mercredi 23 juillet 2014

Temps de vie (Jean-Louis Servan-Schreiber)

« Ne cherchons pas ailleurs les raisons de fond du sentiment du manque de temps : nos envies se sont accrues beaucoup plus vite que le temps dont nous disposons. »
Jean-Louis Servan-Schreiber, L’art du temps

Tout le monde le sait, le temps de travail prend tout notre temps. S’il permet d’épanouir une partie essentielle de nous-mêmes, il ne comble pas tout, loin de là. Il existe bien d'autres domaines où nous pouvons nous réaliser personnellement. Jean-Louis Servan-Schreiber en dresse une liste dans son livre sur L’art du temps. Il s'agit d'une liste subjective et schématique (énumération sans hiérarchie) d’une quinzaine de temps variés. Je vous les donne à lire.

Temps du corps
L’entretenir, l’entraîner, le soigner, se rendre compte qu’il peut nous donner de réelles satisfactions si on se consacre un peu à lui.

Temps des loisirs
Cinéma, télévision, concerts ou théâtre : quand sommes-nous spectateurs ? Dîners, réceptions, manifestations diverses : y trouverons-nous plaisir ? Jeux, sports (à voir, à faire) : savons-nous nous amuser ? Et la fête ?

Temps du plaisir
Le mot est pris là dans le sens de sensualité. A-t-elle dans notre vie la place et le temps qu’elle mérite ? Restons-nous en deçà de nos fantasmes ?

Temps de la consommation
Faire des courses, sans mauvaise conscience et sans presse. Pouvoir ensuite bricoler, manipuler, ranger, bref, profiter des objets que nous faisons entrer dans notre vie.

Temps des voyages
La découverte, l’aventure ou, tout simplement, le dépaysement et les vacances. Être ailleurs nous transforme, nous aère, mais prend beaucoup de temps. En avons-nous assez ?

Temps du repos
Avons-nous notre compte d’heures de sommeil, de moments de récupération, de weekends désencombrés ? Ou bien tirons-nous des chèques sur notre santé ?

Temps de l’amour
Une relation réussie, c’est tout à fait absorbant. On n’a pas encore mis la tendresse en pilule ni l’intimité en fiches. Le temps semble bien être à l’amour ce que le soleil est aux plantes. L’ensoleillement est-il suffisant ?

Temps des autres
L’amitié ne se porte plus très bien de nos jours. Avec tout ce qu’il y a à faire, il faut bien, n’est-ce pas, sacrifier quelque chose. Vous y êtes-vous résigné ? Les autres, cela peut être aussi votre (vos) communauté(s), à laquelle vous aimeriez participer davantage, ou quelque projet généreux. Quand ?

Temps de la famille
Cérémonies, expéditions ou câlins collectifs, nos parents comme nos enfants voudraient bien un bout de notre temps. Ils l’expriment avec reproche ou pudeur. Et nous, n’en avons-nous pas aussi besoin qu’eux ?

Temps de la lecture
Les journaux effleurés, les livres à peine entamés nous font honte et envie. Quand nous passons devant une librairie, nous détournons les yeux pour ne pas raviver le remords. Sommes-nous résignés à vivre idiots ?

Temps de développement
Les jeunes arrivent, ils parlent des langues étrangères et chatouillent les ordinateurs. Même un adulte, c’est légal, a le droit de continuer à apprendre. Nous savons, n’est-ce pas, que nous en sommes encore capables. Mais c’est long.

Temps de la création
Nos métiers sont trop souvent prévisibles et répétitifs. Rares sont ceux où l’on peut s’exprimer. Chacun aimerait savoir si un musicien, un auteur, un peintre ou un inventeur cohabite dans la même peau que soi.

Temps de la méditation
La beauté, la voie lactée, la nature ou le zen nous « interpellent quelque part ». La vie passe comme un T.G.V. et nous ne savons toujours pas ce que nous faisons là. L’interrogation métaphysique ou poétique revient, paraît-il, très fort. Si nous osions, nous irions peut-être y voir.

