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Être seul n’est pas être dans la solitude

« Je garderai le mot solitude pour parler de cet état où l’on est sans les autres, certes, mais où l’on se tient compagnie, et nommerai esseulement les temps, que je sois seul ou en compagnie, où ma propre compagnie me manque, les moments où le « quelqu’un qui me manque » n’est pas tant l’autre que moi-même. (…) Être dans la solitude, c’est éprouver la certitude que l’autre est là, en moi. Et puis, il y a l’isolement, où manquent et l’autre et moi. » – Michel Schneider, Glenn Gould Piano solo , Gallimard, 1994, p. 30

Péchés mortels (Donna Leon)

Le thème de la religion est central dans cette énigme policière.

Il s'agit d'une « diatribe fulminante » contre l'avidité, la cupidité et les délits commis envers des personnes vulnérables (mineures et personnes âgées) par des gens en position d'autorité au sein de l'Église. Au fin fond de l'intrigue, une mystérieuse société secrète à caractère religieux fondée en Espagne entre les deux guerres (p. 207). « Le seul fait d'entendre prononcer ce nom était comme un souffle glacé sur sa nuque. » (p. 192) Le commissaire Brunetti en sort même de ses gonds.

« Les mots ne signifient rien, en réalité; tout est dans le ton, l'inflexion de la voix, l'allusion qui se cache sous la remarque en apparence la plus innocente. » (p. 107)

« Il n'y avait plus qu'une chose qu'on pouvait enlever à ces vieillards et à ces infirmes, leur vie. » (p. 149)

« En fin de compte, quel que soit le pouvoir dont on dispose, on devient vieux, on devient faible et on le perd entièrement. » (p. 215)

« Il ne lui restait qu'à trouver à qui pouvaient bien profiter ces décès, et la voie vers l'assassin s'ouvrirait devant lui, aussi lumineuse que si elle était éclairée par des séraphins portant des torches. » (p. 231)

Donna Leon, Péchés mortels, Paris : Calmann-Lévy, 2000