samedi 31 décembre 2011

Vivez davantage

« « Vivez davantage » et tâchez de ne pas trop vous ennuyer.  »
– Dostoïevski, Les Possédés, Le Livre de Poche « Classiques », p. 642

jeudi 29 décembre 2011

The Here and After (Jun Miyake)

Musique: "L'ici et après", Jun Miyake. Images de Pina Bausch par Wim Wenders, documentaire Pina.

« Il faut apprendre à être touché par la beauté, par un geste, un souffle, pas seulement par ce qui est dit et dans quelle langue : percevoir indépendamment de ce que l'on sait. »
– Pina Bausch

vendredi 23 décembre 2011

Montée aux extrêmes

Jean-Jacques Pelletier est un écrivain (ex-professeur de philosophie et anciennement négociateur syndical du secteur public) particulièrement intéressant. Dans son prochain essai, Les taupes frénétiques (parution en mars 2012), il aborde la montée aux extrêmes et la fuite dans l'intensité. Cet essai sera suivi de La fabrique de l’extrême à l’automne 2012.

Vous pouvez l’entendre à l’émission Le 21e avec Michel Lacombe : http://www.radio-canada.ca/emissions/le_21e/2011-2012/. Il parle, entre autres sujets, de l’écoterrorisme (41:15) et du grand complot paranoïaque global qu’il décrit dans ses livres, auquel il ne croit pas (42:42).

jeudi 22 décembre 2011

Prêt à jeter

Prêt à jeter (ARTE F, France, 2010, 75mn), film documentaire sur la fragilité des produits de consommation et l'obsolescence programmée. Le mode de vie gaspilleur des pays développés, dont la logique de croissance est « croître pour croître », a d'importants impacts sur l'environnement.

dimanche 18 décembre 2011

Totalitarisme inversé (Sheldon Wolin)

« Nous ne vivons pas en démocratie, mais dans ce que le philosophe Sheldon Wolin appelle un système de totalitarisme inversé, c'est-à-dire que plutôt que de s’organiser autour d’un chef démagogue ou charismatique, cela s’exprime dans l’anonymat de l’État-entreprises. Nous sommes détruits financièrement, moralement et politiquement par des institutions et la reine de toutes, c’est Goldman Sachs. Ils ne connaissent pas de limites. Ils transforment tout en marchandises qu’ils exploitent jusqu’à son épuisement ou sa faillite. C’est pourquoi la crise de l’environnement est intimement liée à la crise économique. La mort de l’empire américain n’est pas une tragédie, c’est peut-être une bonne chose. C’est juste la manière dont nous mourrons qui fait peur, parce que nous nous débattons comme un animal blessé. Les empires tyranniques finissent par imploser, chez eux. La démocratie athénienne a été abattue par les Athéniens eux-mêmes et nous faisons comme eux. De l’île de Pâques à l’Empire ottoman en passant par l’empire russe, les civilisations ont disparu parce qu’elles avaient épuisé leur potentiel et leurs ressources. Le danger, cette fois, c’est qu’on emporte toute la planète avec nous. Il ne reste plus d’endroits pour émigrer. »
– Chris Hedges, ancien correspondant de guerre, lauréat du prix Pulitzer, l’un des rares intellectuels américains à avoir manifesté contre les dérives des grandes banques. Extrait puisé dans le film « Goldman Sachs : Les nouveaux maîtres du monde », réalisé par Jean-Luc Léon, minutes : 42:25 à 47:36

mardi 13 décembre 2011

ClimObs

ClimObs : Premier observatoire francophone des changements climatiques. Le constat, les mécanismes et les projections des changements climatiques en cours.

dimanche 11 décembre 2011

Changement de trajectoire

Dans un entretien avec l’animateur Michel Lacombe à l'émission Le 21e, de La Première Chaîne de Radio-Canada, le philosophe français Marcel Gauchet réfléchit sur les problématiques actuelles. Il considère que nos sociétés se bercent d’illusions en se concentrant uniquement sur l’économie. D'après lui, il ne reste qu'à frapper un mur pour se sortir de ce rêve éveillé. Cela se fera vraisemblablement sous le mode de la catastrophe, étant donné l’incapacité généralisée à prendre conscience de la situation. Comme il l’observe assez bien, nous vivons dans des sociétés qui ne pensent plus, qui ne veulent plus rien savoir. Une fois le choc passé, il s’attend à ce que nos sociétés doivent radicalement changer de trajectoire.

vendredi 9 décembre 2011

Liberté d’expression

La liberté d’expression est une liberté fondamentale reconnue par les lois prééminentes des sociétés libres et démocratiques (article 2b) de la Charte canadienne). Tant dans la vie réelle que dans le monde virtuel, cette liberté n'est pas absolue et elle doit cohabiter harmonieusement avec les autres libertés fondamentales.

Ici comme ailleurs, les lois et la jurisprudence des pays délimitent les contours de la liberté d'expression. Au Canada, c’est particulièrement l’article 1 de la Charte canadienne qui en restreint la portée. Cet article permet de justifier une atteinte à l'un des droits et libertés fondamentaux en regard de certaines considérations liées, par exemple, à la protection de la sûreté et de la sécurité de la collectivité. En consultant la collection des jugements de la Cour suprême du Canada et en interrogeant cette base de données avec quelques mots clés, vous serez en mesure de vous faire une assez bonne idée de l'interprétation qu'en donne ce tribunal de dernière instance.

