mardi 27 mars 2018

La peinture soumiye (ou sumi-e)



« La vie dessine son déroulement sur la toile appelée temps; et le temps ne se répète jamais : une fois parti, il est parti pour toujours; il en est de même d’un acte; une fois fait, il n’est jamais défait.

La vie est une peinture soumiye qui doit être exécutée une fois pour toutes, sans hésitation, sans intervention de l’intellect, sans que la moindre correction soit permise ou possible. Elle n’est pas comme une peinture à l’huile qui peut être effacée et repeinte à plusieurs reprises, jusqu’à ce que l’artiste soit satisfait. Dans la peinture soumiye, le moindre coup de pinceau sur lequel on repasse une seconde fois devient une tache. La vie l’a quittée. Toutes les corrections apparaissent quand l’encre est séchée. Il en est de même de la vie. Nous ne pouvons jamais reprendre ce que nous avons engagé dans l’action; que dis-je? Ce qui a passé une fois par la conscience ne peut jamais en être effacé. »

– Daisetz Teitaro Suzuki, Essais sur le bouddhisme zen, séries I, II et III, traduits sous la direction de Jean Herbert, Paris : Albin Michel, 1972, p. 355

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