lundi 27 juin 2011

Antonin Artaud

« L'Art a pour devoir social de donner issue aux angoisses de son époque. L'artiste qui n'a pas abrité au fond de son coeur le coeur de son époque, l'artiste qui ignore qu'il est un bouc émissaire, que son devoir est d'aimanter, d'attirer, de faire tomber sur ses épaules les colères errantes de l'époque pour la décharger de son mal-être psychologique, celui-là n'est pas un artiste. »
– Antonin Artaud

Antonin Artaud, Un siècle d'écrivains, France3, 2000 (45:57)

Antonin Artaud par MELMOTH

Oeuvres d'Antonin Artaud sur Wikilivres.

vendredi 24 juin 2011

Jonchés au sol
















Photo: Chartrand Saint-Louis

mercredi 22 juin 2011

Mécanismes de régulation du stress

Mécanismes pour remédier aux légères tensions quotidiennes et pour restaurer et préserver l’équilibre psychique, émotionnel et somatique :

  • Relations amicales et sociales : présence physique rassurante, mouvements rythmiques de tapotement et de balancement, voix rassurante;
  • Renforcer l’amour et l’estime de soi par la recherche de l’approbation d’autrui;
  • Rire, pleurer et jurer, soit à ses propres dépens, soit aux dépens d’autrui;
  • Retrait émotionnel dans un sommeil excessif ou inhabituel;
  • Verbaliser son émotion, se confesser ou prier;
  • Intellectualiser son problème;
  • Agir pour changer le cours des événements à l’origine du stress;
  • Activité fantasmatique ou onirique;
  • Décharge somatique : uriner, déféquer fréquemment, trop manger ou manger trop vite, fumer et boire de l’alcool, avoir une activité sexuelle accrue.

Source : Stora, Jean-Benjamin. Le stress. 8e édition mise à jour. Paris : Presses Universitaires de France, 2010, c1991, 127 p. (coll. Que sais-je ?, 2575), p. 62-63

lundi 20 juin 2011

Piège de l'amour

« Le piège de l'amour, c'est qu'il soit motivé et guidé par le vide à combler. »
Chartrand Saint-Louis

vendredi 17 juin 2011

mercredi 15 juin 2011

Art Review

Il est possible de s’abonner à la revue d’art Art Review et de recevoir gratuitement en format PDF le même contenu que la revue vendue en kiosque.

lundi 13 juin 2011

Respect d'autrui

« Le respect envers les autres provient du sentiment qu'on ne gagne rien à les juger ou les critiquer, étant soi-même en gestation, en travail d'édification. »
Chartrand Saint-Louis

vendredi 10 juin 2011

mercredi 8 juin 2011

Danger de progrès

« Il existe déjà 5,8 milliards de téléphones portables pour 6,5 milliards d’habitants dans le monde et, en 2015, il y aura 3,5 milliards de smartphones connectés au symbionet. Il y a « danger de progrès », car nous ne maîtrisons pas actuellement la vitesse d’évolution des technosciences. »
– Joël de Rosnay (citation puisée dans « Demain, le symbionet », Québec Science, mars 2011. Feuilletez ce numéro en ligne.

Joël de Rosnay est l’auteur de nombreux livres dont L'homme symbiotique : Regards sur le 3ème millénaire. Paris : Éditions du Seuil, 1995. L’avant-propos, l’introduction et le chapitre 1 (des molécules, des insectes et des hommes) sont consultables en ligne.

lundi 6 juin 2011

Regarder le noir fait naître la couleur





















« La toile est d'une période "noire", picturalement parlant s'entend. Je disais alors - et je le dis toujours - qu'il y avait des noirs clairs et des noirs sombres (idem des blancs d'ailleurs...). J'avais découvert les "mangeurs de patates" de Van Gogh - petit tableau merveilleux de "socialisme" brut - et les immenses toiles de Soulages. Et toute une "série noire" est sortie de ça. Celle que nous montrons est la 7/11... »
– Texte et image de Jean-Louis MILLET

vendredi 3 juin 2011

mercredi 1 juin 2011

Guy Borremans

Né le 11 juillet 1934 à Dinant (Belgique), l’artiste Guy Borremans (on prononce Bor-re-mance) vit au Québec depuis le début des années 1950 (novembre 1951, plus précisément). Il n’avait que 17 ans lorsque sa famille migra de la Belgique vers le Québec.

