samedi 27 février 2016

Acte révolutionnaire

« Nous sommes en vie, mais nous ne savons pas que nous sommes vivants. Nous sommes continuellement en train de nous perdre. De ce fait, apaiser votre corps et votre esprit en vous asseyant pour n’être qu’avec vous-même est un acte révolutionnaire. »

– Thich NHAT HANH, Les bienfaits du silence : Se ressourcer dans un monde assourdissant, Montréal : Le Jour, 2016, p. 121

Univers d’organisations

« Il y a longtemps que notre univers est devenu, selon la formule de Charles Perrow, un « univers d’organisations ». À lui se greffe automatiquement, là où règne le capitalisme financier, un « univers de management à l’américaine » dans lequel tout, y compris les institutions publiques, dont l’école et l’université, doit de plus en plus se conformer aux canons de l’« efficacité managériale », qui se mesure à l’aune de la rentabilité purement financière et de la pression des coûts. Mais après l’idéologie managériale, il y a celle du déferlement de la souveraineté mondiale du marché et de ses « lois » qui pousse même l’État à se comporter comme un organisme toujours plus mercantile que social. »

– extrait du livre d'Omar AKTOUF, Halte au gâchis : En finir avec l'économie-management à l'américaine, Montréal : Liber, 2008, p. 71

mardi 23 février 2016

Le credo majeur de la modernité

« Ne plus être que ce que l'on consomme ou ce que l'on possède, voilà le credo majeur de la modernité. Ce que l'on est ou ce que l'on sait, cela ne compte plus guère que pour les poètes ou les philosophes, les derniers à résister à l'absolu pouvoir de l'argent. »

– extrait du livre d'Omar AKTOUF, Halte au gâchis : En finir avec l'économie-management à l'américaine, Montréal : Liber, 2008, p. 90

Besoin de « moins »

« [v]ous n'avez sans doute pas besoin de plus, mais de moins – moins de bruit, qu'il vienne de l'intérieur comme de l'extérieur –, afin que l'intention la plus authentique venant de votre coeur ait l'espace nécessaire pour germer et s'épanouir. »

– Thich NHAT HANH, Les bienfaits du silence : Se ressourcer dans un monde assourdissant, Montréal : Le Jour, 2016, p. 59

samedi 13 février 2016

Une société de travailleurs sans travail (Hannah Arendt)

« En hissant le travail au rang d'une activité proprement humaine*, l'âge moderne a fait de la croissance économique un credo et a précipité l'avènement de la société de consommation. Dès lors, la recherche de croissance n'a eu d'autre effet que d'accélérer le cycle de production et de destruction des biens périssables. Par ailleurs, l'automatisation due aux progrès techniques a peu à peu dégagé les individus de leur fardeau, sans proposer d'alternatives au travail. « Ce que nous avons devant nous, écrit Arendt, c'est la perspective d'une société de travailleurs sans travail, c'est-à-dire privés de la seule activité qui leur reste. On ne peut rien imaginer de pire**. »

– extrait de l'article de Céline Bagault, « Hannah Arendt : L'impasse de la modernité », Les Grands Dossiers des Sciences Humaines : Les penseurs de la société de Tocqueville à Saskia Sassen, no. 30, Mars-avril-mai 2013, p. 44-45

* Pour Arendt, la vie active se divise en trois activités : le travail, l'oeuvre et l'action.
« Seules l'oeuvre et l'action, qui participent à l'édification d'un monde commun, sont des activités spécifiquement humaines. L'oeuvre car elle crée des objets durables – des objets d'art, de culture, ou d'artisanat – qui ne se consomment pas. L'action politique car elle est l'art d'interrompre le cycle des générations, d'inventer des commencements, de faire l'histoire. » (ibid., p. 44)

** Hannah ARENDT, Condition de l'homme moderne, 1958, rééd. Gallimard, 2012.

Le marché aux besoins des sociétés (Karl Polanyi)

« Polanyi affirme que le marché libre n'est en rien une tendance naturelle mais, comme l'écrit Louis Dumont en préface*, une « doctrine intolérante qui interdit à l'État d'intervenir ». Face aux instabilités et aux tensions qui naissent de son pouvoir dissolvant, les sociétés, même modernes et démocratiques, ne peuvent que réagir négativement, et spontanément prennent des mesures contraires. Car – l'idée est omniprésente chez Polanyi – l'économie est faite pour obéir aux besoins des sociétés, et non l'inverse : selon lui, l'idéologie libérale a eu le tort de « désencastrer » l'économie des rapports sociaux, pour faire du principe de libre concurrence (empruntée au darwinisme social) une sorte de religion. »

