jeudi 31 octobre 2013

La vérité

La vérité est en toi
C’est toi que tu cherches
Et tu vas te chercher au loin
... bien trop loin

Chartrand Saint-Louis

mardi 29 octobre 2013

La voie du thé

« La voie du thé est un culte fondé sur l’adoration du beau jusque dans les occupations les plus triviales de la vie quotidienne. »

« C’est une hygiène, puisqu’elle contraint à la propreté; une ascèse, puisqu’elle démontre que le bien-être loge dans la simplicité et non dans quelque coûteuse complexité; une géométrie éthique, enfin, dans la mesure où elle définit notre sens des proportions au regard de l’univers. »

« Selon l'une de nos expressions usuelles, une personne "manque de thé" lorsqu'elle se montre insensible aux épisodes tragi-comiques qui ponctuent l'existence. Mais notre langue stigmatise également l'esthète sauvage qui, indifférent à la tragédie du monde, s'abandonne sans retenue au flot de ses émotions ; de celui-là, elle dit qu'il a trop de thé. »

« Si nous ne pardonnons jamais à autrui, c'est parce que nous nous savons fautifs. »

« Ceux qui se révèlent incapables de sentir en eux-mêmes la petitesse des grandes choses ne sauraient reconnaître chez les autres la grandeur des petites choses. »

« Le vide est tout-puissant parce qu’il embrasse tout. Ce n’est qu’au sein de la vacuité que tout mouvement devient possible. Celui qui parviendrait à faire de lui-même un espace vide où autrui pourrait librement pénétrer serait maître de toutes les situations. Car le tout peut toujours dominer les parties. »

« Les trois joyeux de la vie sont la compassion, la frugalité et la modestie. »

« La vérité ne peut s’atteindre que par la compréhension des contraires. »

« Qui cherche la perfection doit découvrir dans sa propre vie le reflet de sa lumière intérieure. »

« Au fond, l’idéal du thé est l’aboutissement même de cette conception zen : la grandeur réside dans les plus menus faits de la vie. »

« La simplicité dévolue à la chambre de thé et son absence de toute vulgarité en font un véritable sanctuaire contre les tourments du monde. »

« N’avez-vous pas remarqué que les fleurs sauvages deviennent plus rares chaque année ? Peut-être ont-elles décidé de fuir, conseillées en cela par les plus sages d’entre elles, jusqu’à ce que l’homme accède à un plus grand degré d’humanité? »

« En toutes circonstances, ils (les maîtres de thé) avaient le souci de préserver leur sérénité et de mener la conversation de façon à ne jamais rompre l’harmonie de l’environnement. »

« Ils nous ont enseigné l’esprit par lequel il convient d’approcher les fleurs. Ils ont mis en relief notre amour naturel de la simplicité, et nous ont dévoilé la beauté des choses humbles. En vérité, c’est par leur enseignement que le thé est entré dans la vie du peuple. »

– OKAKURA, Kakuzô, Le livre du thé, Éditions Philippe Picquier, 2006

dimanche 27 octobre 2013

Pierre Gauvreau

« Il faut s’impliquer, il faut se compromettre si on veut toucher quelqu’un. »

« Je ne cherche pas des amis qui pensent comme moi. Je cherche des amis qui pensent. »

« Notre premier devoir envers les autres, c’est de nous réaliser nous-même. »

« Ce que je veux voir, c’est une chose que je n’ai jamais vue. Devant l’acte de création, je suis uniquement préoccupé par la nécessité de maintenir l’intégrité de mon sentiment à son plus haut diapason. »

« La liberté intérieure, c’est la liberté qui nous est donnée face à la vie, par le fait qu’on a repéré ce qu’on est réellement, en dehors des conventions, en dehors de l’éducation. »

– Pierre GAUVREAU
(Citations puisées dans les textes et les documents audiovisuels de la très belle exposition, « Pierre Gauvreau. J’espérais vous voir ici », présentée au Musée de la civilisation, du 16 octobre 2013 au 28 septembre 2014).

mercredi 23 octobre 2013

Découvrir un sens à sa vie

Le psychiatre Victor E. Frankl explique dans son livre, Découvrir un sens à sa vie avec la logothérapie, comment ses expériences vécues dans les camps de concentration l’amenèrent à développer sa propre approche thérapeutique : la logothérapie ou « psychothérapie fondée sur le sens de la vie ».

