dimanche 31 janvier 2016

Nessun dorma de Turandot (Puccini)



Le ténor Jonas Kaufmann livre une formidable interprétation de l'air célèbre
Nessun dorma (Que personne ne dorme) tiré de l'opéra Turandot de Puccini
(début du troisième acte, personnage de Calaf).

samedi 30 janvier 2016

Tous les hommes sont frères (Mahatma Gandhi)

« La véritable « non-violence » devrait signifier que l’homme se trouve totalement libéré de son mauvais vouloir, de la colère et de la haine, afin de laisser place à un amour débordant pour tous les êtres. »

« Je ne crois pas à la conversion d’une personne par une autre. Je dois m’efforcer de ne jamais saper la foi de mon prochain ; il faut au contraire lui permettre de mieux approfondir la sienne. Cette attitude suppose que l’on croie à la vérité de toutes les religions et que l’on a du respect pour elles. Pour cela, il est nécessaire d’être vraiment humble et d’admettre le fait que toutes les religions bénéficient de la lumière divine mais à travers l’écran de notre condition charnelle, ce qui rend compte de leurs insuffisances plus ou moins grandes. »

« On ne peut pas être vraiment non-violent et rester passif devant les injustices sociales. »

« Si nous voulons devenir non-violents, nous devons souhaiter n’avoir rien de plus sur terre que les plus petits de ce monde. »

« La non-violence suppose avant tout qu’on est capable de se battre. Mais en même temps, il faut consciemment et délibérément réprimer tout désir de vengeance. »

« La non-violence et la lâcheté s’excluent. »

« On ne peut pas enseigner la non-violence à celui qui craint de mourir et n’a pas l’énergie de résister. »

« La clémence est autrement plus noble que le châtiment. Le pardon est la parure du guerrier. Mais l’absence de violence ne signifie clémence que s’il y a possibilité de punir. (...) La vraie force n’est pas d’origine physique. Elle vient d’une volonté indomptable. »

« Pour être efficace, la non-violence suppose une volonté bien arrêtée d’accepter la souffrance. Il ne s’agit nullement d’une soumission servile à la volonté du tyran mais de s’opposer de toute son âme à ses méfaits. »

« La civilisation, au vrai sens du terme, ne consiste pas à multiplier les besoins, mais à les limiter volontairement. C’est le seul moyen pour connaître le vrai bonheur et nous rendre plus disponible aux autres. »

« L’expérience m’a (...) montré que le silence fait partie de la discipline que doit s’imposer celui qui a fait vœu de servir la vérité. L’homme est naturellement porté à exagérer les faits, à les dénaturer ou à les escamoter, même à son insu. Le silence est nécessaire pour surmonter ces faiblesses. Les propos d’un homme avare en paroles sont rarement dénués de sens. Chaque mot, dans ce cas, porte. »

« On n’est pas forcément silencieux parce qu’on reste bouche cousue. On peut nous avoir coupé la langue sans que pour autant nous connaissions le vrai silence. L’homme silencieux est celui qui, ayant la possibilité de parler, ne dit jamais un mot de trop. »

« On devient fort en préservant ou en sublimant l’énergie qui a créé la vie. Nous gaspillons continuellement et même inconsciemment cette énergie en nourrissant des pensées confuses et indésirables. »

« Si la pensée n’est pas contrôlée, le reste va à la dérive. (...) Tout n’est plus qu’un jeu d’enfant dès lors qu’on tient les rênes de sa pensée. »

« Pour renforcer l’armure, jeûner est aussi nécessaire que se priver de certains aliments. Les sens sont si tyranniques qu’on ne peut parfaitement les contrôler que si, de tous côtés, on les entoure de clôtures. »

« L’homme est un être social. S’il n’entretient aucune relation avec la société, il ne peut ni prendre conscience de son unité avec l’univers ni se dépouiller de son égoïsme. C’est son interdépendance sociale qui lui permet d’éprouver sa foi et de se mesurer lui-même à cette pièce de touche qu’est la réalité. »

« La vie ne dispense tous ses dons que le jour où l’on s’initie à l’art de vivre noblement. »

« Notre récompense se trouve dans l’effort et non dans le résultat. »