– extrait de l'article de Nicolas Journet, « Karl Polanyi : Le père de la socioéconomie », Les Grands Dossiers des Sciences Humaines : Les penseurs de la société de Tocqueville à Saskia Sassen, no. 30, Mars-avril-mai 2013, p. 30-31

* préface du livre le plus célèbre de Karl Polanyi, La Grande Transformation, 1944, rééd. Gallimard, 2009

À voir, le reportage : « Capitalisme : Karl Polanyi, le facteur humain », Les grands reportages, saison 2016, épisode 14, durée : 44 min, année de production : 2015, date de diffusion : 27 janvier 2016, Zadig Productions, Filmoption International (France), réalisateur : Ilan Ziv, auteur(s) : Bruno Nahon, Ilan Ziv.

dimanche 7 février 2016

Un monde « inimaginable »

« [n]ous voici maintenant dans un monde « inimaginable » dans notre jeunesse, un monde où nous ne savons même plus si nous sommes heureux ou non - sans d'ailleurs y attacher la moindre importance. »

– Roland JACCARD, Ma vie et autres trahisons, Paris : Grasset, 2013, p. 104

Trois remèdes au cafard

« [r]ester sous la couette en écoutant du fado, se plonger dans un dictionnaire ou un traité de grammaire, se promener dans un cimetière. »

– De Cioran, extrait tiré du livre de Roland Jaccard, Ma vie et autres trahisons, Paris : Grasset, 2013, p. 38

vendredi 5 février 2016

Conférence Climat, arbres et santé: Quelles synergies urbaines?



« En compagnie des médecins Pierre Gosselin et François Reeves, les AmiEs de la Terre de Québec, en collaboration avec Nature Québec, VIA Agro-Écologie et Univert Laval, vous convient à décortiquer les liens entre changements climatiques, santé, aménagement urbain et justice environnementale, grâce à la vidéo de la conférence « Climat, arbres et santé : Quelles synergies urbaines? » qui a eu lieu le 12 novembre 2015, à l'Université Laval. »

mercredi 3 février 2016

Le mouvement de la vie quotidienne dans le sommeil

« Le mouvement de la vie quotidienne se poursuit dans le sommeil parce que ce mouvement est empreint de contradiction, de désordre, de discorde. Et pendant le sommeil, par des rêves ou par d'autres moyens, le cerveau s'efforce de mettre de l'ordre dans son propre chaos. Mais si vous maintenez l'ordre pendant la journée, point n'est besoin de le faire pendant le sommeil. Alors le cerveau est reposé, dispos, tranquille, calme.

Mett[ez] fin au problème au moment où il surgit, sans le reporter au lendemain ou même à la minute suivante - mettez-y fin ! Quelqu'un vous a trompé, a dit de vous des méchancetés. Regardez la chose en face, mais n'en prenez pas la charge, ne la portez pas comme un fardeau. Mettez-y fin au moment même où les paroles sont prononcées et non plus tard.

Le désordre est un état de névrose et finit dans le déséquilibre psychique. L'ordre exige que chaque problème soit liquidé dès l'instant où il prend naissance, et par conséquent le mouvement de la journée prend fin avant la nuit. »

– Krishnamurti, L'impossible question, Éditions Delachaux et Niestlé, p. 214-216 (7 août 1970)

mardi 2 février 2016

La vie est mouvement

Il ne faisait pas encore nuit, nous marchions le long de la rivière. La vue de l’eau était reposante. Tant de merveilles autour de soi que nous ne voyons pas. Comme on peut être aveugle lorsque l’on ne fait pas l’effort de voir. Nous nous sommes assis un instant, laissant le calme des lieux nous pénétrer. Nous nous sentions bien et non triste de ne pas savoir où la vie nous mènera. Nous avons contemplé le mouvement infini de l’eau, cette belle eau vive. Nous avons compris alors que la vie est mouvement et que, dès qu’il cesse, il n’y a plus de vie.
Chartrand Saint-Louis