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L’acte de composer

« La composition était l’acte suprême d’un long processus mental : il nouait ensemble les fils épars de sa pensée et donnait une valeur universelle à toutes les données dont son cerveau était encombré. Écrire un tel article représentait un effort conscient pour libérer son esprit et le préparer pour de nouveaux matériaux et des problèmes inédits. Sa manière de faire ressemblait un peu à cette réaction que peuvent avoir des hommes et des femmes tourmentés par des griefs réels ou imaginaires, qui sortent périodiquement de leur douloureux silence pour « dire ce qu’ils ont sur le coeur » avec volubilité, jusqu’au dernier mot. » – Jack London, Martin Eden , Gallimard, 2016, p. 278

Lettre à ma mère

À toi, Maman.

Dans la douceur de cette nuit silencieuse, je t’ai accompagnée sobrement, en te disant des mots qui apaisent, et en étant tout juste là à tes côtés. Tu ne parlais plus, tes paupières étaient closes, mais je sentais encore ta chaleur, cette lumière tranquille qui ne s’était pas encore éteinte.

J’ai caressé ta tête, serré tendrement ton bras et ta main, comme pour te dire : je suis là. Je n’ai pas eu besoin de mots pour te dire mon amour — c’est dans le contact, dans la présence, dans notre lien invisible que tout s’est dit.

Quand je t’ai soufflé à l’oreille que j’allais dormir un peu, que je reviendrais te voir plus tard, j’ai eu ce pressentiment étrange… Que tu comprenais. Que tu m’entendais. Et peut-être même que tu aurais voulu que je reste. Si j’avais su que tu allais partir si peu de temps après… je n’aurais jamais lâché ta main.

Mais je veux croire que tu es partie en paix. Que tu as senti ma présence jusque dans ton dernier souffle. Et que tu as accueilli mon frère comme un dernier relais d’amour — avant de t’élancer là où nous ne pouvions plus te suivre, mais où nous continuerons à te retrouver dans nos pensées, dans nos souvenirs, et dans l’amour que nous te porterons toujours.

Merci, Maman, pour tout ce que tu as été. Pour ce dernier instant partagé.

Je t’aime.