mardi 30 août 2011

Livre blanc #4





















Artiste: Gilbert Sévigny

Cette peinture de Gilbert Sévigny est splendide à plus d’un titre, et particulièrement pour la richesse de la composition, l’équilibre et l’effet apaisant qui se dégagent des tons pastel.

Elle contient des extraits de poèmes de Jean Coulombe (un ami de longue date de Gilbert), dont ce passage, à peine lisible, en raison de l'utilisation de la technique de transparence, qui se lit ainsi : « Ce désir sans voix n’a pas de sommet ».

Je l'ai baptisé : « La crucifixion en rose », à cause de la prédominance du rose, de la croix inversée et de l’expression des désirs voilés. Comme vous le savez, la crucifixion en rose est le nom donné à la somme "Sexus, Plexus et Nexus" d’Henry Miller.

Mon ami Jean-Louis Millet m'expliquait que « ces trois mots de "crucifixion en rose" signifient la quasi-simultanéité de la douleur et du plaisir d'aimer, tant psychique que physique. Et le fait que le sommet-l'apex correspond étroitement avec la chute-la déchirure... ».

Cette description convient tout à fait à la lecture que je fais de cette peinture.

vendredi 26 août 2011

Isle-aux-Grues

Cette délicieuse île du Saint-Laurent est à découvrir pour la campagne, les battures et le bon air.

Pour s'y rendre, je recommande de partir avec le Coudrier. La croisière commentée, d'une durée de 3 h 30 (aller et retour), est plaisante à faire. L’on peut admirer l’Île d'Orléans et les autres îles du Saint-Laurent, dont celles qui composent l’archipel de l'Isle-aux-Grues.

Une fois sur l’île, pour apprécier le calme et la beauté, rien de mieux que de louer un vélo. La circulation automobile étant réduite, l'on peut pédaler tranquillement, sans souci. Vous verrez, ça sent bon les fleurs des champs.

Il me semble préférable de loger au camping municipal ou dans l’un des quelques gîtes ou chalets de l'île si l'on veut prolonger son séjour, car, avec le bateau du Coudrier, il faut revenir assez vite au quai, l’embarquement se faisant à 15 h 15, ce qui donne environ 3 h 30 pour se promener. Bien sûr, il est possible de prendre le traversier de Montmagny. Les départs en matinée et en soirée se font au gré des marées et la durée de séjour sur l’île est plus longue. L’Isle-aux-Grues est aussi accessible via Croisières Lachance à partir de Berthier-sur-Mer.

Pour une première visite, le train-balade est une belle manière de découvrir l’île. Des arrêts sont prévus au centre de la Volière, au Grenier de l'île et à la Fromagerie.

Je reproduis des informations d'intérêt sur l’Isle-aux-Grues :

« D’une longueur de 8 km par une largeur de 1,75 km, l'Isle-aux-Grues trône à 46 mètres au-dessus du niveau de la mer. Plus de 210 espèces d’oiseaux sont les hôtes de l’île, dont les oies blanches. Côtoyant les oiseaux, 250 insulaires ont élu domicile sur l’île, dont 125 y résident en permanence. Une seule route la traverse, qui peut être aisément suivie à bicyclette. En raison des battures pour les cultivateurs, les habitations sont principalement construites du côté nord. Les habitants de l’île vivent principalement de l’agriculture, de l’élevage, du guidage de la chasse à l’automne ainsi que du travail sur le traversier et à la coopérative agricole qu’est la fromagerie de l’île. »
Programme Souvenir de Croisières Coudrier, p. 19




















Photos: Chartrand Saint-Louis

mercredi 24 août 2011

Kiki de Montparnasse

Après avoir vu et assez bien aimé le récent film de Woody Allen, « Minuit à Paris », j’ai eu envie d’en apprendre davantage sur les années 20 et sur Kiki de Montparnasse (1901-1953), l’un de ses plus importants témoins.

C’est avec bonheur que j’ai déniché les Souvenirs retrouvés de Kiki de Montparnasse, publiés à Paris en 2005 (Éditeur José Conti).

Ce texte de souvenirs fut publié une première fois en 1929, Hemingway en avait rédigé la préface. Dès la parution, ce livre connut un succès merveilleux, jusqu’à ce que la censure s’abatte sur lui. Ce n’est que plus tard, en 1938, à 37 ans, que Kiki réécrit ses souvenirs. Toutefois, l’imminence de la Deuxième Guerre mondiale en retarde la publication. À sa disparition en 1953, son compagnon de l’époque, André Laroque, tente de faire éditer ce texte, mais sans succès. Le manuscrit disparaît pendant cinquante ans, réfugié au milieu des cartons, avec cette simple mention : « infiniment précieux ».

Que relate Kiki de Montparnasse dans ce joli petit livre de Souvenirs retrouvés? Elle parle de sa naissance, le 2 octobre 1901, dans un joli coin de la Bourgogne. Elle raconte quelques souvenirs de son enfance, celle d’une bâtarde élevée par sa grand-mère. Elle n’a que douze ans lorsqu’elle débarque à Paris en compagnie de sa mère. Elle s’y rend pour apprendre le métier de lino-typo. C’est le métier que sa mère pratique. Il lui faut un peu d’orthographe. Elle abandonne rapidement ce cours. Pour gagner sa vie, elle travaille dans un atelier de brochage. Elle abandonne l’atelier pour se placer chez une boulangère, qu’elle finit par quitter. Elle erre dans les rues de Paris, le ventre creux. Elle passe des jours sans manger.