« (...) Le sage, lui, ne retient de toutes choses que ce qu’il y a de bon et en rejette ce qui est mauvais. »

– Extraits puisés dans le livre du Mahatma GANDHI, Tous les hommes sont frères : vie et pensées du Mahatma Gandhi d’après ses oeuvres, textes choisis par Krishna Kripalani ; traduction par Guy Vogelweith ; préface d’Olivier Lacombe ; introduction de Sarvepalli Radhakrishnan, Paris : Gallimard, 1979, c1969, 313 p.

mardi 26 janvier 2016

Le nouvel ordre qui découle de la corruption

« [d]u principe de démocratie désormais corrompu découle un nouveau régime qui répond au nom de « gouvernance ». L'université corrompue débouche sur des institutions marchandes d'expertise. L'économie corrompue donne lieu à l'oligarchie financière. Les institutions de justice corrompues ouvrent sur des instances privées et dispendieuses de règlement des différends. »

Alain DENEAULT, Médiocratie, Lux Éditeur, 2015, p. 198

samedi 23 janvier 2016

La théorie du ruissellement économique

« La théorie du ruissellement économique, un conte pour enfants voulant que l'enrichissement des plus riches rejaillisse inévitablement sur l'ensemble de la communauté, a beau être combattue de toute part, des experts et universitaires continuent de la professer de manière tapageuse, faisant de cette prémisse l'objet d'une foi. Si des météorologues prédisaient de la pluie aussi souvent que les économistes nous annoncent cet imaginaire ruissellement mondial des richesses, on aurait tôt fait de s'en détourner. Cette stupidité nous occupe le cerveau au point que l'on voit encore les riches comme ceux qui créent une richesse dont on attraperait une menue part à notre compte, plutôt que de les considérer comme ceux qui la ponctionnent à notre détriment. »

Alain DENEAULT, Médiocratie, Lux Éditeur, 2015, p. 87

« Quand 1 % des plus nantis sont sur le point de disposer de la majorité des richesses mondiales, que 80 % des écosystèmes sont menacés, nous n’avons pas le luxe de rester médiocres. Le bien commun, la chose commune sont exclus du discours médiocre. On ne peut réduire nos vies à ce genre de petites combines. Notre époque mérite mieux. »

– Commentaire d'Alain DENEAULT, extrait de l'article d'Isabelle Paré, « Ces «médiocres» qui mènent le monde », Le Devoir, 13 octobre 2015.

samedi 16 janvier 2016

Professeur Norman Cornett

La première scène donne le ton de ce film Professeur Norman Cornett d'Alanis Obomsawin (ONF, 2009). Elle démarre par la chanson "Another Brick in the Wall" du groupe Pink Floyd. Des témoignages et extraits de sessions de classe composent le reste de la trame narrative. Ce film s'articule autour du choc causé par le congédiement du professeur Cornett par l'Université McGill. La désolation est palpable chez ses anciens étudiants. Des invités de ses sessions de classe ne s'expliquent pas ce qui a pu motiver cette décision de le congédier. Les personnes interrogées émettent des hypothèses : "il n'était pas compétitif", "il ne publiait pas", "sa méthode d'enseignement n'était pas conventionnelle". À l'écoute de ce film, l'on constate que son approche d'enseignement basé sur le dialogue avait le grand mérite d'éveiller les consciences et d'apprendre à réfléchir par soi-même. Elle faisait naître des libres penseurs. Il me semble qu'il aurait mieux valu de lui dire : "merci, monsieur le professeur".

Qu'est devenu ce professeur ? Il poursuit son enseignement sur son blogue Have You Experienced? – The Website of Professor Norman Cornett's Dialogic Sessions.

vendredi 15 janvier 2016

Christophe Pratiffi

Christophe Pratiffi est un guitariste classique qui transcende d’une manière exceptionnelle la technique de son instrument pour donner vie à une musique
d’un grand raffinement.

Visionner cette vidéo et ces autres vidéos en ligne pour le plaisir d'écouter
de la très belle musique.

mercredi 13 janvier 2016

Le scepticisme pyrrhonien

Chez le sceptique pyrrhonien, la « suspension du jugement » est le terme de la recherche. Le sceptique, après avoir suspendu son jugement, a-t-il encore le souci de poursuivre la recherche et l’examen ? S’il suspend son jugement, peut-il décider sur les choses ? Comment l’échec de la raison peut-il être valorisé ?

