mardi 30 novembre 2010

Jordi Bonet

« J’étais très jeune et je me posais toujours cette question : pourquoi faire de l’art? Et j’ai passé presque toute ma vie à ne pas avoir de réponse. On ne sait pas beaucoup pourquoi on fait de l’art. On pense que c’est pour s’exprimer, pour communiquer et, en fin de compte, je crois qu’il faut faire de l’art pour témoigner. Témoigner de certaines choses. Et quand on découvre ces choses-là, l’art devient quelque chose que l’on peut faire en toute conscience, que l’on peut penser, que l’on peut méditer. »
Jordi Bonet (extrait tiré de la Rencontre avec Jordi Bonet, une entrevue réalisée par Marcel Brisebois en 1976 au Manoir Rouville-Campbell de Mont-Saint-Hilaire).

Jordi Bonet (1932-1979) est un artiste québécois d'origine catalane principalement connu pour ses admirables sculptures murales.

Le Chemin de croix (1962), une oeuvre magistrale de Jordi Bonet, d’une longueur de 37,5 mètres, orne la Salle La Margelle, à quelques pas du Centre d’exposition du Cégep de Sainte-Foy.

lundi 29 novembre 2010

Livres d'art virtuels


« Au hasard de connivences » est l’un des très beaux livres d’art virtuels que vous pouvez admirer sur le site Zen évasion.

On trouve dans cette collection de livres d'art virtuels les belles encres de Jean-Louis MILLET qui accompagnent des textes poétiques.

vendredi 26 novembre 2010

Facebook : désactiver/supprimer un compte

Dans les paramètres du profil, il y a une possibilité de désactiver son compte, mais pas de le supprimer complètement.

Une question est posée : « Voulez-vous vraiment désactiver votre compte? Vos amis ne pourront plus garder le contact avec vous », photos de quelques-uns de vos amis à l’appui.

Vous êtes invité à justifier votre décision en choisissant dans une liste la raison de votre départ.

Si vous changez d’avis, vous pouvez réintégrer le réseau en entrant votre adresse de messagerie et votre mot de passe. Vous retrouverez vos amis, votre profil, tout comme l’historique depuis votre inscription.

Si ce que vous voulez n’est pas de suspendre votre compte, mais de le supprimer purement et simplement, la procédure est plus complexe.

Sur la page « Aide », il est difficile de savoir où cliquer. En utilisant le moteur de recherche, tapez « supprimer » ou « désinscription ». Après de nombreuses réponses, vous parviendrez à trouver la procédure à suivre.

Mise en garde du système : « Gardez à l’esprit que vous ne pourrez plus réactiver votre compte ni récupérer le contenu et les informations que vous avez ajoutés ».

Dernier avertissement: « Si vous pensez ne plus jamais utiliser Facebook et souhaitez supprimer votre compte, nous pouvons le retirer du système. Vous ne pourrez cependant pas réactiver votre compte ni en récupérer le contenu. Si vous souhaitez supprimer votre compte, cliquez sur « Envoyer ». »

Malgré la validation de votre désinscription, une nouvelle fenêtre apparaît : « Vous êtes sur le point de supprimer votre compte. Souhaitez-vous continuer? » Facebook vous informe alors que la suppression de votre compte a été programmée pour (date), dans quinze jours.

Si, d’ici là, vous tentez de vous connecter au site, la procédure en cours pourra être interrompue.

En supprimant votre compte, la licence prend fin, mais Facebook peut conserver des copies archivées du « contenu utilisateur supprimé », même s’il ne revendique aucun droit de propriété sur ce contenu.

Vos données ne disparaîtront pas tout de suite des copies de sauvegarde du site. Il faut un laps de temps raisonnable.

Source: Levard, Olivier et Delphine Soulas. Facebook : mes amis, mes amours… des emmerdes! La vérité sur les réseaux sociaux. Paris : Michalon Éditions, 2010, p. 162, 165-168

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Lecture commentée d’extraits de « Facebook, Myspace, Twitter... 500 millions d'amis », Books Magazine, no 16, octobre 2010, par Jacques Languirand, à l'émission de radio « Par 4 chemins », diffusée sur la Première Chaîne de Radio-Canada, le samedi 20 novembre 2010.

mercredi 24 novembre 2010

Fidélité

« Tout homme actif et pessimiste à la fois deviendra fasciste, sauf s'il a une fidélité derrière lui. »
André Malraux (citation puisée dans : Pierre Billard. Louis Malle : Le rebelle solitaire. Paris : Plon, 2003, p. 487)

lundi 22 novembre 2010

Projet Freesound

Le projet Freesound est une base de données collaborative de sons. On peut entendre des sons de tous les genres, même le beau chant du muezzin.

samedi 20 novembre 2010

Le phalène (Martin Léon)

Un texte de chanson poétique sur l'amour et la séduction qu'une musique fluide et exquise enveloppe avec sensualité.
« Je vole à toi, comme à l'impasse, vers ton feu qui me décapite. »
Martin Léon

jeudi 18 novembre 2010

Sobriété heureuse

Agriculteur écologiste français, philosophe et écrivain, Pierre Rabhi en appelle à une « insurrection des consciences » en nous invitant à sortir du mythe de la croissance indéfinie, à réaliser l’importance vitale de notre terre nourricière et à inaugurer une nouvelle éthique de vie vers une « sobriété heureuse ».