Son premier contact avec la vie d’artiste commence le jour où elle propose de poser nue, elle n’a que quinze ans. Sa mère ne s’étant jamais beaucoup préoccupée d’elle, l’école de la vie devient vite son école. Elle fréquente les peintres au Dôme ou à La Rotonde. Ceux-là, ce sont de vrais copains. Ils habitent à six dans un petit atelier, 9 rue Campagne-Première. Ils boivent du thé sans sucre. L’un d’eux ramène parfois des sardines, du pâté ou des poules au pot. Ils ne demandent jamais d’où ça vient, mais ils dévorent à belles dents. Chez Rosalie, Utrillo, Modigliani et d'autres peintres se retrouvent pour boire et manger, bien souvent ils n’ont pas de quoi payer leur repas, alors ils laissent une toile ou des peintures sur les murs.

Kiki parle des années 1929 à 1931 qui coïncident avec une période néfaste pour Montparnasse. Elle raconte la folie d’Henri Broca, la mort de sa mère et toute une série noire d’événements. Elle-même traverse une période sombre. Elle se drogue, se met à engraisser. Entre 1932 et 1938, elle n’écrit rien. Il y a dans Montparnasse une quinzaine de cabarets sur lesquels elle ne voit rien à dire. Montparnasse ne se signale pas spécialement pendant ces années-là, écrit-elle.

Pour clore son récit, Kiki glisse quelques mots sur sa cure de désintoxication. La seconde tentative réussit. Elle entre en clinique et lorsqu’elle en ressort, au bout de quelques jours, son organisme est complètement débarrassé de ce besoin. Elle reprend goût à la vie.

Pour poursuivre cette belle aventure de Montparnasse dans les années 20, il faut lire La vie réinventée d’Alain Jouffroy, Monaco : Éditions du Rocher, 2004. Ça se lit comme un fabuleux roman.

lundi 22 août 2011

Passage de lumière
















Photo: Chartrand Saint-Louis

vendredi 19 août 2011

Nocturne indien (Alain Corneau)

Nocturne indien est un film français d'Alain Corneau sorti en 1989. Ce film d’ombres et de lumière, adapté du roman d'Antonio Tabucchi, nous promène au cœur de l'Inde. Il retrace le parcours initiatique d’un homme à la recherche de lui-même. Jean-Hugues Anglade est saisissant de vérité dans ce rôle principal.

La musique de Schubert (le 2e mouvement du Quintette en Ut) infuse à ce film une note de mystère et une certaine tristesse.

mercredi 17 août 2011

Dégradation de l'environnement

Les gens constatent la dégradation de l'environnement, ils écoutent les scientifiques parler, mais ils ne bronchent pas et ne s'émeuvent pas. On veut bien faire un petit effort, mais pas restreindre son mode de vie ni mieux répartir les richesses. Qu’est-ce qui explique cette situation?

Le roman de Daniel Quinn (philosophe de l’écologie) en fournit une explication. Ishmael : l’homme une fois disparu, y aura-t-il un espoir pour le gorille ? (Paris : J’ai lu, 1999, c1997) est un roman savoureux où un gorille raconte son histoire à un jeune homme qui a le désir de sauver le monde.

lundi 15 août 2011

Gicleurs
















Photo: Chartrand Saint-Louis

vendredi 12 août 2011

Thérèse Raquin (Émile Zola)

J’eus récemment le grand plaisir de lire le mémoire de maîtrise rédigé par Haya Adam sur le roman d’Émile Zola, Thérèse Raquin.

Ce mémoire de maîtrise est ma lecture la plus intéressante de l’été. Je l’ai trouvé tout aussi captivant que le roman lui-même, qui relate l’histoire d’un crime sordide avec un dénouement sombre et funeste. Malgré l’horreur qu’inspire le récit, il faut reconnaître à Zola un immense talent, celui d’avoir rendu d’une manière brillante, avec de nombreux détails, l’univers étouffant, cruel et monstrueux des amants meurtriers, de même que leur détraquement nerveux. Ce récit est atemporel, de tout temps, il y eut des crimes de ce genre, mais je me demande toutefois si les amants d’aujourd’hui seraient prisonniers de leur crime, de la même manière, avec une sérieuse descente aux enfers.

Dans son étude psycho-littéraire, Haya Adam ouvre de nombreuses pistes d’analyses. À l’évidence, elle connaît entièrement l’œuvre de Zola et la psychologie est un champ d’études qu’elle maîtrise à fond. La finesse des observations et la très belle écriture en rendent la lecture captivante. Sa bibliographie et ses notes sont riches. Je connais les auteurs qu’elle mentionne, ils sont tous très pertinents et crédibles. Ce travail de maîtrise est remarquable, j’en recommande vivement la lecture.

Ce mémoire de maîtrise est publié intégralement en format PDF sur Le Portail d’Albert et il est libre à la consultation.

Vous n'avez qu'à cliquer sur ce lien pour le consulter: Le cercle infernal: étude psycho-littéraire de Thérèse Raquin d'Émile Zola.

Pour une meilleure compréhension, il semble indispensable de lire le roman de Zola avant d'entreprendre la lecture du mémoire.

lundi 1 août 2011

Pause estivale

Relâche durant les vacances d'été.
Période propice au ressourcement, à la détente et à la lecture.
Chartrand Saint-Louis