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Un cortège de hérons blancs

« Il allait par la campagne au milieu des champs, jeune garçon de seize ans, quand il leva son regard vers le ciel et vit un cortège de hérons blancs traverser le ciel à une grande altitude : et rien d’autre, rien que la blancheur des créatures vivantes ramant sur le ciel bleu, rien que ces deux couleurs l’une contre l’autre; cet ineffable sentiment de l’éternité pénétra à l’instant dans son âme et détacha ce qui était lié, lia ce qui était détaché, au point qu’il tomba comme mort. » – Hugo von Hofmannsthal, cité dans Pierre Hadot, La philosophie comme manière de vivre , Albin Michel, 2001, p. 278‑279

Le sort du Tibet

« Les événements du Tibet symbolisent le sort même de l’humanité. Sur une scène gigantesque nous assistons au combat entre deux mondes, combat qui – selon les spectateurs – peut être interprété comme un affrontement entre le passé et le futur, la stagnation et le progrès, la foi et la science, la superstition et la connaissance, ou encore comme une lutte entre la liberté spirituelle et le pouvoir matériel, entre la sagesse du coeur et le savoir cérébral, entre la dignité de l’individu humain et l’instinct grégaire de masses, entre la foi dans les hautes destinées de l’homme – aboutissement d’un développement intérieur – et la croyance en une prospérité matérielle due à un accroissement constant de la production des biens de consommation. »

– Lama Anagarika Govinda, Le Chemin des nuages blancs : pèlerinages d’un moine bouddhiste au Tibet, Paris : Albin Michel, 2008, p. 9 (coll. « Spiritualités vivantes »)