lundi 31 janvier 2011

Contre tous les gaspillages

En 1989, dans son livre « Mes combats », René Dumont (1904-2001), célèbre agronome français, lançait un avertissement.

Pressentant que nous affrontions une situation sans précédent dans l'histoire de l'humanité, il nous invitait à cesser de vaquer à nos petites affaires (sport-spectacle, faits divers, star-system) et à nous occuper de l'essentiel.

Il nous exhortait à entrevoir une humanité plus ordonnée, où les préoccupations sociales et morales domineraient, non le seul profit et une utilisation dévoyée des ressources naturelles.

Il n'était pas le seul à s'alarmer de la situation.

Fin 1988, un scientifique de la NASA (James Hansen) affirmait que le « réchauffement global de la planète est commencé ». Le Rapport Bruntland (1987) nous mettait en garde : « Notre société de consommation, si elle prolongeait pendant douze à quinze ans son niveau de gaspillage, aboutirait à la dégradation, à la destruction de nos écosystèmes, de nos climats et, donc, des possibilités de survie prolongée de l'humanité ». Le biologiste Thomas Lovejoy, de la Smithsonian Institution de Washington, déclarait en août 1988: « Je suis absolument convaincu que la plupart des grandes batailles pour l'environnement seront gagnées ou perdues dans la décennie débutant en 1990, et qu'au début du siècle prochain, il sera trop tard. »

Nous y sommes à présent. Et que faisons-nous? Trop peu d'actions, trop lentement.

Dumont comprenait que le temps presse, qu'il ne faut pas craindre d'aller vite.

Voici une série de pistes de recherche qu'il soumettait à notre réflexion :

-* information généralisée : la majorité du public n'a pas encore compris l'extrême gravité de la situation. Le rôle des médias est absolument déterminant;

-* simplicité volontaire. Il faut accentuer ce « minimum d'austérité » par des mesures économiques;

-* guerre à tous les gaspillages;

-* rendre plus rentables toutes les formes d'énergies renouvelables;

-* taxer les métaux provenant de minerais, pour rendre économiques toutes les formes de recyclage;

-* taxer davantage les carburants pour inciter à toutes les économies d'énergie;

-* ajouter un impôt sur le carbone émis qui peut correspondre à 10% du budget des pays développés;

-* obliger les ménages à trier leurs ordures pour en faciliter le recyclage;

-* supprimer toutes les activités inutiles ou trop polluantes;

-* ne plus autoriser que la fabrication de voitures ne consommant pas plus de cinq litres de carburant au cent kilomètres (5 1/100 Km);

-* accroître la fabrication des autocars, diminuer pour eux le prix du carburant et le faire payer plus cher aux possesseurs de voitures particulières;

-* interdire l'auto privée dans les centres villes -- sauf pour les livraisons (pendant trois heures par jour), les taxis, ambulances, policiers, pompiers, docteurs. Le vélo, pour les courts trajets, des tramways, des métros, des petites voitures électriques, résoudraient les problèmes de transport, rendant les villes, même surpeuplées, enfin respirables;

-* les bateaux de plaisance à forts moteurs, les motos puissantes et les grosses voitures, outils d'orgueil et de prestige, méritent d'être très fortement taxés à l'achat et pour les immatriculations;

-* tout ce qui brûle du carburant sans nécessité doit être reconnue comme criminel;

-* réduire les invraisemblables gaspillages de papier, d'abord celui qui alimente la publicité, laquelle doit être reconnue, ne serait-ce que par le gaspillage occasionné, comme l'activité qui menace le plus notre survie prolongée.

Comme le disait le regretté René Dumont, tout ceci dépend d'une volonté politique bien plus ferme que celle qui s'est manifestée jusqu'ici.

Il n'y a aucun précédent historique au volume d'actions qui s'imposent pour l'avenir.

Source:
Dumont, René. Mes combats: dans quinze ans, les dés seront jetés. Paris: Plon, 1989, 239 p. (coll. « Terre Humaine »)

Autres livres de René Dumont:

Ouvrez les yeux! : le XXIe siècle est mal parti. Paris: Politis: Arléa, 1995, 61 p.

Un monde intolérable : le libéralisme en question. Paris: Éditions du Seuil, 1991, c1988, 281 p.

Les raisons de la colère, ou, L'utopie et les verts; en collaboration avec Charlotte Paquet. Paris: Entente, 1986, 137 p.

À voir, cet intéressant documentaire de Richard D. Lavoie sur René Dumont : l’homme-siècle. Office national du film (ONF), 2001, 25 min 49 s.

vendredi 28 janvier 2011

Humanité

« L'humanité m'a toujours écoeuré. Et ce qui m'écoeure le plus, tout le cirque des familles, y compris le mariage, j'ai le pouvoir et je te protège, et de fil en aiguille cette lèpre gagne du terrain : le voisin de palier, de trottoir, du quartier, de la ville, du département, de la nation, chacun se raccroche au cul de l'autre, pétant de trouille et de connerie comme une abeille au fond de son gâteau de miel. »
Charles Bukowski (« Le grand mariage zen », dans Contes de la folie ordinaire. Paris : Grasset : Le Sagittaire, 1981, p. 141)

mercredi 26 janvier 2011

Revue L'Obsidian

DER OBSIDIAN - Journal for Art and Literature est une revue culturelle allemande de qualité.