À y regarder de près, il semble évident que la « suspension du jugement », cet état d’incertitude et d’incapacité, est un constat d’échec et recouvre un aspect négatif. Mais elle peut revêtir un tout autre visage. Il n’est qu’à souligner, sur ce point, ce que des penseurs des siècles ultérieurs (Montaigne, Pascal et Hume) ont dit à ce propos.

Pour Montaigne (1533-1592), cette « perpétuelle confession d’ignorance », ce « jugement sans pente ni inclinaison » ouvre des chemins qui mènent à la foi. La suspension du jugement est aussi valorisée parce qu’elle est la condition de possibilité d’une vie tranquille et bienheureuse, exempte des agitations que nous recevons par l’impression de l’opinion et de la science que nous pensons avoir des choses.

Pour Pascal (1623-1663), ce qui fait la grandeur de l’homme, c’est justement la reconnaissance de sa misère. « La grandeur de l’homme est grande en ce qu’il se connaît misérable. Un arbre ne se connaît pas misérable. C’est donc être misérable que de se connaître misérable, mais c’est être grand que de connaître qu’on est misérable ».

Le scepticisme pyrrhonien (que l’on désigne également par « pyrrhonisme »), dans l’expression de sa reconnaissance de la faiblesse humaine, apparaît pour Pascal un remède à la vanité des hommes (vanité qui les rend bêtes).

David Hume (1711-1776), dans son enquête sur l’entendement humain, concède qu’il y a parfois égale force des contraires en ce qui se rapporte aux faits. « Le contraire d’un fait quelconque est toujours possible car il n’implique pas contradiction et l’esprit le conçoit aussi facilement et aussi distinctement que s’il concordait pleinement avec la réalité ». Comme Pascal, le scepticisme lui semble conduire au discernement de l’aveuglement et de la faiblesse humaine. Même la plus parfaite philosophie morale ou métaphysique « sert seulement à découvrir que notre ignorance s’étend à des domaines plus vastes ». Il y a chez lui une valorisation de la « suspension du jugement » en vue de prévenir les hommes contre l’arrogance impardonnable des dogmatismes et du danger des déterminations hâtives. « Le meilleur expédient pour prévenir cette confusion est de rester modeste dans nos prétentions, et même de découvrir nous-mêmes la difficulté avant qu’on nous l’objecte. De cette manière, nous pouvons nous faire une sorte de mérite de notre ignorance même ». « Nous aurons du moins, par ce moyen, le sentiment de notre ignorance si nous n’augmentons pas notre connaissance ».

L’essence du scepticisme pyrrhonien s’exprime dans son relativisme. Les choses apparaissent relatives à quelque chose, soit relatives à celui qui juge (le sujet), soit relatives à ce qui accompagne l’observation de la chose (distance, lieu, situation). Le défaut des sens rend difficile, sinon impossible, d’accéder aux choses dans toute leur simplicité. Il entraîne une imperfection de l’entendement humain « puisque les sens qui sont ses guides, se trompent ». Et même si nous pouvons percevoir la chose telle qu’elle se présente, nous n’accéderons finalement qu’aux « mélanges extérieurs propres à l’objet ». La fréquence et la rareté de l’apparition font voir la relativité de nos représentations. Le soleil peut apparaître plus effrayant qu’une comète mais, par sa fréquence, nous n’en ressentons aucune crainte, ce qui est l’inverse dans le second cas (l’apparition d’une comète).

Pour le sceptique pyrrhonien, toutes les représentations sont relatives, la négation du relatif est elle-même affirmation du relatif et l’absolu mène au relatif (en ce sens qu’il est lui-même relatif à quelque chose).

