La duchesse de Langeais (Balzac)
Une connaissance m’avait dit : « J’ai adoré la fin du roman La Duchesse de Langeais de Balzac. » Cela a piqué ma curiosité : j’étais justement en train de lire ce roman et j’ai accéléré ma lecture pour en découvrir le dénouement.
Au début, cette histoire de lutte amoureuse, de jeux et de dureté me semblait très éloignée de l’amour véritable, ce qui était en effet le cas. Mais avec Balzac, on peut s’attendre à tout, tant il est maître des retournements de situation. Il parvient d’ailleurs à faire apparaître un amour véritable, mais profondément déformé par l’orgueil et le désir de possession de l’un et de l’autre. C’est pourquoi la fin m’a énormément déçue. Je n’aurais jamais imaginé que le général, le marquis de Montriveau, se comporte comme il l'a fait, après l’avoir découverte morte.
Pourquoi cette scène paraît-elle si peu crédible ? Parce qu’elle s’accorde mal avec la cohérence du récit et la personnalité du marquis. Pendant cinq ans, il a recherché frénétiquement cette femme dans les couvents. Après avoir repéré sa cachette, il a conçu un plan et préparé une manœuvre périlleuse pour la reprendre. Pourtant, lorsqu’il la découvre morte dans sa cellule de carmélite, il reste interdit, sans pousser un cri. Le secret de l’opération peut expliquer son silence, mais il paraît froid et rationnel, presque figé dans la rigidité de son rôle de général.
Cette réaction contraste avec son comportement au début du récit : il menace de se donner la mort si elle n’accepte pas de le suivre. Balzac nous présente alors un homme tempétueux, bien différent de celui que l’on voit à la fin. C’est surtout le dialogue final qui semble mal s’accorder avec cette évolution. Un homme dit : « Elle n’était plus qu’une femme ; elle n’est plus rien. » Le marquis de Montriveau lui répond : « Elle n’est qu’un poème. » Il accepte ensuite que son corps soit livré à la mer.
Cette femme, retrouvée au prix de tant d’efforts, aurait au moins mérité une fin plus digne de sa grandeur passée : une véritable sépulture, des offrandes et un lieu de prière. Pourtant, malgré ma déception, je peux concevoir que cette fin soit moins bâclée que je ne le pensais. En devenant carmélite, la duchesse meurt symboliquement à sa vie mondaine, à laquelle elle renonce définitivement, ainsi qu’à sa passion. L’abandon de son corps aux flots, à l’immensité de l’océan, semble alors correspondre à son vœu d’effacement de soi et de rupture définitive avec son passé.
Au début, cette histoire de lutte amoureuse, de jeux et de dureté me semblait très éloignée de l’amour véritable, ce qui était en effet le cas. Mais avec Balzac, on peut s’attendre à tout, tant il est maître des retournements de situation. Il parvient d’ailleurs à faire apparaître un amour véritable, mais profondément déformé par l’orgueil et le désir de possession de l’un et de l’autre. C’est pourquoi la fin m’a énormément déçue. Je n’aurais jamais imaginé que le général, le marquis de Montriveau, se comporte comme il l'a fait, après l’avoir découverte morte.
Pourquoi cette scène paraît-elle si peu crédible ? Parce qu’elle s’accorde mal avec la cohérence du récit et la personnalité du marquis. Pendant cinq ans, il a recherché frénétiquement cette femme dans les couvents. Après avoir repéré sa cachette, il a conçu un plan et préparé une manœuvre périlleuse pour la reprendre. Pourtant, lorsqu’il la découvre morte dans sa cellule de carmélite, il reste interdit, sans pousser un cri. Le secret de l’opération peut expliquer son silence, mais il paraît froid et rationnel, presque figé dans la rigidité de son rôle de général.
Cette réaction contraste avec son comportement au début du récit : il menace de se donner la mort si elle n’accepte pas de le suivre. Balzac nous présente alors un homme tempétueux, bien différent de celui que l’on voit à la fin. C’est surtout le dialogue final qui semble mal s’accorder avec cette évolution. Un homme dit : « Elle n’était plus qu’une femme ; elle n’est plus rien. » Le marquis de Montriveau lui répond : « Elle n’est qu’un poème. » Il accepte ensuite que son corps soit livré à la mer.
Cette femme, retrouvée au prix de tant d’efforts, aurait au moins mérité une fin plus digne de sa grandeur passée : une véritable sépulture, des offrandes et un lieu de prière. Pourtant, malgré ma déception, je peux concevoir que cette fin soit moins bâclée que je ne le pensais. En devenant carmélite, la duchesse meurt symboliquement à sa vie mondaine, à laquelle elle renonce définitivement, ainsi qu’à sa passion. L’abandon de son corps aux flots, à l’immensité de l’océan, semble alors correspondre à son vœu d’effacement de soi et de rupture définitive avec son passé.