Autodidacte, il fut l’un des principaux pionniers de l’art photographique au Québec. « Il a fait de la photographie l’égale des autres procédés artistiques ». Il fut aussi cinéaste et photographe de plateau et/ou directeur de la photographie pour diverses productions cinématographiques.

L’œuvre de Borremans est immense : on dénombre quelque 250 000 clichés et 72 productions cinématographiques.

Son film le plus innovateur est très certainement « La femme image », un moyen métrage d’une quarantaine de minutes écrit, réalisé et dirigé par Guy Borremans entre 1958 et 1960. Ce film raconte « l’histoire d’une lutte entre la raison et l’instinct vital dans ce que ce dernier a de plus fondamental, aux confluences du désir, de l’érotisme, de l’amour. »

Ce film présente de l'intérêt à plus d’un titre. On ne peut ignorer la qualité poétique du texte écrit d'une manière automatique, très influencé par le surréalisme, qui fut composé en une nuit. La bande sonore est aussi d’une grande originalité. Elle est le fruit d’une improvisation jazz de René Thomas (guitare) et de son comparse belge Bobby Jaspars (saxophone). Cette improvisation eut lieu lors du visionnement du montage final du film. On n’est pas sans penser au film de Louis Malle, Ascenseur pour l'échafaud, et à la musique de Miles Davis.

La plus intense période d’expérimentation et de création de Guy Borremans s’échelonna entre 1950 et 1964, période où il entra en contact avec le milieu des artistes montréalais gravitant autour de l’automatisme et de l’art non figuratif (plasticiens). « En effet, l’artiste y a réalisé ses premières expositions particulières, ses premiers films. Son sens esthétique et son expression personnelle s’y sont précisés tout en marquant l’avènement de sa maturité artistique, juste avant son départ pour un exil de quelques années à Paris et à New York. »

Cet exil fut provoqué par la censure et la moralité publique pudibonde de cette époque qui lui reprochait l’audace de ses sujets, entre autres, ses nus féminins installés dans des espaces naturels. Nous faisons aussi référence à sa série d’images « Chère, chair », Montréal, 1960, qui montre le corps nu d’une femme dont les bras semblent attachés à un crochet comme les pièces de viande et les carcasses d’animaux qui l’entourent dans un entrepôt frigorifique.

« Mettant en relation la femme comme expression de la beauté dans des décors arides, il peut ainsi exprimer la déchirure tragique dont il se sent habité. »

Ces contrastes violents formulent « l’idée de l’homme triturant vilement la nature vierge, une blessure que l’on fait à la terre. »

Bien qu’âgé de 77 ans, Guy Borremans demeure un créateur actif. Il a su préserver son audace et son côté rebelle (la photographie qui le montre plus haut en témoigne).

L’avènement de l’image numérique et de la facilité à la modifier ou à la truquer ne sont pas sans l’inquiéter. « Entre de mauvaises mains, elle devient un instrument de pouvoir et de désinformation terrible. Il suffit de jeter un œil à la presse quotidienne, pour en goûter les fruits empoisonnés. Cela, sans parler de sa convergence honteuse, ici-même au Québec, et un peu partout sur le globe. On a l’impression que les luttes sont plus nombreuses, mais vu l’ampleur des problèmes et leur délocalisation, je sens que nous sommes moins efficaces dans nos actions. (...) On s'indigne de tout certes, mais aucune action directe n'est posée. »

L’affaire Aubry c. Éditions Vice-Versa (impliquant le photographe Gilbert Duclos) suscita une intéressante réflexion chez l’artiste :

« Nous sommes devenus une société de gens flous. Une société en bas de la ceinture. Une société sans visage. En censurant Duclos et tous les photographes, qui n’osent plus photographier la rue et ses habitants, le Québec s’est automutilé en se privant de plusieurs années de réalité. Irrémédiablement. Il y aura des pages blanches dans l’histoire du Québec, sinon des pages de flous « artistiques ». Il est bien vrai que le Québec aime la censure. Il est bien vrai que l’esprit qui habitait nos prêtres n’a pas disparu, seules les soutanes sont tombées. »

Pour admirer les photographies de cet artiste, il faut visiter son site Internet : Guy Borremans photographe.

Toutes les informations et citations que l’on trouve dans ce court billet ont été puisées dans l’ouvrage de Sébastien Hudon. Une saison chez Guy Borremans. Montréal : Éditions Varia, 2007, 130 p. (Collection Mémoire vive)

À lire, l'article de Rogiciel, Guy Borremans (1934-2012), Art contemporain, Les entrevues de LaRPV.tv, le 31 décembre 2012