Pierre Rabhi est l’auteur du livre « Vers la sobriété heureuse » publié chez Actes Sud en 2010.

dimanche 14 novembre 2010

Cheminer avec tenue et justesse

« Nous n’allons nulle part, mais la route que nous sommes contraints de parcourir pour y arriver n’en est pas moins escarpée et pleine d’embûches. C’est pourquoi, voués ainsi au désordre, à la multiplicité, au risque et au hasard de la vie, nous devons tenter de cheminer avec le plus de tenue et de justesse possible. »
– Jean Papineau (1950-1995) (extrait puisé à la page 23 du livre de Laurent-Michel Vacher. Dialogues en ruine. Montréal: Éditions Liber, 1996, 90 p.

vendredi 12 novembre 2010

Voix de Gérard Philipe

La belle voix de Gérard Philipe (1922-1959), ce magnifique acteur français, décédé trop tôt. Au cinéma, il incarnait merveilleusement bien les personnages de Stendhal (Fabrice del Dongo dans La Chartreuse de Parme, Julien Sorel dans Le Rouge et le Noir).

Dans cette vidéo, il récite Le bateau ivre, mon poème favori d'Arthur Rimbaud.

mercredi 10 novembre 2010

Prenez soin de vos milieux de vie

Hubert Reeves, astrophysicien : « Prenez soin de vos milieux de vie. » Écoutez-le en MP3 (6:58 min.). Capsule de Passeport Santé.

lundi 8 novembre 2010

Transnationale

Transnationale : site d'information indépendant et gratuit sur les grandes entreprises et les marques de commerce.

Recherche par noms, par pays, par dirigeants et par thèmes.

Parmi les thèmes abordés, citons : restructurations et conditions de travail, droits humains et blanchiment, délinquance financière, pollution, influence (corruption, lobby), pratiques douteuses, paradis fiscaux, rémunération des dirigeants les mieux payés.

Plus de 10 000 entreprises décryptées et notées.

samedi 6 novembre 2010

ÉLP éditeur

ÉLP éditeur, un éditeur de livres numériques qui compte, dans son personnel, de vrais dilettantes, des amoureux passionnés qui ont une haute opinion du métier.

L’éditeur propose des auteurs venus du nord de la francophonie : Québec, Wallonie, Suisse romande, France. Bientôt viendront l'Afrique et le bassin caraïbe, l'arc antillais.

Les livres sont distribués chez La librairie numérique Immatériel, sans DRM (Digital Rights Management), le système de gestion des droits numériques d’Adobe qui en irrite plus d’un, au prix universel de 5 euros (7 dollars canadiens).

Vous pouvez les emprunter sur le portail de Bibliothèque et Archives nationales du Québec si vous êtes membre de la Grande bibliothèque.

ÉLP éditeur a son blogue: http://elpediteur.wordpress.com/

Nous vous encourageons à vous y abonner en guise de soutien pour cette jeune entreprise dynamique.

vendredi 5 novembre 2010

Paradis fiscaux

Alain Deneault est l'auteur de deux livres publiés aux éditions Écosociété : Offshore : Paradis fiscaux et souveraineté criminelle (2010) et Noir Canada : Pillage, corruption et criminalité en Afrique (2008).

Autre publication de l'auteur : Paul Martin et compagnies, soixante thèses sur l’illégalité des paradis fiscaux (VLP éditeur, 2004).

jeudi 4 novembre 2010

Calendrier d'Équiterre

Le calendrier d'Équiterre informe sur les activités liées à l'écologie, à la solidarité et aux solutions équitables.

mercredi 3 novembre 2010

Tou.tv

Le site Tou.tv offre des émissions de télévision en haute résolution. Les principaux partenaires sont Radio-Canada et une vingtaine de diffuseurs et de producteurs.

Toutes les émissions sont classées par ordre alphabétique, par genres et par pays.

Genres : Animation, Entrevues et variétés, Films et documentaires, Magazines et affaires publiques, Séries et téléromans, Spectacles et événements, Webtélés.

