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Être seul n’est pas être dans la solitude

« Je garderai le mot solitude pour parler de cet état où l’on est sans les autres, certes, mais où l’on se tient compagnie, et nommerai esseulement les temps, que je sois seul ou en compagnie, où ma propre compagnie me manque, les moments où le « quelqu’un qui me manque » n’est pas tant l’autre que moi-même. (…) Être dans la solitude, c’est éprouver la certitude que l’autre est là, en moi. Et puis, il y a l’isolement, où manquent et l’autre et moi. » – Michel Schneider, Glenn Gould Piano solo , Gallimard, 1994, p. 30

Le sort du Tibet

« Les événements du Tibet symbolisent le sort même de l’humanité. Sur une scène gigantesque nous assistons au combat entre deux mondes, combat qui – selon les spectateurs – peut être interprété comme un affrontement entre le passé et le futur, la stagnation et le progrès, la foi et la science, la superstition et la connaissance, ou encore comme une lutte entre la liberté spirituelle et le pouvoir matériel, entre la sagesse du coeur et le savoir cérébral, entre la dignité de l’individu humain et l’instinct grégaire de masses, entre la foi dans les hautes destinées de l’homme – aboutissement d’un développement intérieur – et la croyance en une prospérité matérielle due à un accroissement constant de la production des biens de consommation. »

– Lama Anagarika Govinda, Le Chemin des nuages blancs : pèlerinages d’un moine bouddhiste au Tibet, Paris : Albin Michel, 2008, p. 9 (coll. « Spiritualités vivantes »)