jeudi 29 mars 2018

État ordinaire d’esprit

« Le Zen est notre « état ordinaire d’esprit », c’est-à-dire qu’il n’y a dans le Zen rien de surnaturel ou d’inusité ou de hautement spéculatif, qui dépasserait notre vie quotidienne. Quand vous avez sommeil, vous allez vous coucher; lorsque vous avez faim, vous mangez, ni plus ni moins que les oiseaux de l’air et les lis des champs, ne prenant « aucun souci de votre vie, de ce que vous mangerez ou boirez, ni de votre corps, ni de le vêtir ». Tel est l’esprit du Zen. »

– Daisetz Teitaro Suzuki, Essais sur le bouddhisme zen, séries I, II et III, traduits sous la direction de Jean Herbert, Paris : Albin Michel, 1972, p. 358

mardi 27 mars 2018

La peinture soumiye (ou sumi-e)



« La vie dessine son déroulement sur la toile appelée temps; et le temps ne se répète jamais : une fois parti, il est parti pour toujours; il en est de même d’un acte; une fois fait, il n’est jamais défait.

La vie est une peinture soumiye qui doit être exécutée une fois pour toutes, sans hésitation, sans intervention de l’intellect, sans que la moindre correction soit permise ou possible. Elle n’est pas comme une peinture à l’huile qui peut être effacée et repeinte à plusieurs reprises, jusqu’à ce que l’artiste soit satisfait. Dans la peinture soumiye, le moindre coup de pinceau sur lequel on repasse une seconde fois devient une tache. La vie l’a quittée. Toutes les corrections apparaissent quand l’encre est séchée. Il en est de même de la vie. Nous ne pouvons jamais reprendre ce que nous avons engagé dans l’action; que dis-je? Ce qui a passé une fois par la conscience ne peut jamais en être effacé. »

– Daisetz Teitaro Suzuki, Essais sur le bouddhisme zen, séries I, II et III, traduits sous la direction de Jean Herbert, Paris : Albin Michel, 1972, p. 355

mardi 20 mars 2018

La lumière du ciel

« On ne peut voir ni l’essence ni la vie
Elles sont contenues dans la lumière du ciel
On ne peut voir la lumière du ciel
Elle est contenue dans les yeux. »

– Lu Tsou, citation puisée dans le livre d’Hubert Reeves, Le banc du temps qui passe : méditations cosmiques, Paris : Seuil, 2017, p. 79 (Le texte est issu d’un ancien traité taoïste, attribué à Lu Tsou, Le secret de la fleur d’or.)

jeudi 15 mars 2018

Le sens du mystère

« Le plus beau sentiment du monde, c’est le sens du mystère. Celui qui n’a jamais connu cette joie, ses yeux sont fermés. J’éprouve l’émotion la plus forte devant le mystère de la vie. »

– Albert Einstein, citation puisée dans le livre d’Hubert Reeves, Le banc du temps qui passe : méditations cosmiques, Paris : Seuil, 2017, p. 74 (La citation d’Einstein se trouve dans Einstein, Philosopher Scientist (Living Philosophers), 1951)

mardi 13 mars 2018

Double procédé de méditation

« Lorsque l’on médite, l’on s’aperçoit que les idées jaillissent l’une de l’autre, en foule et avec une extrême rapidité. (…) La condition où l’on parvient, alors, ressemble à celle d’un homme qui, placé sur le bord d’une rivière regarde couler l’eau. L’esprit observateur et tranquille regarde ainsi passer le flot ininterrompu – comme l’eau d’une rivière, – des idées qui se pressent à la suite les unes des autres. (…)

En second lieu vient l’exercice consistant à laisser sans leur donner de forme, les idées qui surgissent. Quelle que soit l’idée qui se présente, il ne faut pas lui accorder d’attention, l’abandonnant à elle-même, sans se laisser influencer par elle, sans raisonner à son sujet, et, aussi, sans chercher à l’écarter. L’esprit ressemble ainsi au berger gardant un troupeau et il continue à méditer. (…)

En gardant l’esprit détendu, coulant comme l’eau paisible d’une rivière, la Réalité s’y reflète.

Et le Sage Saraha a résumé ce double procédé de méditation par les vers suivants :

Quand l’esprit est retenu lié, il s’efforce de vagabonder dans les dix directions.
Lorsqu’il est laissé libre, il demeure immobile.
J’ai compris qu’il était un animal contrariant, comme le chameau. »

– Alexandra David-Néel, Initiations lamaïque, Éditions Adyar, 1999, p. 247-249

jeudi 8 mars 2018

Faire mieux avec moins

« Décroissance des moyens utilisés – énergie, matières premières – et croissance du recyclage des déchets et de la récupération de l’énergie solaire. »

– Hubert Reeves, Le banc du temps qui passe : méditations cosmiques, Paris : Seuil, 2017, p. 177

mardi 6 mars 2018

Humanisation de l’humanité

« Le long sentier vers l’humanisation de l’humanité est éclairé par trois luminaires : le désir de comprendre le monde (la science), de l’embellir (l’art) et d’aider les êtres vivants à vivre (l’empathie).

Trois mots à retenir : « connaître », « créer », « compatir ». »

– Hubert Reeves, Le banc du temps qui passe : méditations cosmiques, Paris : Seuil, 2017, p. 145

jeudi 1 mars 2018

Je peux dire "je" parce qu’on m’a dit "tu"

« Je peux dire "je" parce qu’on m’a dit "tu". »

– Albert Jacquard, citation puisée dans le livre d'Hubert Reeves, Le banc du temps qui passe : méditations cosmiques, Paris : Seuil, 2017, p. 107