Le réseau Internet est l’un des véhicules les plus importants de la liberté d'expression en raison de sa large diffusion et de la rapidité de transmission des informations, mais il n'en demeure pas moins que ce réseau virtuel n’autorise pas davantage le libelle diffamatoire ni les propos racistes ou la propagande haineuse. Bien qu’étant un puissant moyen d’expression, le réseau Internet ne préserve pas non plus d'une manière correcte et suffisante l’identité et l'intimité des personnes. Comme on le sait, sur le Web, chacun peut être suivi, tracé et repéré, et qui n’a pas entendu parler des fuites des données personnelles. C’est l'objet de la mise en garde faite par Alex Türk, ancien président de la CNIL (Commission nationale informatique et liberté), dans son récent livre, La vie privée en péril : des citoyens sous contrôle (Odile Jacob, 2011).

Chaque pays a ses susceptibilités ou zones névralgiques en regard de la liberté d’expression. Prenons à titre d'exemple les pays qui ont connu les pires épisodes des guerres meurtrières du XXe siècle. Qu'ils se montrent vigilants ou stricts en regard de la diffusion de propos haineux, racistes ou xénophobes, sur le Web ou dans les médias, est plus que compréhensible. Aucune personne sensible et raisonnable ne veut que soient ravivés les spectres du passé.

lundi 5 décembre 2011

Pensée positive: plus nuisible qu’utile?

Des chercheurs se sont penchés sur le phénomène de la pensée positive (pensée magique ou pensée désirée), très en vogue depuis quelques années. Leur conclusion est la suivante: la répétition de formules creuses, de mantras, ne résout à peu près rien, cela peut même aggraver l’état mental des personnes ayant une faible estime d’elles-mêmes.

Lire l’article de Martin LaSalle : Je suis capable: la pensée positive peut aussi avoir des effets négatifs, Passeport Santé, 14 juillet 2009.

vendredi 2 décembre 2011

Joseph Arthur

Dans le journal Voir Québec, édition du 24 novembre 2011, un article d'Antoine Léveillée sur Joseph Arthur intitulé : « Comme des porcs ». On lit : « Joseph Arthur est lui aussi un indigné et occupe Wall Street à sa façon ces temps-ci. Tout simplement avec une guitare et des mots politiquement incorrects. »

La chanson en question est « We Stand as One ». Joseph Arthur l’a offerte gratuitement sur son site Internet et il l’a interprétée au parc Zuccotti lors du jour du Souvenir, le 11 novembre 2011. Ce qu’il dénonce dans cette chanson « c’est le manque d’éthique de certaines entreprises. Ces lobbies qui détournent l’argent afin de corrompre le monde politique. »




Nous avons eu le bonheur de voir et d’entendre Joseph Arthur au Grand Théâtre de Québec ce jeudi 1er décembre 2011. Ce fut une révélation pour moi, car je ne connaissais à peu près rien de lui. J’avais seulement vu quelques vidéos sur YouTube. Ce qui m'a séduit immédiatement, c'est le côté naturel et décontracté de l’artiste. Dans une vidéo, on le voit assis par terre dans le couloir d’un hôtel, un endroit assez peu inspirant pour chanter, avec sa seule guitare, interprétant tout à fait sensiblement une chanson. Dans une autre vidéo, il se trouve dans une ruelle d’un quartier, peut-être le sien, l’on entend les bruits de la rue, il y a des gens qui passent, la vidéo est interrompue deux ou trois fois, et lorsque les conditions sont favorables, l'artiste chante accompagné de sa guitare et de son harmonica, tout aussi simplement.

Sur scène, c'est la découverte. Malgré quelques réglages nécessaires, son jeu avec les pédales, les sons en boucle, les voix qu’il crée avec les appareillages, tout cet ensemble musical relève de la haute voltige. Avec sa guitare folk et son harmonica, sous un mauvais éclairage entièrement voulu et recherché, assis sur un modeste tabouret, il est tout aussi percutant. Et le plus beau moment de la soirée s’est déroulé à la toute fin, quand le chanteur a terminé son spectacle, après un second rappel. À ce moment-là, il est parti par la porte arrière et s’est retrouvé dans le couloir de la salle de théâtre, là où nous sortions. Et, quelle belle surprise, il interprétait à notre grand étonnement et pour notre plus grand plaisir une autre chanson, à cet endroit pour le moins insolite où l'on n'entend jamais un artiste. On s’est spontanément rassemblé autour de lui. L'ambiance était particulièrement chaleureuse, des voix s'entremêlaient à la sienne, il y avait des sourires sur les visages et il a vraisemblablement aimé cela, puisqu’il a interprété trois chansons. Un fabuleux moment, un magnifique artiste.

Joseph Arthur est un artiste assez hors-norme, un peu en marge du circuit commercial, ce qui ne peut pas déplaire. Il compose textes et musique, de plus il peint à la manière de Basquiat. Ses compositions rappellent Bob Dylan et Leonard Cohen. En dépit de ses airs boudeurs, de ses allures frondeuses, cet homme est tout à fait charmant. On perçoit que c'est un artiste exigeant, qu'il ne recherche pas la facilité.

Dans cette vidéo, il interprète la très belle et émouvante chanson « Love never asks you to lie ».

jeudi 1 décembre 2011

Entretiens avec Hubert Reeves

L'animateur Michel Lacombe s'est entretenu avec l'astrophysicien et vulgarisateur scientifique Hubert Reeves à l'émission radiophonique Le 21e de La Première Chaîne de Radio-Canada, le 21 novembre 2011. Il partage plusieurs de ses points de vue, dont ceux sur l’agnosticisme et la position à adopter par rapport au défi écologique.

Dans cet autre entretien avec Céline Galipeau au Téléjournal national de Radio-Canada, le 31 octobre 2011, Hubert Reeves affirme que « l'espèce humaine ne survivra pas au prochain siècle » s’il n’y a pas un changement radical pour inverser cette tendance.