« Tout est relatif à quelque chose, par exemple à celui qui juge : chaque chose apparaît relative à cet animal, à cet homme, à ce sens selon telle circonstance, et à ce qui accompagne l’observation de la chose : chaque chose apparaît avec le mélange, de cette manière, dans cette composition, sous cette quantité, avec cette position ». [2]

Ce relativisme exprime le « subjectivisme relatif » du scepticisme pyrrhonien. « C’est au sujet que telle apparence déterminée est relative » [3]. Ce subjectivisme se couple d’un certain réalisme, puisqu’il y a reconnaissance de la relation des choses entre elles ou des objets entre eux. En fait, le réel « réside dans la relation ». [1]

L’orientation sceptique consiste à ne s’attacher qu’aux apparences, à cette « fluidité des phénomènes » qui provient du fait que nous n’avons des choses que des impressions relatives. Mais il convient d’ajouter que le phénomène n’est pas qu’une représentation relative aux sens et au sujet connaissant. Il est plus que cela. Il est une réalité physique, matérielle, qui se maintient dans la sphère du relatif. [1]

Le sceptique pyrrhonien soutient que nous ne pouvons nous prononcer sur la nature « indivisible » des choses car nous ignorons les principes derniers, les pouvoirs cachés de la nature qui les sous-tendent. Comme le mentionne Hume, « qui affirmera qu’il peut donner la raison dernière pour laquelle le lait ou le pain conviennent à l’homme comme nourriture et non à un lion ou à un tigre ».

Dans ce contexte de relativisme et de « phénoménisme », il s’avère inconséquent de prétendre détenir la vérité sur la nature « essentielle » des choses.

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Pyrrhon d’Élis (360-270 av. J.-C.) est le créateur du scepticisme pyrrhonien (pyrrhonisme). Agnostique présumé, « il s’abstenait de donner son opinion sur tout sujet. Il niait qu’une chose fût bonne ou mauvaise, vraie ou fausse en soi. Il doutait de l’existence de toute chose, disait que nos actions étaient dictées par les habitudes et les conventions et n’admettait pas qu’une chose soit, en elle-même, plutôt ceci que cela ».

Les académiciens sceptiques admettent des conclusions sensiblement similaires à celles des sceptiques pyrrhoniens. L’argument fondamental des académiciens sceptiques est exprimé en ces termes par Cicéron (106-43 av. J.-C.) : « Je pense, en effet, que rien ne peut être perçu ». Cet argument trouve un échos dans le principe d’Épicure (341-270 av. J.-C.) : « Si une seule représentation sensible est fausse, rien ne peut être perçu. » Si les académiciens sceptiques n’admettent aucun critère de certitude, ils favorisent cependant un certain probabilisme à l’égard des choses : « cette théorie du probable, théorie commode, dégagée et libre, qui ne s’embarrasse pas de difficultés ». En proclamant la théorie du probable, les académiciens sceptiques marquent le point crucial de rupture avec le pyrrhonisme. Ce terme de « rupture » n’indique toutefois pas un lien de filiation entre ces deux types de scepticisme mais plutôt un désaccord à l’égard de cette problématique.

– Texte de Chartrand Saint-Louis

Références:

Cicéron, Premiers académiques, II; trad. Émile Bréhier. Paris : Gallimard, 1962 (coll. La Pléiade)

[1] Dumont, J.P., Le scepticisme et le phénomène, Paris : Librairie J. Vrin, 1972, 239 p.

[2] Empiricus, Sextus, Les esquisses pyrrhoniennes ou hypotyposes; trad. par Geneviève Goron. Livre premier. Paris : Aubien-Montaigne, pp. 157-211.

[3] Festugière, André-Jean, Épicure et ses Dieux, Paris : Presses universitaires de France, 1985, c1946, 132 p.

Hume, David, Enquête sur l’entendement humain, Paris : Flammarion, 1993, c1983, 252 p.

Montaigne, Michel de, Apologie de Raimond Sebond, Paris : Gallimard, 1967, 372 p.

