dimanche 26 février 2017

Le vide n’est pas le néant

« Le vide est visible. Il est une réalité. Le néant n’est rien, comme un zéro associé à un refus de penser. Le vide appelle une présence. »

– Benoît LACROIX, Rumeurs à l’aube, Éditions Fides, 2015, p. 25

dimanche 19 février 2017

La volonté de connaître

« Le simple fait d'étudier un sujet sérieusement et à fond est une violence volontaire contre la tendance foncière de l'esprit qui se dirige inlassablement vers l'apparence et la superficialité.

(...)

C'est cette aspiration à l'apparence, à la simplification, au masque, au manteau, bref à la surface — car toute surface est un manteau — que contrecarre la tendance plus noble à la connaissance, laquelle va et veut aller à la racine et à la complexité des choses. »

– Nietzsche, Par-delà bien et mal : Prélude d'une philosophie de l'avenir, Paris: Gallimard, 1971, p. 169 et 171

vendredi 17 février 2017

Le zen des toilettes

« Dans la vie quotidienne, on mange beaucoup de choses, bonnes ou mauvaises, sophistiquées ou simples, savoureuses ou fades. Ensuite, on doit aller aux toilettes. De même, après avoir rempli notre esprit, nous pratiquons zazen. Sans cela, notre pensée finirait par devenir très malsaine. Il est nécessaire de désencombrer notre esprit avant d'étudier quelque chose. C'est comme quand on dessine sur du papier blanc: si vous n'utilisez pas une feuille vierge, vous ne pourrez dessiner ce que vous voulez. Il est donc nécessaire de revenir à votre état originel dans lequel vous n'avez rien à voir, rien à penser. Alors, vous comprendrez ce que vous faites. »

– Shunryu SUZUKI, Libre de soi, Libre de tout, Paris: Éditions du Seuil, 2011, p. 66

jeudi 9 février 2017

Vous seul créez sans cesse des problèmes

« Vous avez généralement tendance à considérer vos nombreux problèmes comme secondaires et ne voyez donc aucune nécessité à vous employer à les régler. C’est ainsi que de nombreux pays gèrent leurs conflits internationaux : « Il s’agit d’un problème mineur. Tant que nous ne violons pas les traités internationaux, tout se passera bien. Tant que nous n’utilisons pas d’armes atomiques, nous pouvons faire la guerre. ». Mais les petites guerres finissent tôt ou tard par dégénérer. Et même si les problèmes que vous rencontrez dans votre vie quotidienne sont anodins, si vous ne parvenez pas à les résoudre, vous vous heurterez à des problèmes plus graves.
(…) Si vous savez que votre voiture a un problème, arrêtez-vous aussitôt et tâchez de le résoudre. Ce n’est pas ainsi que nous agissons en général. « Ce n’est qu’un problème sans importance. La voiture fonctionne encore. On continue! » Même si nous pouvons continuer à rouler, nous devrions prendre le plus grand soin de notre véhicule. Si vous le poussez à ses limites, les problèmes ne cesseront de se répéter jusqu’à ce qu’il finisse par tomber en panne. Il sera alors peut-être trop tard pour le réparer, sans compter que cela vous demandera beaucoup plus d’énergie.
Les soins quotidiens sont donc très importants. C’est ainsi que vous pourrez écarter vos vues erronées et comprendre vraiment ce que vous faites. »

– Shunryu SUZUKI, Libre de soi, Libre de tout, Paris: Éditions du Seuil, 2011, p. 41-42, 44-45

mardi 7 février 2017

Voir et entendre

« Notre société fonctionne en général d'une façon superficielle et frivole. Le pouvoir suprême appartient à l'argent ou aux discours fracassants. Du coup, nos yeux et nos oreilles ne sont pas assez ouverts ni assez fins pour voir et entendre. »

– Shunryu SUZUKI, Libre de soi, Libre de tout, Paris: Éditions du Seuil, 2011, p. 30

Dans notre société, on se laisse facilement abuser par le pouvoir et l’argent, ce qui explique pourquoi il est si difficile de grandir et de chasser notre petit esprit puéril et mesquin qui se hâte trop souvent de juger et de condamner au lieu de chercher à comprendre et à apprécier les autres.
Pour S. Suzuki, l'ouverture aux autres ne peut procéder que d'une démarche honnête envers soi-même. Lorsqu'on se voit tel qu'on est, sans chercher à ressembler à un autre, l'on devient inévitablement plus réceptif envers les autres, plus perceptif à l’égard de qu’ils ressentent. Voir et entendre, voici ce qui importe le plus. Même sans trop parler, l’on peut communiquer entre nous.

jeudi 2 février 2017

Le respect de soi

« Le respect de soi n'est pas quelque chose qu'on peut avoir consciemment. Lorsqu'on se dit « j'ai du respect pour moi-même », ce n'est plus du respect de soi. Quand vous êtes simplement vous-même, sans penser ou essayer de dire quoi que ce soit de spécial, en vous contentant de dire ce que vous avez en tête et ce que vous ressentez, alors le respect de soi est naturellement là. (...) Lorsque vous faites quelque chose sans avoir le sentiment d'avoir fait quoi que ce soit, alors c'est vous, c'est vous-même. Vous êtes totalement avec les autres et vous vous oubliez complètement. C'est cela le respect de soi. »

– Shunryu SUZUKI, La source brille dans la lumière : Enseignements sur le Sandokai, Édition originale établie par Med Weitsman et Michael Wanger, traduit de l'américain par Luc Boussard, Éditions Sully, 2001, p. 39-40