À lire, un article intéressant sur la peinture de paysage dans le 21e siècle, où il est fait référence à Anselm Kiefer.

Mon ami Michael Adam y publie des poèmes et articles. Son livre « Les Enfants du Mâchefer » vient d’être traduit en allemand. Lire sa biographie.

lundi 24 janvier 2011

Riverside (Agnes Obel)

« Riverside » est une chanson mélodique, particulièrement agréable à entendre. L’artiste danoise Agnes Obel a une jolie voix et un très beau jeu au piano.



Je remercie Rafael Holguin de m’avoir fait découvrir cette artiste de grand talent.

vendredi 21 janvier 2011

Google PageRank

Le PageRank est une technologie développée par Google pour mesurer l'importance ou l'utilité d'un site web.

Cet algorithme n’est malheureusement pas à l’abri des manipulateurs.

Il est connu que le moteur de recherche de Google est manipulé pour gonfler artificiellement le score d’un site. La technique la plus connue est le « bombardement Google » ou « Google bombing ». Cette méthode de référencement consiste à élever le classement d’un site en multipliant, sur d’autres sites, des hyperliens qui renvoient à ce site.

Google développe des procédures pour désamorcer ou déceler ce genre d’initiatives.

Les utilisateurs pris à ce jeu courent le risque de perdre leur rang.

mercredi 19 janvier 2011

Paysages d'hiver

Des paysages d'hiver au coeur des plaines d’Abraham (Québec).

Ce magnifique parc urbain est l’endroit rêvé pour les amateurs de nature. C’est l’un des plus beaux sites de la Ville de Québec.




Photos: Chartrand Saint-Louis

lundi 17 janvier 2011

Mouvement lent

Argent



Art

  • Slow Art Day
    L’association américaine « Reading Odyssey » invite le spectateur à ralentir la cadence en organisant des visites réduites de musées, les « Slow Art Days ».

Art de vivre

  • Art de vivre au ralenti (Slow living) : L’art de la lenteur : comment partir à la reconquête de son temps? De Stéphane Szerman et Isabelle Gravillon. Toulouse : Milan, 2007, 128 p.

Corps et esprit

  • Jon Kabat-Zinn, fondateur d’une clinique de réduction du stress en relation avec l’Université du Massachusetts, propose l'intégration de la méditation aux sciences médicales.




Éducation



Historique


Institut



Management

  • Slow management
    Le professeur de management Loïck Roche de l’École de management de Grenoble, à publier le livre « Éloge du bien-être au travail » avec son collègue spécialiste du stress Dominique Steiler et le professeur de marketing américain John Sadowsky.

Marche

Musique
  • Longplayer
    Conçue et composée par Jem Finer, cette longue composition musicale (destinée à durer mille ans) utilise des bols chantants et des gongs tibétains. Le traitement de la musique est fait par ordinateur afin de produire un grand nombre de variations différentes.

Nutrition

Rencontre

Sexualité
  • Sexe au ralenti (Slow sex)
    L’italien Alberto Vitale a posé les bases du « slow sex » en 2002. Écouter davantage les sens et prendre le temps de redécouvrir son corps et celui de l’autre.

Simplicité

Temps libre

Tourisme

Travail

Urbanisme
  • Cittaslow
    Le mouvement Cittaslow a gagné 70 villes italiennes de moins de 60 000 habitants et une vingtaine d’autres dans le monde, jusqu’en Nouvelle-Zélande.




Référence: Carl Honoré. Éloge de la lenteur. Paris : Marabout (Hachette Livre), 2005, c2004, 288 p.

vendredi 14 janvier 2011

Centre d'études sur le stress humain

Site d'intérêt pour démystifier le stress, lequel est loin de n’avoir que des composantes négatives. Ce site s’adresse au grand public, aux chercheurs et aux professionnels de la santé et de l’éducation : Centre d'études sur le stress humain.

Écoutez la capsule Passeport Santé : Sonia Lupien, neuropsychologue, « Que signifie « gérer son stress » et comment faire? » (7:28 min.)

À lire sur le même sujet : Stress sans détresse (Hans Seyle).

mercredi 12 janvier 2011

Institut Vavilov

Pétition pour sauver l’Institut Vavilov, «  l'une des plus grandes et plus anciennes banques de semences du monde ».