Pascal, Blaise, Pensées, Paris : Le Livre de poche, 2000

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Passage cité dans un document diffusé sur le site Academia.edu:

"Ces dernières affirmations nous font penser à un certain athéisme sceptique – ou bien plutôt au scepticisme pyrrhonien tout court, cet apanage fondamental de la modernité qui suppose relativisme, phénoménisme, reconnaissance du doute comme réalité insurmontable, qui, n’allant pas jusqu’au nihilisme, se maintient comme principe constructif de toute quête intellectuelle et de toute action; le doute pyrrhonien relativise non pas nécessairement l’absolu lui-même, mais plutôt la possibilité de sa possession. D’où, comme le dit Chartrand Saint-Louis dans un article électronique, « il s’avère inconséquent de prétendre détenir la vérité sur la nature « essentielle » des choses ».
– Hărșan, Ramona, André Gide : La Morale de l’Immoraliste, Academia, p. 102

lundi 11 janvier 2016

Les dix entraves d'après la pensée bouddhiste

Dans la pensée bouddhiste, les « dix entraves » sont :

- l’illusion de l’ego ;
- le scepticisme ;
- la croyance en la magie pour résoudre les problèmes de la vie ;
- l’illusion des sens ;
- la malveillance ;
- le désir pour les êtres incarnés ;
- le désir pour les êtres désincarnés ;
- l’arrogance ;
- l’impatience ;
- l’ignorance de la vraie nature de la réalité.

vendredi 8 janvier 2016

Moi, Asimov (Isaac Asimov)

Au fil de l’expérience

« Dans la vie, les éléments les plus importants sont ceux qui se constituent progressivement, au fil de l’expérience ; heureux ceux qui les intègrent plus vite et plus facilement que moi. »

Complaisance et apitoiement sur soi

« Chacun a droit à une dose limitée de complaisance. Plus tu en ressentiras pour toi-même, moins les autres gens en auront à ton égard. Si tu t’apitoies beaucoup sur ta petite personne, il n’y aura pas un seul être humain pour te prendre en pitié. En revanche, si tu affrontes courageusement tes problèmes, tu recevras toute la compassion, toute l’aide dont tu auras besoin. »

Façonnement par la vie

« Tous nos actes, c’est évident, résultent de modifications intervenues dans l’environnement, donc de facteurs dont il est rare qu’on ait la maîtrise. Si, de gamins odieux, je suis devenu un patriarche universellement aimé, ce n’est pas parce que j’en ai pris la décision, mais parce que j’ai été façonné par la vie de manière plus ou moins inconsciente. Je me félicite de ce qu’elle m’ait façonné dans le bon sens. Mais je n’y suis pour rien. »

Mise en garde sur l’anéantissement de la planète

« L’auteur de science-fiction Ben Bova prétend que nous autres auteurs sommes des éclaireurs dépêchés par l’humanité pour explorer l’avenir. Nous en revenons porteurs de recommandations touchant au progrès de la civilisation et de mises en garde sur l’anéantissement de la planète. Il est vrai qu’à une époque comme la nôtre où les êtres humains oeuvrent complaisamment à leur propre destruction, il est impératif que les sommations soient inlassablement répétées. »

Planète en danger

« L’humanité nuit à la planète et à son équilibre écologique depuis qu’elle a appris à tailler la pierre pour fabriquer des armes, et à s’organiser en bandes pour traquer les grands herbivores. Je suis persuadée que les bandes de chasseurs sont responsables de la disparition des mammouths et autres mammifères géants qui écumaient la surface de la Terre il y a vingt mille ans. Puis, il y a dix mille ans, les humains ont acquis un savoir-faire suffisant pour se lancer dans l’agriculture et l’élevage, et ce fut le début d’un long processus de destruction de l’environnement par excès de pâturage et de mise en culture. Pourtant, ils ont eu beau se rendre coupables des guerres et des pillages les plus insensés, ils n’ont véritablement mis la planète en danger qu’en 1945, année de la première bombe atomique. Alimentée par un pétrole encore bon marché, la révolution industrielle en marche est alors passée à la vitesse supérieure. Actuellement, nous sommes tout à fait en mesure d’abîmer notre monde, irrémédiablement et à court terme ; pour tout dire, le processus est déjà enclenché. »

Problèmes écologiques majeurs

« Nous sommes actuellement confrontés à des problèmes écologiques majeurs qui font planer sur la civilisation une menace d’anéantissement imminent et peuvent signer l’arrêt de mort de la Terre en tant que monde habitable. L’humanité n’a pas les moyens de gaspiller ainsi ses ressources financières et affectives dans d’interminables chamailleries dépourvues de sens. Nous devons acquérir une vision planétaire, nous unir sans exception pour résoudre les véritables problèmes, communs à tous les habitants de la Terre. Est-ce faisable ? Se poser la question, c’est comme se demander : « L’humanité peut-elle survivre ? » »