Dans ce livre, il décrit les tourments infligés, au jour le jour, aux êtres humains dans les camps de concentration où quelques-uns parvinrent à s’échapper. Pourquoi en faire la description ? Tout simplement pour répondre à cette question : « De quelle façon la vie quotidienne dans un camp de concentration affectait le moral des prisonniers ordinaires? »

Comme les autres prisonniers, Frankl dut trouver des raisons de survivre à ces épreuves qui déshumanisent. Les paroles de Nietzsche lui servirent de principe pour nourrir sa force intérieure et sa réflexion : « Celui qui a un "pourquoi" qui lui tient lieu de but, peut vivre avec n’importe quel "comment" ».

Après la libération, certaines personnes devinrent des oppresseurs, propageant la violence et l’injustice. Un de ses amis, qui n’était pourtant pas un être méchant, lui dit : « qu’on me coupe cette main si je ne la tâche pas de sang le jour où je rentrerai chez moi ! ». La morale se déréglait chez certains d’entre eux et l’expérience du désespoir, ce sentiment cruel d’être incompris, fut une expérience extrêmement chargée de souffrance pour la plupart des rescapés.

« Pourquoi ne vous suicidez-vous pas ? » demandait-il à ses patients qui souffraient de divers tourments. C’est dans les réponses à cette question que se dessinaient généralement les grandes lignes de ce qui donne du sens à la vie. Chez l’un, c’est l’amour de son enfant, chez l’autre, c’est un don, un talent à utiliser, chez un troisième, c’est une cause.

Selon Victor E. Frankl, celui qui ne trouve plus aucun sens à sa vie, qui n’a plus de but, plus de raison d’aller de l’avant, se condamne à ne plus vivre.

« Les deux hommes avaient invoqué l’argument typique : ils n’attendaient plus rien de la vie. Il était donc nécessaire, dans les deux cas, de leur faire comprendre que la vie, elle, attendait quelque chose d’eux dans l’avenir. Nous avons découvert que pour l’un des deux hommes c’était son enfant qu’il adorait et qui l’attendait dans un pays étranger. Pour l’autre, c’était un projet plutôt qu’une personne. (...) Une personne qui réalise l’ampleur de la responsabilité qu’elle a envers un être humain qui l’attend, ou vis-à-vis d’un travail qu’il lui reste à accomplir, ne gâchera pas sa vie. »

« L’important n’était pas tant ce que nous attendions de la vie, mais ce que nous apportions à la vie. Au lieu de se demander si la vie avait un sens, il fallait s’imaginer que c’était à nous de donner un sens à la vie à chaque jour et à chaque heure. »

Il est impossible de définir le sens de la vie d’une manière générale, car tout dépend de la situation dans laquelle se trouve la personne. Aucune situation ne se répète ni ne se compare. Chaque situation est unique. Chaque personne est seule et unique. Sa chance réside dans la façon dont elle portera son fardeau.

Trois avenues permettent de révéler un sens à la vie selon Frankl :

1) Accomplir une œuvre ou une bonne action ;
2) Connaître et aimer quelque chose ou quelqu’un ;
3) Assumer dignement une souffrance inévitable.

La troisième avenue permet le dépassement et la transformation, car ce qui semblait une tragédie peut devenir l’occasion d’une métamorphose. Même chez le grand malade, la souffrance peut rendre moralement noble.

Chaque personne peut transformer les situations pénibles en des réussites personnelles, en tirant parti de son expérience. Il s’agit en résumé d’être à l’écoute de sa conscience et d’agir au mieux de sa connaissance.

« Que de souffrances à assumer ! » dit le poète Rilke. Autant apprendre à y faire face et à limiter autant que possible nos moments de tourment.

