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Jouer du violon

« Le violon est, par excellence, l'instrument sur lequel jouer faux est extrêmement aisé, ce qui suscite toujours un extraordinaire malaise chez l'auditeur. Pour un violoniste qui passe ses journées à travailler son instrument, en entendre un autre exécuter les mêmes oeuvres que lui mais avec une précision accrue peut lui farie croire que celui-ci possède une faculté mystérieuse touchant à la magie. » (189-190) « Technique et émotion sont indépendantes, c’est le hasard de l’apprentissage et de l’application dans le travail qui les rassemble ou les désunit. » (190) « Plus le tempérament et la force d’expression sont puissants et incitent à la prise de risques, plus la technique doit être solide pour les encadrer sans que la qualité du jeu n’en souffre. » (190) « Mettre tout à plat, tout entendre, ne rien laisser passer, ne rien se cacher, adopter un rythme extrêmement ralenti, avec une infinie patience. » (191) « La clé réside peut-êtr...

Le sort du Tibet

« Les événements du Tibet symbolisent le sort même de l’humanité. Sur une scène gigantesque nous assistons au combat entre deux mondes, combat qui – selon les spectateurs – peut être interprété comme un affrontement entre le passé et le futur, la stagnation et le progrès, la foi et la science, la superstition et la connaissance, ou encore comme une lutte entre la liberté spirituelle et le pouvoir matériel, entre la sagesse du coeur et le savoir cérébral, entre la dignité de l’individu humain et l’instinct grégaire de masses, entre la foi dans les hautes destinées de l’homme – aboutissement d’un développement intérieur – et la croyance en une prospérité matérielle due à un accroissement constant de la production des biens de consommation. »

– Lama Anagarika Govinda, Le Chemin des nuages blancs : pèlerinages d’un moine bouddhiste au Tibet, Paris : Albin Michel, 2008, p. 9 (coll. « Spiritualités vivantes »)