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Être seul n’est pas être dans la solitude

« Je garderai le mot solitude pour parler de cet état où l’on est sans les autres, certes, mais où l’on se tient compagnie, et nommerai esseulement les temps, que je sois seul ou en compagnie, où ma propre compagnie me manque, les moments où le « quelqu’un qui me manque » n’est pas tant l’autre que moi-même. (…) Être dans la solitude, c’est éprouver la certitude que l’autre est là, en moi. Et puis, il y a l’isolement, où manquent et l’autre et moi. » – Michel Schneider, Glenn Gould Piano solo , Gallimard, 1994, p. 30

Lorsqu'on se fait à quoi que ce soit

« On ne veut pas voir plus loin, on ne veut pas dépecer toute cette confusion pour comprendre, alors on s'y fait. Et lorsqu'on se fait à quoi que ce soit, à la beauté, à la souffrance, à l'anxiété, à la laideur, l'esprit devient amorphe, insensible et inattentif. Alors, dans cet état, il devient extrêmement occupé : Dieu, la religion, les distractions, le travail social, les bavardages...

L'important est d'être conscient des faits de notre existence, de nos tourments, de notre désir de posséder, de dominer, d'intervenir, de corriger, de critiquer, d'exiger. De vivre avec tout cela et de ne pas nous y habituer. »

– Krishnamurti, Renaître chaque jour : S'accorder au diapason de la vie, Paris : Presses du Châtelet, 2015, p. 200