dimanche 30 mars 2014

Sonate de Vinteuil



Au sujet de la petite phrase de la sonate de Vinteuil qui reparaît à la fin du dernier mouvement, après tout un long morceau :

« D'abord le piano solitaire se plaignit, comme un oiseau abandonné de sa compagne; le violon l'entendit, lui répondit comme d'un arbre voisin. C'était comme au commencement du monde, comme s'il n'y avait encore eu qu'eux deux sur la terre, ou plutôt dans ce monde fermé à tout le reste, construit par la logique d'un créateur et où ils ne seraient jamais que tous les deux: cette sonate. Est-ce un oiseau, est-ce l'âme incomplète encore de la petite phrase, est-ce une fée, cet être invisible et gémissant dont le piano ensuite redisait tendrement la plainte ? Ses cris étaient si soudains que le violoniste devait se précipiter sur son archet pour les recueillir. Merveilleux oiseau ! le violoniste semblait vouloir le charmer, l'apprivoiser, le capter. Déjà il avait passé dans son âme, déjà la petite phrase évoquée agitait comme celui d'un médium le corps vraiment possédé du violoniste. (...)

Elle reparut, mais cette fois pour se suspendre dans l'air et se jouer un instant seulement, comme immobile, et pour expirer après. Aussi Swann ne perdait-il rien du temps si court où elle se prorogeait. Elle était encore là comme une bulle irisée qui se soutient. Tel un arc-en-ciel, dont l'éclat faiblit, s'abaisse, puis se révèle et avant de s'éteindre, s'exalte un moment comme il n'avait pas encore fait : aux deux couleurs qu'elle avait jusque-là laissé paraître, elle ajouta d'autres cordes diaprées, toutes celles du prisme, et les fit chanter. »

- Marcel PROUST, À la recherche du temps perdu, Du côté de chez Swann, Un amour de Swann, Paris : Gallimard, 1999, p. 282-283 (coll. «Quarto»)

vendredi 21 mars 2014

Changements climatiques et signes vitaux de la planète

Site de la NASA sur les changements climatiques et les signes vitaux de la planète. Ce site contient de nombreuses données sur le réchauffement climatique et ses incidences sur les composantes de l'écosphère : l'atmosphère, les océans, les glaces et la surface terrestre.

lundi 17 mars 2014

Pourquoi me réveiller, ô souffle du printemps (Jonas Kaufmann)

Air célèbre de l'opéra Werther de Jules Massenet (Acte III, souvenir des poèmes d'Ossian) qui met magnifiquement en valeur la puissante voix de Jonas Kaufmann, lequel interprète avec brio ce personnage du jeune poète passionné et ténébreux.
Metropolitan Opera (2014) avec Richard Eyre (mise en scène), Alain Altinoglu (direction) et Sophie Koch (Charlotte).

mercredi 12 mars 2014

L'édifice immense du souvenir

« Mais, quand d'un passé ancien rien ne subsiste, après la mort des êtres, après la destruction des choses, seules, plus frêles mais plus vivaces, plus immatérielles, plus persistantes, plus fidèles, l'odeur et la saveur restent encore longtemps, comme des âmes, à se rappeler, à attendre, à espérer, sur la ruine de tout le reste, à porter sans fléchir, sur leur gouttelette presque impalpable, l'édifice immense du souvenir. »
- Marcel PROUST, À la recherche du temps perdu, Du côté de chez Swann, Combray, I, Paris : Gallimard, 1999, p. 46 (coll. «Quarto»)

dimanche 9 mars 2014

Notre passé

« C'est peine perdue que nous cherchions à l'évoquer, tous les efforts de notre intelligence sont inutiles. Il est caché hors de son domaine et de sa portée, en quelque objet matériel (en la sensation que nous donnerait cet objet matériel), que nous ne soupçonnons pas. Cet objet, il dépend du hasard que nous le rencontrions avant de mourir, ou que nous ne le rencontrions pas. »
- Marcel PROUST, À la recherche du temps perdu, Du côté de chez Swann, Combray, I, Paris : Gallimard, 1999, p. 44 (coll. «Quarto»)

vendredi 7 mars 2014

Les Chevaliers de l'Ordre de la Terre Plate

Répliques du climatologue Édouard Bard aux climato-sceptiques Claude Allègre et Vincent Courtillot :

Les Chevaliers de l’Ordre de la Terre Plate, Part I: Allègre and Courtillot;

Les Chevaliers de l’Ordre de la Terre Plate, Part II: Courtillot’s Geomagnetic Excursion

- Source: Daniel TANURO, L'impossible capitalisme vert, Paris : La découverte, 2012, p. 159, note 1

mardi 4 mars 2014

Reconnaître sans juger

« Les sensations, les sentiments, que ce soit de compassion ou de colère, doivent être accueillis, reconnus et traités d’une façon absolument égale ; car tous deux sont nous-mêmes. (…) Nous devrions traiter notre anxiété, notre douleur, notre haine et notre passion avec douceur et respect, ne pas leur résister, mais vivre en leur compagnie, faire la paix avec elles et pénétrer leur nature par la méditation sur l’interdépendance. »
– Thich NHAT HANH, Le miracle de la pleine conscience : manuel pratique de méditation, Paris : J'ai lu, 2008, c1994, p. 64-65