d'inquiétude. »

– Pierre Brunel, Aimer Chopin, Paris : Presses universitaires de France, 1999, p. 13