– Victor E. FRANKL, Découvrir un sens à sa vie avec la logothérapie, Montréal : Les Éditions de l’Homme, c2006.

dimanche 20 octobre 2013

Commencement de la sagesse

« Commencez par changer en vous ce que vous voulez changer autour de vous. »
– Gandhi

dimanche 13 octobre 2013

Abbaye Saint-Benoit-du-lac

L'Abbaye Saint-Benoit-du-lac est magnifiquement située sur les collines de l'Estrie, tout près du lac Memphrémagog. On visite l'endroit pour admirer l’architecture de l’abbaye, pour acheter des denrées alimentaires confectionnées par les moines, pour piqueniquer aux alentours, encore pour assister à une messe ou se recueillir, même y séjourner. Il y a une très belle atmosphère sur les lieux, le bien-être et la quiétude s'y ressentent.



Film que l'on peut voir gratuitement sur le site de l’ONF : Les moines de Saint-Benoît.
Photos: Chartrand Saint-Louis

jeudi 10 octobre 2013

Matérialisme

« Les gens tiennent obstinément à une vie de richesse, de confort, de plaisir et d’égoïsme, et ignorent que la souffrance humaine provient directement du désir de ces choses... Tout l’or, tout l’argent, tous les honneurs ne peuvent être comparés à la sagesse et la vertu. Pour être capable de jouir d’une bonne santé, d’être vraiment heureux et d’obtenir la paix intérieure, on doit d’abord se discipliner et se contrôler soi-même. »
– Bouddha

jeudi 3 octobre 2013

Psychopathologie de la vie quotidienne

« En résumé, les conditions nécessaires pour que se produise l’oubli d’un nom avec fausse réminiscence sont les suivantes : 1) une certaine tendance à oublier ce nom; 2) un processus de refoulement ayant eu lieu peu de temps auparavant ; 3) la possibilité d’établir une association extérieure entre le nom en question et l’élément qui vient d’être refoulé. Il n’y a probablement pas lieu d’exagérer la valeur de cette dernière condition, car étant donnée la facilité avec laquelle s’effectuent les associations, elle se trouvera remplie dans la plupart des cas. »

« (...) où l’oubli se met au service de notre prudence, lorsque nous sommes sur le point de succomber à un désir impulsif. L’acte manqué acquiert alors la valeur d’une fonction utile. Une fois dégrisés, nous approuvons ce mouvement intérieur qui, pendant que nous étions sous l’emprise du désir, ne pouvait se manifester que par un lapsus, un oubli, une impuissance psychique. »

« Le mécanisme de l’oubli des noms est aussi intéressant que ses motifs. Dans un grand nombre de cas, on oublie un nom, non parce qu’il éveille lui-même les motifs qui s’opposent à sa reproduction, mais parce qu’il se rapproche par sa consonance ou sa composition, d’un autre mot contre lequel notre résistance est dirigée. »

« Le mécanisme de l’oubli de noms (ou, plus exactement, de l’oubli passager de noms) consiste dans l’obstacle qu’oppose à la reproduction voulue du nom, un enchaînement d’idées étrangères à ce nom et inconscientes. Entre le nom troublé et le complexe perturbateur, il peut y avoir soit un rapport préexistant, soit un rapport qui s’établit, selon des voies apparemment artificielles, à la faveur d’associations superficielles extérieures. »

« Les souvenirs d’enfance indifférents doivent leur existence à un processus de déplacement ; ils constituent la reproduction substitutive d’autres impressions, réellement importantes, dont l’analyse psychique révèle l’existence, mais dont la reproduction directe se heurte à une résistance. Or, comme ils doivent leur conservation, non à leur propre contenu, mais à un rapport d’association qui existe entre ce contenu et un autre, refoulé, ils justifient le nom de "souvenirs-écrans". »

« Dans l’oubli de noms, la mémoire fonctionne, mais en fournissant des noms de substitution. Dans le cas de souvenirs-écrans, il s’agit d’un oubli d’autres impressions, plus importantes. Dans les deux cas, une sensation intellectuelle nous avertit de l’intervention d’un trouble dont la forme varie d’un cas à l’autre. »

« (...) nous n’arrivons à la découverte de l’élément perturbateur qu’à travers une chaîne d’associations complexe, en partant des idées qui viennent à l’esprit du sujet lorsque nous l’interrogeons. »