Pays : Canada, États-Unis, France et Suisse.

mardi 2 novembre 2010

Calligraphie chinoise

Le site Chine culture, créé et maintenu par Jean, professeur de chinois, et Xiaoqian, artiste chinoise, se spécialise en calligraphie chinoise. Site très instructif sur cet art. On peut même faire traduire son prénom français en chinois et en obtenir un fond d'écran. L'écriture chinoise fonctionne sur le mode phonétique. Son esthétique est belle et charmante.

lundi 1 novembre 2010

Bienheureuse insécurité (Alan Watts)

Des extraits choisis du livre toujours pertinent du philosophe Alan Watts, Bienheureuse insécurité : une réponse à l’angoisse de notre temps; traduit par Frédéric Magne. Paris : Stock, 1981, c1977, 188 p.

« J’ai toujours été fasciné par la loi de l’effort inversé. Je l’appelle parfois la loi des « effets contraires ». Si l’on essaie de flotter à la surface de l’eau, on coule, mais si l’on essaie de couler, on flotte. Si l’on essaie de retenir son souffle, on le perd - et ceci me rappelle un vieux dicton oublié : « Quiconque voudra sauver son âme, la perdra. » »

« Ce livre, cependant, est écrit dans l’esprit du sage chinois Lao-tseu, ce maître de la loi de l’effort inversé, qui affirmait que tous ceux qui se justifient ne convainquent pas, que pour connaître la vérité il faut se libérer de la connaissance, et que rien n’est plus puissant et créateur que le vide, devant lequel les hommes reculent généralement avec horreur. »

« Notre époque est donc une époque de frustration, d’angoisse, d’agitation, et d’accoutumance à la « drogue ». Nous devons tant bien que mal saisir ce que nous pouvons pendant que nous le pouvons, et chasser l’impression que tout cela est vain et sans signification. Cette « drogue » est notre haut niveau de vie, c’est-à-dire une stimulation forte et complexe de nos sens, qui finit peu à peu par les désensibiliser ; aussi ceux-ci réclament-ils des stimulations de plus en plus violentes. Nous sommes assoiffés de distractions, de visions, de sonorités, d’émotions, de titillations dont nous voulons jouir au maximum et le plus vite possible. »

« Si paradoxal que cela puisse paraître, nous ne découvrirons de même un sens à notre vie que lorsque nous réaliserons qu’elle est tout à fait dépourvue de but, et nous ne connaîtrons les « mystères de l’univers » que lorsque nous serons intimement convaincus que nous n’en connaissons encore rien. »

« La sensibilité exige une très grande douceur et beaucoup de fragilité - pupilles, tympans, papilles gustatives et terminaisons nerveuses, aboutissant tous à ce très délicat organisme qu’est le cerveau. »

« Si nous pouvons éprouver des plaisirs intenses, c’est que nous sommes sujets à d’intenses douleurs. Nous aimons le plaisir et nous détestons la douleur, mais il semble impossible d’avoir l’un sans l’autre. Et il apparaît de plus que tous deux doivent en quelque façon alterner, car le plaisir continu est un stimulus qui ne peut que s’émousser ou s’accroître. Or, tout plaisir accru, soit durcit et insensibilise les terminaisons nerveuses sous sa poussée, soit se transforme en douleur. Un régime alimentaire à base de nourriture riche coupe l’appétit ou rend malade. »

« Une personne dure et amère est toujours quelqu’un d’à demi suicidé ; une partie d’elle-même est déjà morte. »

« Le pouvoir des souvenirs et des espérances est tellement grand que pour la plupart des êtres humains le passé et le futur ne sont pas tant aussi réels, que plus réels encore que le présent. On ne peut vivre le bonheur dans le présent tant que l’on n’a pas « nettoyé » son passé et que le futur ne brille pas de promesses. »

« Après tout, le futur ne revêt presque aucune signification et n’est pratiquement d’aucune importance, puisque, tôt ou tard, il doit se transformer en présent. Aussi faire des projets pour un avenir qui ne doit jamais devenir présent est à peine plus absurde que de faire des projets pour un futur, lequel, devenant présent, me trouvera « absent », et en train de regarder obstinément par-dessus ses épaules au lieu de le regarder bien en face. »

« (...) l’essentiel de la sagesse dont nous faisons preuve dans notre vie quotidienne ne nous est jamais transmise verbalement. »

« De plus en plus nous essayons de mieux nous adapter à la vie grâce à des gadgets externes, et nous tentons de résoudre nos problèmes par la pensée consciente plutôt qu’en nous remettant au « savoir-faire » inconscient. Cela est beaucoup moins à notre avantage que nous aimerions le croire. »

« Nous stimulons nos sens jusqu’à ce qu’ils deviennent insensibles, aussi, pour que le plaisir puisse durer, devons-nous recourir à des stimulants de plus en plus forts. »

