dimanche 7 septembre 2014

L’invariable milieu selon Confucius

« La perfection est la loi du ciel, et la perfection est la loi de l’homme.

Le commandement du ciel s’appelle la nature raisonnable ; si nous nous y conformons et réglons nos actions selon les exigences de cette nature raisonnable, nous sommes sur la bonne voie.

Ce qui est conféré par le ciel est appelé la nature ; l’accord avec cette nature est appelé le chemin du devoir ; le règlement de ce chemin est appelé l’instruction. Ce chemin ne doit pas être quitté un seul instant. S’il pouvait être quitté ce ne serait pas le chemin de la voie droite.

L’homme supérieur ne doit pas attendre de voir les choses pour être prudent, ni de les entendre pour être craintif ... Il n’y a rien de plus visible que ce qui est secret, et rien de plus manifeste que ce qui est petit. C’est pourquoi l’homme supérieur se surveille lui-même quand il est seul.

Tant qu’il n’a pas été agité par le plaisir, la colère, la tristesse ou la joie, l’esprit se trouve en état d’équilibre. Mais lorsque ces sentiments ont été éveillés et agissent comme ils se doivent, ils engendrent ce qu’on peut appeler l’état d’harmonie. L’équilibre est la racine dont sortent toutes les actions humaines dans le monde et l’harmonie est le chemin universel qu’elles doivent suivre.

Je sais pourquoi la voie du milieu n’est pas suivie : les hommes instruits la dépassent et les ignorants ne l’atteignent pas. Je sais pourquoi la voie du milieu n’est pas comprise : les hommes vertueux vont au-delà, et ceux qui sont sans valeur ne l’atteignent pas.

(...)

Lorsque nous avons l’intelligence qui résulte de la sincérité, cette condition doit être attribuée à la nature ; lorsque nous avons la sincérité qui résulte de l’intelligence, cette condition doit être attribuée à l’instruction.

(...)

L’homme sage agi avant de parler et parle ensuite selon qu’il a agi.

Étudier sans penser est un travail perdu ; penser sans étudier est dangereux.

Se dominer soi-même et observer les convenances est la vertu parfaite.

(...)

Le sage donne une attention spéciale à neuf choses. Il s’applique à bien voir ce qu’il regarde, à bien entendre ce qu’il écoute ; il a soin d’avoir l’air affable, d’avoir une tenue irréprochable, d’être sincère dans ses paroles, d’être diligent dans ses actions ; dans ses doutes, il a soin d’interroger ; lorsqu’il est mécontent, il pense aux suites de la colère ; en face d’un bien à obtenir, il consulte la justice.

(...)

Ce que je ne veux pas que les autres me fassent, je ne veux pas le faire aux autres.

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Ne manquez pas d’égards envers les jeunes car d’eux peuvent sortir les sages des générations futures.

Celui qui arrive à l’âge de quarante ans et reste méchant est incorrigible. »

- Denis HUISMAN et Marie-Agnès MALFRAY, Les plus grands textes de la philosophie orientale ; préface de Alain Peyrefitte. Paris : Albin Michel, 1992, 469 p.