On apprend sur le site de Tela Botanica, le réseau de la botanique francophone, que la mobilisation internationale et celle des Russes eux-mêmes, a porté ses fruits. Il y a un sursis de la vente aux enchères des lots de terrains prévus pour des projets immobiliers. Toutefois, la mise en ligne de cette information date du 15 septembre 2010. C’est donc une histoire à suivre.



lundi 10 janvier 2011

Apéros allant vert

Issus du phénomène des Green Drinks, un réseau actif dans plus de 300 villes du monde, les « Apéros allant vert » sont un rendez-vous d’affaires mensuel. Les interventions d’une quinzaine de minutes sont suivies d’un cocktail et d’une dégustation de produits locaux et équitables.

vendredi 7 janvier 2011

L'homme inquiet (Henning Mankell)

La « série Kurt Wallander » prend fin* avec ce dernier roman de l'écrivain suédois Henning Mankell.

L’homme inquiet, dans ce récit, à l’exception du personnage de Hakan von Enke, n'est nul autre que l'inspecteur Kurt Wallander.

Âgé de 60 ans, souffrant d’embonpoint et de diabète, Wallander vit en retrait, à la campagne, avec son chien. En fin de carrière, il est plus seul que jamais. De jour en jour, la maladie d’Alzheimer se manifeste à lui par des blocs entiers de temps qui disparaissent. Inquiet, sans trop savoir ce qu’il lui arrive, il appréhende la fin.

Tour à tour apparaissent les femmes qui ont jalonné sa vie : sa fille Linda, très proche de lui, Karla, sa petite-fille qui vient de voir le jour, Mona, son ex-femme, qui se tue à l’alcool et Baiba de Riga (Lettonie), la femme qu’il a tant aimée, à présent atteinte d’un cancer incurable, qui lui rend une dernière visite. Les souvenirs surgissent, son chagrin est palpable.

Pour ce dernier rendez-vous*, Henning Mankell parsème son récit de rappels aux autres romans de la « série Kurt Wallander ». Références, entre autres, à : Le Guerrier solitaire (1999), Les Morts de la Saint-Jean (2001), Les Chiens de Riga (2003) et La Lionne blanche (2004).

L’intrigue policière, sur fond d’après-guerre froide, est assez bien ficelée, bien que le déploiement de l’intrigue soit très lent. L’intérêt demeure présent, puisqu’il s’agit à regret de la dernière enquête de l'inspecteur Wallander.

Roman policier agrémenté de réflexions sur la vie et les gens. Je cite quelques passages :

« Il y a un temps pour vivre et un temps pour mourir. »

« Cherche toujours la dissonance. »

« Voir sans voir. Ç’avait été la première mise en garde de Rydberg. Ne pas comprendre ce qu’on avait sous les yeux. »

« Une surface, c’est un truc sur lequel tu dérapes. Ça se vérifie presque toujours. »

« La première impression était toujours décisive. »

« Au cours de toute sa vie de policier, il s’était sans cesse vu rappeler que l’argent était la cause des pires crimes que les êtres humains étaient capables de commettre les uns envers les autres. Aucun thème ne se répétait aussi souvent, sous des formes aussi variées. »

« J’ai appris qu’il ne faut pas croire qu’on sait ce que pensent ou imaginent les autres. »

« La vérité est souvent à l’opposé de ce que l’on croit. »

« Derrière chaque individu, il y a quelqu’un d’autre. »

Mankell, Henning. L’homme inquiet : La dernière enquête de Wallander; traduit du suédois par Anna Gibson. Paris : Éditions du Seuil, 2010, 551 p.

* Ce n'est pas la fin de la « série Kurt Wallander », il y a un autre rendez-vous, lire ce billet sur le Nouveau Wallander.

mercredi 5 janvier 2011

Éclatement II, Place de la gare, Québec















Magnifique sculpture-fontaine de Charles Daudelin (1920-2001) devant la gare du Palais à Québec. Elle évoque la force d’éclatement de l’eau.

Charles Daudelin : repères biographiques

Photo: Chartrand Saint-Louis

lundi 3 janvier 2011

Produits de beauté

Liste des douze (12) ingrédients à éviter dans les produits de beauté.

  1. BHA et BHT
  2. Les colorants dérivés du goudron de houille (P-PHENYLENEDIAMINE et des colorants identifiés par « CI  » suivi de cinq chiffres)
  3. Les ingrédients reliés au DEA (COCAMIDE DEA et LAURAMIDE DEA)
  4. Phtalate de dibutyle
  5. Les libérateurs de formaldéhyde (DMDM HYDANTOIN, DIAZOLIDINYL UREA, IMIDAZOLIDINYL UREA, METHENAMINE et QUARTERNIUM-15)
  6. Les parabènes (ingrédients se terminant par « PARABEN »)
  7. PARFUM
  8. Les PEG
  9. Pétrolatum
  10. Les siloxanes (ingrédients se terminant par « SILOXANE » « CONE »)
  11. SODIUM LAURETH SULFATE
  12. Triclosan

Source : Fondation David Suzuki

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