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Jouer du violon

« Le violon est, par excellence, l'instrument sur lequel jouer faux est extrêmement aisé, ce qui suscite toujours un extraordinaire malaise chez l'auditeur. Pour un violoniste qui passe ses journées à travailler son instrument, en entendre un autre exécuter les mêmes oeuvres que lui mais avec une précision accrue peut lui farie croire que celui-ci possède une faculté mystérieuse touchant à la magie. » (189-190) « Technique et émotion sont indépendantes, c’est le hasard de l’apprentissage et de l’application dans le travail qui les rassemble ou les désunit. » (190) « Plus le tempérament et la force d’expression sont puissants et incitent à la prise de risques, plus la technique doit être solide pour les encadrer sans que la qualité du jeu n’en souffre. » (190) « Mettre tout à plat, tout entendre, ne rien laisser passer, ne rien se cacher, adopter un rythme extrêmement ralenti, avec une infinie patience. » (191) « La clé réside peut-êtr...

« Peut-on couvrir la terre de cuir afin de l'adoucir ? »

« Peut-on couvrir la terre de cuir afin de l'adoucir ? Non. Alors que faire ? Couvrir ses pieds de cuir. Oui. Couvrir ses pieds avec du cuir équivaut à recouvrir toute la terre avec du cuir. De la même façon, le nombre de nos ennemis est infini comme l'espace, ainsi la totalité de ces ennemis ne peut pas être combattue, mais s'il est simplement possible de dépasser et de combattre sa propre haine, cela équivaut à dépasser et à combattre tous ces ennemis. Malheureusement, toutes les insatisfactions, tout le mal qu'on voit sur terre, toutes les souffrances et les peurs qui existent, c'est la trop grande importance accordée à soi-même qui en est à l'origine. Que faire ? Que puis-je faire contre ce terrible démon si on ne renonce pas totalement à soi-même ? Pareille douleur ne peut pas être évitée. De la même façon, s'il ne se tient pas à l'écart du feu, un homme ne peut pas éviter d'être brûlé. Il est vain de s'en approcher. Afin de me libérer de la violence et de libérer tous les autres de leur souffrance, permets-moi de faire l'offrande de moi-même, d'aimer les autres, tout en m'aimant moi-même. Si un problème peut être résolu, ce n'est pas la peine d'être malheureux. Si un problème ne peut pas être résolu, être malheureux n'y changera rien. »

La coupe, film de Khyentsé Norbou, 1999, extrait : scène 19 (1:27:15 à 1:29:44)