mercredi 29 septembre 2010

Butô

Le butô est une danse japonaise qualifiée de « subversive » qui se caractérise par la lenteur, la poésie et le minimalisme.

Rituel très dépouillé, à la rythmique généralement douce et lente, parfois extrêmement lente.

Le corps des danseurs est enduit de poudre blanche, le crâne est rasé, ils sont presque nus. Avec les effets de lumière, on a l’impression de voir apparaître des spectres lumineux dans la nuit.

Ce type de danse explore les expressions du corps, du visage et du souffle pour traduire des émotions d'une grande intensité. Il invite au recueillement et à une présence plus aiguisée à ce qui se passe en soi et autour de soi. Il procure un effet très apaisant.

Intéressant document vidéo sur le butô. Vous y entendrez Ushio Amagatsu, le directeur, chorégraphe et concepteur de Sankai Juku, qui s’exprime sur son art.

mardi 28 septembre 2010

Sur le chemin des glaces (Werner Herzog)

Dans un livre d’une écriture belle et poétique, le cinéaste allemand Werner Herzog relate une expérience assez singulière qu’il vécut.

Du 23 novembre au 14 décembre 1974, il entreprit une longue promenade, en solitaire, le menant de Munich à Paris. L’une de ses amies, Lotte Eisner, critique de cinéma, se trouvait à Paris, malade au point d’en mourir. Alors un peu pour conjurer le sort, pour déjouer la mort, il décida d’aller la retrouver à pied, ayant la certitude que, ce faisant, elle survivrait.

Son petit carnet de notes, qu’il donne à lire, est un récit formidable, rempli d’observations et de réflexions. Il parle de ce que la marche offre, à voir et à penser. Il parle de ce que signifie l’épreuve et de la manière de la surmonter. Car il faut le dire, son périple ne fut pas facile. Il dut affronter le froid, le vent, la violente tempête, les nuages bas, la pluie, l’eau qui dégouline, le grésil et la neige brûlante en plein visage, le corps qui souffre (douleurs aux pieds et aux jambes), l’épuisement et, parfois, l’envie de rebrousser chemin, de faire demi-tour, d’interrompre ce projet, en apparence, si insensé.

Il marcha à travers des champs et des forêts, parfois le long d’une nationale. Il emprunta des sentiers de montagne et il dormit dans des granges à foin ou des maisons inhabitées. Il trouva parfois refuge dans les abris d’autobus et fit de brèves haltes de repos à proximité des monuments aux morts et dans quelques auberges. Trouver un gîte pour la nuit devint souvent périlleux.

Le paysage l’invita à la réflexion. Les impressions nées de cette longue et périlleuse marche sont savoureuses. Tant de choses passent dans la tête du marcheur. L’odeur des champs est si puissante. En marchant, on rencontre des masses de choses jetées. Marcher fait souffrir aussi. La soif est parfois si forte que le marcheur n’en vient qu’à penser en terme de soif. En marchant, toutes sortes de bruits se font entendre. L’air s’emplit de sifflements, l’oreille est à l’écoute.

Le marcheur fait l’expérience du silence et de la formidable solitude. Herzog le ressentit vivement en s’enfonçant dans une forêt : « Quelle qualité de silence autour de moi! » À d’autres instants, la solitude de la forêt, dans sa profondeur ténébreuse, rappelait le silence de mort, le vent seul s’agitant. La solitude est-elle bénéfique? « Oui, assurément, répond l’auteur, elle nous ouvre à des intuitions dramatiques de l’avenir. »

Dans les instants de parfaite harmonie, d’euphorie avec lui-même, comme en suspens, où l’air est d’une pureté et d’une fraîcheur parfaites, d’agréables sensations envahissent le marcheur.

Tout au long du chemin, les buses l’accompagnèrent. Des souris, il en vit en grand nombre. Elles bruissaient dans l’herbe couchée. Seul celui qui marche voit les souris et se lie d’amitié avec elles. Et il y a tant de chiens. En voiture, ça se dérobe à notre perception, comme les odeurs de foin et les arbres gémissants. Un corbeau se posa sur le toit d’une maison, la tête dans les épaules, ne bougeant pas, sous la pluie. Longtemps, il était encore là, grelottant, solitaire et calme. Un sentiment de fraternité monta en Herzog et la solitude l’envahit. Il vécut ainsi de longs moments où il ne dit pas mot à qui que ce soit, où il ne vit personne. À force de solitude, la voix déraillait, ne pouvant que pépier.

Il vit des villages abandonnés du monde et des gens fatigués, des villes horribles et des lieux entièrement déserts, sans hommes ni refuges.

Dans ce journal de marche, le passage du réel à l’imaginaire se succède, la randonnée fournissant la nourriture nécessaire à l’imagination. Lorsque l’auteur rencontrait des moments de déprime, il dialoguait longuement avec lui-même et les personnages imaginaires de son cinéma.

La marche! Chacun de nous devrait marcher. Herzog, lui, il se sentit voler à skis.