Rationalisme et surnaturel

« J’ai une vision de la vie qui m’est propre et où le surnaturel n’a pas sa place, sous quelque forme que ce soit ; et cette vision me satisfait pleinement. En bref, je suis un rationaliste, et je ne crois qu’en ce que la raison me présente comme rationnel. Et croyez-moi, ce n’est pas facile. Nous sommes environnés par la croyance dans un monde où les diverses formes de surnaturel sont acceptées avec une facilité déconcertante, cernés par les foudres des autorités constituées qui tentent à toute force de nous faire croire en son existence, à tel point que les convictions les mieux établies se laissent parfois ébranler. »

Subdivision en groupuscules

« Je refuse de me considérer comme dépassant la définition simple mais précise d’«être humain», et il me semble que si nous voulons éviter l’anéantissement de la civilisation, voire de l’espèce humaine toute entière, notre problème le plus délicat - outre la surpopulation - reste cette diabolique habitude que nous avons de nous subdiviser en groupuscules autosatisfaits et enclins à se stigmatiser les uns les autres. (...) Le raisonnement qui attribue à tel ou tel groupe artificiellement défini le mérite de tel ou tel haut fait réel ou imaginaire peut aussi servir à justifier l’asservissement et l’humiliation des individus, par les méfaits réels ou fantasmés du même groupe. »

– Extraits puisés dans le livre d'Isaac ASIMOV, Moi, Asimov : essai autobiographique, traduit de l’américain par Hélène Collon, Paris : Éditions Denoël, 1996, 609 p.

mardi 5 janvier 2016

Lever du soleil sur les plaines



Photo : Chartrand Saint-Louis

Enseignements de Lanza Del Vasto sur le yoga

Le secret du yoga tient en deux pratiques : le contrôle du souffle et la méditation.

« La respiration est de toutes les fonctions du corps la seule qui soit volontaire ou involontaire à volonté. Il s’agit de la rendre volontaire et de s’en emparer. C’est par là qu’on a prise, de fil en fil, sur les autres fonctions. Et qui dit volonté dit connaissance. Pour qui veut connaître son corps du dedans c’est la corde du puits. Or, notre corps est le résumé de toute la création, le seul objet que nous puissions connaître en même temps du dedans que de dehors. Le connaissant, on connaît tout le reste. Le contrôle du souffle est donc la pierre philosophale et le principe des transformations. »

« Tout ce qu’on nous enseigne c’est à tirer l’air par la narine droite et à le lâcher par la gauche en nous bouchant le nez alternativement du pouce et de l’annulaire ; ce qui ne présente aucune difficulté et aucun intérêt ... »

Quant à l’autre pratique, la méditation, elle ne consiste pas à se fixer. Ce n’est pas non plus de réfléchir sur un sujet, ni de s’appliquer à l’approfondir. Pour atteindre la méditation, il convient d’abandonner l’habitude de penser.

« (...) la fin de la méditation c’est la connaissance de l’un, de l’un intérieur, du soi. La pensée ne peut donc pas s’introduire là. C’est un mystère que la nature même de la pensée, non son défaut, l’empêche de percer. Il faut que la pensée se renonce pour concevoir l’un. »

« Méditer c’est entrer dans la vérité sans la découvrir, sans la voir du dehors, sans l’ouvrir en paroles. »

« Ainsi donc loin d’écarter toute image, efforcez-vous d’en dresser une et de lui donner toute puissance en vous. Prenez-la telle que vous puissiez vous y fixer tout entier. »

« J’emplis maintenant sans étouffement « la plus petite mesure ». Je l’ai fait constater ce matin à mon ami. Il s’en réjouit et m’en loua : « Vous n’êtes plus un novice, vous êtes un sâdhœk désormais. La mesure est petite, mais c’est déjà celle d’un yoguî. Il m’intime l’ordre de ne pas essayer de me pousser au-delà mais de m’y tenir pendant plusieurs mois. « Si vous vous forcez trop, un accident est à craindre. » »