« Nous nous trouvons d’abord en présence d’une condition positive, qui consiste dans la production libre et spontanée d’associations tonales et verbales provoquées par les sons énoncés. À côté de cette condition positive, il y a une condition négative, qui consiste dans la suppression ou dans le relâchement du contrôle de la volonté et de l’attention, agissant, elle aussi, comme fonction volitive. »

« Or, il arrive souvent que l’idée qui s’exprime dans le lapsus soit précisément celle qu’on veut refouler... »

« Le lapsus devient ici un moyen d’expression mimique ; il sert d’ailleurs souvent à exprimer ce qu’on ne voulait pas dire, à se trahir soi-même. »

« Par une coïncidence favorable, les mots du langage peuvent occasionnellement déterminer des lapsus qui vous bouleversent comme des révélations inattendues ou produisent l’effet comique d’un mot d’esprit achevé. »

« (...) un lapsus se produit facilement, lorsqu’on s’efforce de réprimer des mots injurieux. Il constitue alors une sorte de dérivatif. »

« (...) c’est le conflit intérieur qui nous est révélé par le trouble de la parole. »

« Une manière d’écrire claire et franche montre que l’auteur est d’accord avec lui-même, et toutes les fois où nous rencontrons un mode d’expression contraint, sinueux, fuyant, nous pouvons dire, sans risque de nous tromper, que nous nous trouvons en présence d’idées compliquées, manquant de clarté, exposées sans assurance, comme avec une arrière-pensée critique. »

« (...) la déformation de noms signifie très souvent le mépris, ainsi que je l’ai fait remarquer à propos des lapsus. »

« La déformation du nom est une expression d’hostilité interne... »

« (...) un lapsus : un trouble de l’attention produit par l’intervention d’une idée étrangère, extérieure. »

« L’habileté inconsciente avec laquelle des motifs inconscients, mais puissants, nous font égarer un objet, ressemble tout à fait à l’assurance somnambulique. »

« Il est deux situations dans la vie où le profane lui-même se rend compte que l’oubli de projets n’est nullement un phénomène élémentaire irréductible, mais autorise à conclure à l’existence de motifs inavoués. Je veux parler de l’amour et du service militaire. Un amoureux qui se présente à un rendez-vous avec un certain retard aura beau s’excuser auprès de sa dame en disant qu’il avait malheureusement oublié ce rendez-vous. Elle ne tardera pas à lui répondre : « Il y a un an, tu n’aurais pas oublié. C’est que tu ne m’aimes plus. » (...) Certes, la dame n’exclura pas toute possibilité d’oubli ; elle pensera seulement, et non sans raison, que l’oubli non intentionnel est un indice presque aussi sûr d’un certain non-vouloir qu’un prétexte conscient. »

« Ces personnes oublient toutes les petites promesses qu’elles ont faites, ne s’acquittent d’aucune des commissions dont on les a chargées, se montrent peu sûres dans les petites choses et prétendent qu’on ne doit pas leur en vouloir de ces petits manquements qui s’expliqueraient, non par leur caractère, mais par une certaine particularité organique. Mais je crois pouvoir dire par analogie qu’il s’agit d’un degré très prononcé de mépris à l’égard d’autrui, mépris inavoué et inconscient, certes, et qui utilise le facteur constitutionnel pour s’exprimer et se manifester. »

« La convoitise primitive du nourrisson qui cherche à s’emparer de tous les objets (pour les porter à sa bouche) ne disparaît, d’une façon générale, qu’incomplètement sous l’influence de la culture et de l’éducation. »

« Tomber, faire un faux pas, glisser - autant d’accidents qui ne résultent pas toujours d’un fonctionnement momentanément et accidentellement défectueux de nos organes moteurs. Le double sens que le langage attribue à ces expressions montre d’ailleurs quelles sont les idées dissimulées que ces troubles de l’équilibre du corps sont susceptibles de révéler. »

