dimanche 30 juin 2019

samedi 29 juin 2019

La noblesse du geste quotidien

« Dans ma hâte, je n'étais pas à ce que je faisais, ici et maintenant, mais à ce que j'allais faire, comme si je voulais me débarrasser au plus vite du présent pour me projeter dans l'avenir. Cette fébrilité spéculative en fait ne m'était même pas propre, elle provenait de l'époque, du milieu. Comme mes contemporains, je vivais au futur.

Le samu, qui apprend à se mettre tout entier dans la tâche qu'on exécute, fût-elle la plus humble, m'avait fait trouver, en m'obligeant à l'accomplir, l'existence du geste juste, qui est à lui-même sa propre, sa seule récompense.

Il suffisait – c'était d'une indécente banalité – de faire attention à ce que l'on faisait, de prendre « son temps », de ne faire à la fois qu'une seule chose.

Alors m'apparut dans toute sa noblesse le geste quotidien, fût-il le plus trivial, et le réel plaisir dont il vous gratifiait, si on l'exécutait de son mieux. Telle était, en somme, pour moi, la leçon la plus précieuse que je recevais du Zen. »

– Jacques Brosse, extrait du livre Satori : Dix ans d'expérience avec un Maître Zen, Paris : Albin Michel, deuxième édition revue et complétée, 1984, p. 50-51

mercredi 26 juin 2019

mardi 11 juin 2019

L'esprit du geste (« zanshin »)

« L'esprit qui demeure, sans s'attacher, l'esprit qui reste vigilant.

On prend soin de l'action et l'on reste attentif à ce qui peut survenir ensuite. Il y a, par exemple, une manière zanshin de fermer une porte, de poser un objet, de prendre un repas ou de conduire une voiture, et même de rester immobile.

On pose les objets avec précaution, on suspend son mouvement une fraction de seconde avant de fermer une porte afin de ne pas la claquer. (...) maintient la concentration de l'énergie, et marque le respect à l'égard des autres.

Il est difficile d'être à ce que l'on fait, il l'est plus encore de rester attentif à ce que l'on peut être appelé à faire instantanément. »

– Taisen Deshimaru, maître zen, extrait du livre Le chant de l'immédiat satori : Shodoka, textes de Yoka Daishi, traduction et commentaires de Taisen Deshimaru avec la collaboration de Malika Legrand et Evelyn de Smedt, Paris : Albin Michel, 1992, p. 214-215

samedi 8 juin 2019

Corneille d'Amérique





Photos : Albert

vendredi 7 juin 2019

Vivre au plus proche de la vérité

« La plupart d'entre nous ont besoin de rêve et de rituels, de magie et de sentiment de puissance. Mais on chemine ainsi à l'opposé de la réalité et de la spontanéité, de la simplicité et de l'humilité qui nous sont nécessaires pour vivre au plus proche de la vérité.

Pourtant, la nature qui nous entoure ici même est une invitation à découvrir un monde tout aussi passionnant que celui des Antipodes, et dont l'approche peut emmener l'audacieux dans un « voyage intérieur » qui ne nécessite pas la prise d'aucune substance extérieure.

Tout nous est donné à chaque instant, là où nous sommes. Il suffit de s'y ouvrir !

Et comment s'y prendre ?

En nous montrant attentifs aux moindres manifestations de la nature, en devenant sensibles à la poésie des oiseaux, des plantes, des montagnes, des forêts, des rivières...

Et observons. Accordons aussi toute notre attention aux autres humains, bien sûr, à chacune de nos actions, de nos paroles, de nos pensées...

Avec l'accroissement de notre conscience, nous allons vite nous rendre compte que le développement matérialiste de l'humanité s'est constamment effectué au détriment de la nature, au point de l'avoir laissée exsangue.

Pour porter remède à la situation actuelle, il nous faut donc impérativement quitter notre statut de consommateurs, soigneusement entretenu par la publicité et par nos mentalités. Cesser de vouloir uniformiser le monde, accepter la nécessité de la diversité naturelle et culturelle. Nous responsabiliser. Agir ! »

– François Couplan, extrait du livre La nature nous sauvera : Réponses préhistoriques aux problèmes d'aujourd'hui, Entretiens avec Patrice Van Eersel, Paris : Albin Michel, 2008, p. 208-209

mardi 4 juin 2019

Quand on vit dans la simplicité librement choisie, on est toujours gagnant (François Couplan)

« Je suis riche des biens dont je sais me passer. »

– Maxime de Marcel Adam, l'oncle végétarien et philosophe de François Couplan, extrait puisé dans son livre : La nature nous sauvera : Réponses préhistoriques aux problèmes d'aujourd'hui, Entretiens avec Patrice Van Eersel, Paris : Albin Michel, 2008, p. 21-22