« Le grand danger du yôg c’est qu’il fait grandir l’homme. Or le grand peut tomber aussi bien que le petit, mais il tombe de plus haut. Quand un arbre grandit et verdoie dans le ciel, c’est qu’alors sa racine grandit noire sous la terre. L’homme de bien est celui qui tient son mal derrière lui et sous ses pieds. Le juste est celui qui maintient chaque chose à sa place. Les choses d’en bas lui servent de ressource et de base. Mais la soumission des choses d’en bas n’empêche pas leur existence. Le refoulement les irrite au contraire et la pression les doue de puissance explosive. (...) L’homme sublime sans profondeur n’est pas un saint, n’est pas un sage, ni même un homme. Il n’a pas de racine et n’a pas de substance. Oh ! oh ! la sage image et le pieux mensonge. L’émasculé ne peut rien espérer du yôg, non plus que l’homme dissolu. Les racines de l’un sont coupées, celles de l’autre ont pourri. »

« Le fait est que je ne pouvais plus dans la méditation garder l’œil fixe et sec, ni le cœur pur de tout souvenir et de mélancolie. »

« Pratiquer le yôg c’est apprendre à vivre et à mourir comme on apprend à jouer d’un instrument. La part de patience, d’habileté technique, de convention et d’artifice et la part d’inspiration y sont les mêmes. L’instrument c’est le corps vivant, le corps intérieur inconnaissable à ceux qui l’observent du dehors comme à ceux qui le tuent pour l’ouvrir et pour en disséquer le résidu visible. Les cordes en sont les conduits du souffle vital et du fluide magnétique. Les doigts qui font sonner les notes sont les touches de l’attention réfléchie. Liberté résulte de maîtrise et lui revient. La mélodie enfin c’est la joie de celui qui joue et de ceux qui ont des oreilles pour l’entendre. Celui qui sait jouer cette musique-là n’a pas seulement la joie, il devient la joie. »

– Extraits puisés dans le livre de Lanza DEL VASTO, Le pèlerinage aux sources, Paris: Éditions Denoël, 1943, 407 p.

samedi 2 janvier 2016

Conseils pour décrocher du milieu du travail

Se laisser des messages;

Apprendre à dire non
(un dossier de plus quand on est submergé ? Une promotion au moment où on veut prendre davantage de temps pour soi ou pour sa famille ? Les refuser ! Surtout, ne pas se sentir coupable !);

Renouer avec son corps
(un massage, une séance dans un spa ou toute autre activité qui chasse les tensions, apaise l’esprit en ébullition et procure un bien-être général);

Apprendre à déléguer;

Lire pour le plaisir;

Décider de l’heure à laquelle on quittera le bureau (dès le matin);

Faire du bénévolat;

Faire silence
(éteindre cellulaire, radio ou téléviseur, après une certaine heure);

Dresser une liste des choses à faire pour le lendemain;

Adopter un animal de compagnie;

Rentrer à pied à la maison
(si on habite trop loin pour marcher jusqu’à la maison, descendre une ou deux stations de métro plus tôt ou stationner l’auto plus loin du bureau);

Fuir les 5 à 7 du bureau
(décrocher, c’est aussi tirer un trait sur les conversations qui ne tournent qu’autour du boulot);

S’autocensurer
(faire un pacte avec nos amis ou nos collègues : on ne parle pas du boulot, à moins d’un événement majeur);

Élaborer des projets personnels
(préparer un voyage, planifier une activité ou jardiner);

Ne rien faire
(s’allonger et se permettre de rêver, laisser vagabonder sa tête);

Consacrer du temps à ses amis
(pour flâner ou se redécouvrir);

Organiser ses weekends
(un brunch entre amis, une matinée au concert ou une sortie au cinéma);

Prendre le temps de décompresser
(prendre le temps qu’il faut après, passer à autre chose);

Suivre des cours
(danse, tricot ou yoga, ... pour s’obliger de quitter le bureau et se ressourcer);

S’accorder une marge d’erreur
(s’accorder le droit à l’erreur et aux petits oublis enlève de la pression);

Entreprendre une thérapie
(pour mieux réfléchir à son mode de vie et à l’importance que l’on accorde au travail. Il sera possible après de prendre des décisions éclairées).

- Conseils tirés de divers articles de revues