Herzog, Werner. Sur le chemin des glaces : Munich-Paris du 23-11 au 14-12-1974; traduit de l’allemand par Anne Dutter. Paris: Payot : Rivages, c1996, 113 p.

jeudi 23 septembre 2010

Domestication de l’homme

Pourquoi le travail représente-t-il une forme de dressage, de « domestication » de l’homme?

« Car il consume une extraordinaire quantité de force nerveuse et la soustrait à la réflexion, à la méditation, à la rêverie, aux soucis, à l’amour et à la haine, il présente constamment à la vue un but mesquin, et assure des satisfactions faciles et régulières. Ainsi une société où l’on travaille dur en permanence aura davantage de sécurité : et l’on adore aujourd’hui la sécurité comme la divinité suprême. »
NIETZSCHE, citation littérale d’Aurore, « Les apologistes du travail », paragraphe 173 (référence : Martin Duru, « L’être et le boulot, panorama des théories du travail », Philosophie Magazine, Dossier : « Le travail nuit-il à la santé ? », mensuel numéro 39, mai 2010, p. 46)

lundi 20 septembre 2010

Vacances

Des vacances ne comportent pas nécessairement un déplacement.

Elles supposent au préalable que l’on cherche à se rendre la vie agréable en se permettant de faire ce que l'on ne fait pas, faute de temps ou pour toutes autres raisons. Le lieu importe peu.

Cela peut se réduire à une activité toute simple comme lire un livre. Cette simple activité promet de grandes choses, dont celles de l’émerveillement, de l’apprentissage de nouveaux savoirs ou de la rencontre avec un écrivain dont les propos stimulent et amènent à voir autrement.

C’est ainsi que je vis chaque rencontre avec le penseur indien Krishnamurti. Ses écrits sont tellement riches de sens qu’ils font voyager.

Les vacances peuvent être toutes simples et très agréables à vivre.

mercredi 15 septembre 2010

Disponibilité

Disponibilité rime avec altruisme et générosité. Ne lit-on pas dans Le Petit Robert qu’une personne disponible est une personne « qui peut disposer librement de son temps », « qui peut interrompre ses activités pour s’occuper d’autrui »? Malgré ces belles intentions, il se manifeste parfois tout le contraire, soit de l’avarice et un esprit mesquin. Car, comme le dit si bien Carlos Castaneda dans Les leçons de Don Juan, « à se rendre trop disponible, on s’épuise et on épuise les autres. On agit comme l’avare, comme celui qui craint toujours d’en manquer, qui mange plus qu’il n’a faim, qui manque de probité et de délicatesse ».

vendredi 10 septembre 2010

Relativisme nietzschéen

« Il n'y a pas de vérité, il n'y a que des perspectives sur la vérité. »

« Nietzsche ne voyait de valeur qu’individuelle. Le relativisme d’aujourd’hui exprime toute autre chose. Dans sa version actuelle, cette vision du monde selon laquelle « tout se vaut », toute réflexion sur le Vrai étant vaine puisque « ça dépend », ce relativisme exprime surtout le poids d’appartenances sociales, communautaires ou grégaires. C’est ce relativisme-là – à la fois haine de la pensée et de la singularité – qui justifierait le plus un retour de Nietzsche et de son marteau. »
– Propos du philosophe Charles PÉPIN (Philosophie Magazine, mensuel numéro 39, mai 2010, p. 6)

mardi 7 septembre 2010

Apparence physique

Pourquoi dissimuler les cheveux gris?  Craint-on d’être pointé du doigt ou exclu de certaines sphères de la société? Avons-nous peur de ne plus séduire? Est-ce si important de plaire physiquement?

Pour un grand nombre de femmes, la question de dissimuler ou non les cheveux gris est une « grande affaire ». Redoutent-elles de ne plus être l’objet des regards concupiscents des hommes? Tel le personnage de Chantal dans L’identité de Kundera qui constate avec désarroi qu’elle vit « dans un monde où les hommes ne se retourneront plus jamais sur moi. » (p. 23).

Lorsque l’extinction progressive du corps se manifeste, nous le ressentons parfois durement. Mais, petit à petit, le regard se transforme et l’on n’accorde plus la même importance à l’apparence physique. On s’en détache lentement. Ce détachement fait partie d’un processus sain et tout à fait normal. C’est le contraire qui ne l’est pas. Chose courante et observable, plus un individu se préoccupe d’une manière trop soutenue de son aspect extérieur, moins il vieillit avec grâce et noblesse.

Vieillir ne veut pas dire qu’il faut se négliger ou se morfondre, ni se résoudre à ne plus plaire (tout d'abord et principalement à soi-même). Il y a mille manières de plaire. Prenons juste le temps d’y penser.

Ce dont nous avons besoin en vieillissant, c’est d’un regard d’amour, et ce regard-là n’est pas l’apanage de la jeunesse.

Notre société réserve un très mauvais sort à ses membres vieillissants, tant les hommes que les femmes, en allouant « à ce qui est jeune » l’unique valeur.

jeudi 2 septembre 2010

Portail Environnement

Portail Environnement est une porte d'entrée sur l'environnement mondial, le développement durable et les sujets environnementaux.

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