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Être seul n’est pas être dans la solitude

« Je garderai le mot solitude pour parler de cet état où l’on est sans les autres, certes, mais où l’on se tient compagnie, et nommerai esseulement les temps, que je sois seul ou en compagnie, où ma propre compagnie me manque, les moments où le « quelqu’un qui me manque » n’est pas tant l’autre que moi-même. (…) Être dans la solitude, c’est éprouver la certitude que l’autre est là, en moi. Et puis, il y a l’isolement, où manquent et l’autre et moi. » – Michel Schneider, Glenn Gould Piano solo , Gallimard, 1994, p. 30

Le dépassement des opposés

« Une autre forme sous laquelle s’exprime le Zen est la négation des opposés. L’important est de ne pas être « pris » dans l’une des « quatre propositions » suivantes : 1) « Cela est A »; 2) « Cela n’est pas A »; 3) « C’est à la fois A et non-A »; et 4) « Ce n’est ni A ni non-A ». Lorsque nous faisons une négation ou une assertion, nous sommes certains d’entrer dans l’une de ces formules logiques. Tant que l’intellect doit suivre l’ornière du dualisme, c’est inévitable. Mais le Zen estime que la vérité peut être atteinte lorsqu’elle n’est ni affirmée ni niée. Tel est bien le dilemme de la vie, mais les maîtres du Zen insistent toujours pour l’esquiver. »

– Daisetz Teitaro Suzuki, Essais sur le bouddhisme zen, séries I, II et III, traduits sous la direction de Jean Herbert, Paris : Albin Michel, 1972, p. 324-325