Temps de la régression
Depuis combien de temps ne nous sommes-nous pas roulés par terre avec des animaux ou des enfants ? Savons-nous encore faire la bête, le pitre ou chanter à tue-tête ? Il y aura toujours en nous un gosse qui va nous jouer des tours s’il ne lui est jamais permis de montrer le bout de son nez.

Temps de la solitude
Hormis en voyage professionnel, dans le cadre inspirant d’un Novotel ou d’un Holiday Inn, quand profitons-nous de la solitude ? Comment saurons-nous ce que nous avons à nous dire si nous ne nous rencontrons jamais en tête-à-tête ? Peu d’entre nous ont envie de vivre en solitaires, mais qui n’aimerait enfin être un peu seul ?

- Jean-Louis SERVAN-SCHREIBER, L’art du temps : essai d’action, Paris : Fayard, 1985, pp. 109-110 (extraits), 159 p.

Du même auteur : Le nouvel art du temps : contre le stress, Paris : Le livre de poche, 2002, 248 p.

dimanche 6 juillet 2014

Gestes simples pour réduire la présence des polluants dans nos maisons

Au cours des 50 dernières années, l’industrie chimique a inventé quelques 75 000 nouvelles substances. Un lien est établi entre les troubles chroniques et la présence des produits chimiques dans nos environnements.

Voici quelques gestes simples pour limiter la pollution dans nos maisons :

- Laissez nos chaussures à la porte (c’est dans la seule saleté accumulée sur nos souliers qu’une grande partie des pesticides entrent dans nos maisons ; par la même occasion, on élimine des centaines d’heures d’entretien) ;

- Identifiez les fruits et légumes qui contiennent le moins de pesticides (dont les bananes, le maïs, les avocats et les oignons ; au contraire, les pommes, les fraises et les pommes de terre en contiennent le plus) ;

- Utilisez des produits de nettoyage sans phosphate. Sur l’étiquette, cherchez l’Éco-logo qui certifie que le nettoyant respecte les critères du programme Choix environnemental ;

- Aérez les maisons, ouvrez les fenêtres pendant quelques minutes, en toute saison, afin de libérer l’humidité et les polluants qui se trouvent à l’intérieur ;

- Le bicarbonate de soude (la « p’tite vache ») est un produit naturel, non toxique et qui ne pollue pas l’environnement. Il a plusieurs usages : il dissout facilement les saletés et la graisse lorsqu’on le mélange à l’eau. Si on ne le dissout pas complètement, sa texture granuleuse agit comme un abrasif qui fait disparaître les plus grosses saletés. Il s’avère très efficace pour absorber les mauvaises odeurs ;

- L’eau de javel élimine les taches, blanchit les vêtements, désinfecte ou désodorise une pièce. Il a cependant un coût environnemental très élevé : le chlore qu’elle contient se combine avec des molécules organiques pour former des organochlorés. Tantôt cancérigènes, tantôt mutagènes, ces organochlorés peuvent entrer dans la chaîne alimentaire et nuire aux écosystèmes. Choisissez plutôt des produits de remplacement sans chlore (ou sans javel).

Sources:

Geet Éthier, Marc, Zéro toxique : pourquoi et comment se protéger, Éditions du Trécarré, 2005.

Guide du consommateur responsable : le pouvoir de nos choix, Collection Protégez-vous, Les éditions Protégez-vous, en partenariat avec Équiterre, Avril 2004.

mardi 1 juillet 2014

Pollution mentale

« Avant de rêver de partir faire des expériences dans un vrai désert, il serait bon d'apprendre à filtrer le bruit qui nous vient de l'extérieur, en particulier des informations à sensation véhiculées par les médias. Il y a là une pollution mentale considérable; j'espère que cette notion de pollution mentale émergera très prochainement dans le public, de même que sont ressorties les notions de pollution sonore ou de diminution de la couche d'ozone. Je ne pense pas qu'il y ait lieu de faire de notre « intérieur » un désert; en revanche, on peut en faire un parc naturel, où notre propre nature peut être protégée et se développer elle-même à l'abri de l'invasion désordonnée d'éléments extérieurs. »
- Jacques VIGNE, Marcher, méditer, Paris: Albin Michel, 1998, auteur additionnel: Michel Jourdan (coll. Espaces libres), p. 184