« Il arrive souvent dans la rue que deux passants se dirigent en sens inverse et voulant chacun éviter l’autre, et céder la place à l’autre, s’attardent pendant quelques secondes à dévier de quelques pas, tantôt à droite, tantôt à gauche, mais tous les deux dans le même sens, jusqu’à ce qu’ils se trouvent arrêtées l’un en face de l’autre. Il en résulte une situation désagréable et agaçante, et dans laquelle on ne voit généralement que l’effet d’une maladresse accidentelle. Or, il est possible de prouver que dans beaucoup de cas cette maladresse cache des intentions sexuelles et reproduit une attitude indécente et provocante d’un âge plus jeune. »

« (...) il existe, à côté du suicide conscient et intentionnel, un suicide mi-intentionnel, provoqué par une intention inconsciente, qui sait habilement utiliser une menace contre la vie et se présenter sous le masque d’un malheur accidentel. (...) Les mutilations volontaires représentent, en général, un compromis entre cette tendance et les forces qui s’y opposent et, dans les cas qui se terminent par le suicide, le penchant à cet acte a dû exister depuis longtemps avec une intensité atténuée ou à l’état de tendance inconsciente et réprimée. »

« (...) une maladresse accidentelle et une insuffisance motrice peuvent ainsi servir à certaines personnes de paravents derrière lesquels se dissimule la rage contre leur propre intégrité et leur propre vie. »

« Les actes accidentels ou symptomatiques se rattachant à la vie conjugale ont souvent la plus grande signification et peuvent inspirer la croyance aux signes prémonitoires à ceux qui ne sont pas familiarisés avec la psychologie de l’inconscient. Ce n’est pas un bon début, lorsqu’une jeune femme perd son alliance au cours du voyage de noces ; il est vrai que le plus souvent l’alliance, qui a été mise par distraction dans un endroit où on n’a pas l’habitude de la mettre, finit par être retrouvée. »

« L’alliance dans la poche du gilet », telle est la recommandation qu’un proverbe populaire adresse au mari qui se propose de tromper sa femme. »

« Très souvent, la perte de l’objet témoigne seulement du peu de prix qu’on attache à celui-ci ou du peu d’estime qu’on a pour la personne de qui on le tient ; ou encore, la tendance à perdre un objet déterminé vient d’une association d’idées symbolique entre cet objet et d’autres, beaucoup plus importants, la tendance se trouvant transféré de ceux-ci à celui-là. »

« La tendance à chercher, inconsciente, peut plus facilement aboutir à un résultat positif que l’attention consciemment orientée. »

« C’est là le châtiment pour notre manque de sincérité intérieure : sous le masque de l’oubli et de la méprise, en invoquant pour leur justification l’absence de mauvaise intention, les hommes expriment des sentiments et des passions dont ils feraient bien mieux d’avouer la réalité, en ce qui les concerne aussi bien qu’en ce qui concerne les autres, dès l’instant où ils ne sont pas à même de les dominer. »

« La force psychique de la haine est plus grande que nous le croyons. »

« (...) c’est l’ignorance qui serait le contraire d’une erreur de mémoire. »

« Ce qui me distingue d’un homme superstitieux, c’est donc ceci : Je ne crois pas qu’un événement, à la production duquel ma vie psychique n’a pas pris part, soit capable de m’apprendre des choses cachées concernant l’état à venir de la réalité ; mais je crois qu’une manifestation non intentionnelle de ma propre activité psychique me révèle quelque chose de caché qui, à son tour, n’appartient qu’à ma vie psychique; je crois au hasard extérieur (réel), mais je ne crois pas au hasard intérieur (psychique). »

« Égoïsme, jalousie, hostilité, tous les sentiments et toutes les impulsions comprimées par l’éducation morale, utilisent souvent chez l’homme le chemin qui aboutit à l’acte manqué, pour manifester d’une façon ou d’une autre leur puissance incontestable, mais non reconnue par les instances psychiques supérieures. »

« (...) entre l’état nerveux normal et le fonctionnement nerveux anormal, il n’existe pas de limite nette et tranchée et nous sommes tous plus ou moins névrosés. »

– Sigmund FREUD, Psychopathologie de la vie quotidienne ; traduction de l’allemand par Serge Jankélévitch, Paris : Payot, 1984.