« Les animaux passent le plus clair de leur temps à sommeiller et à paresser agréablement, mais, sous prétexte que la vie est courte, les êtres humains se sentent contraints d’amasser pêle-mêle le plus de conscience, de vivacité, et d’insomnie chronique possible afin d’être bien sûrs de ne pas rater la moindre sensation de plaisir. (...) Aussi deviennent-ils de plus en plus incapables de jouir d’un plaisir réel, et finissent-ils par devenir insensibles aux joies les plus subtiles et les plus vives de la vie qui sont en fait extrêmement simples et communes. »

« (...) c’est le cerveau qui est fait pour l’homme et non pas l’homme pour le cerveau. »

« La vraie raison pour laquelle la vie peut paraître parfois tellement exaspérante et frustrante, ce n’est pas parce qu’il existe ce que l’on appelle la mort, la douleur, la peur ou la faim. Mais là où rien ne va plus, c’est que face à ces événements, nous nous mettons à bourdonner et tourner en rond comme des mouches affolées, pour essayer de maintenir notre « ego » hors de l’expérience. Nous nous prenons pour des amibes, et nous essayons de nous protéger de la vie en nous séparant en deux. Mais le bon sens et l’intégrité voudraient que nous comprenions que nous ne sommes pas séparés, que l’homme et son expérience présente ne forment qu’un seul tout, et qu’il n’existe pas d’« ego » ou d’esprit séparé. »

« Plus nous nous habituons à comprendre le présent d’après le passé, le connu d’après l’inconnu, le vivant d’après ce qui est mort, plus notre vie se dessèche et plus nous sommes envahis d’un sentiment de tristesse et de frustration. Ainsi protégé de la vie, l’homme devient une sorte de mollusque incrusté dans la coquille dure de la « tradition », et quand la réalité finit par surgir, un raz de marée de terreur l’emporte. »

« Mais nous sommes, pour la plupart, intérieurement déchirés par ce conflit parce que notre vie n’est qu’un long effort pour résister à l’inconnu, au présent réel dans lequel nous vivons, qui est l’inconnu sur le point de naître. C’est pourquoi nous n’apprenons jamais à vivre en harmonie. À chaque instant nous hésitons, nous restons sur la défensive. Et tout cela sans que nous en retirions aucun avantage, car la vie nous plonge malgré nous dans l’inconnu et vouloir résister est aussi vain et exaspérant qu’essayer de nager à contre-courant dans un torrent déchiré. »

« Il faut au contraire être complètement sensible à chaque instant, considérer chacun de ceux-ci comme tout à fait nouveau et unique, garder l’esprit ouvert et réceptif. »

« La philosophie chinoise dont le judo lui-même est une expression - c’est-à-dire le taoïsme - nous a révélé comment l’eau réussit à surmonter tous les obstacles grâce à sa fluidité et à sa flexibilité. »

« (...) la paresse. De façon tout à fait significative, les gens nerveux et frustrés sont toujours affairés, même quand ils sont oisifs, car cette oisiveté est une « paresse » qui vient de la peur et non du repos. Mais l’esprit-corps est un système qui accumule et conserve de l’énergie. Ce faisant il est tout à fait paresseux. Quand l’énergie est accumulée, elle ne demande alors qu’à être dépensée, le plus facilement et avec le moins d’effort possible. C’est pourquoi ce n’est pas seulement la nécessité mais aussi la paresse qui est mère de l’invention. Il suffit d’observer les mouvements lents et « lourds » d’un travailleur habile occupé à quelque rude tâche, et comment, alors même qu’il lutte contre la pesanteur, un bon montagnard utilise en fait cette même pesanteur et marche à grandes enjambées lentes et pesantes. On dirait qu’il tire des bords contre la pente, comme un voilier contre le vent. »

« Demeurer stable c’est s’interdire d’essayer de se séparer de la douleur parce que l’on sait que c’est impossible. Fuir la peur c’est avoir peur, résister à la douleur c’est souffrir, se montrer courageux c’est être craintif. Si l’esprit souffre, l’esprit est douleur. »

« Vouloir échapper à la douleur est la douleur même ; ce n’est pas la réaction d’un « ego » séparé de la douleur. Quand on comprend cela, le désir d’échapper « se fond » dans la douleur elle-même et disparaît. »

« (...) il faut toujours rester conscient, alerte et sensible à toutes les actions et inter-relations possibles, à partir de cet instant présent. Mais il faut tout d’abord être pleinement convaincu qu’il n’existe pas réellement d’autre solution à part celle de rester conscient - parce que l’on ne peut se séparer du présent et définir son propre être à part. »

« Car, lorsque l’on comprend réellement que l’on est ce que l’on voit et ce que l’on connaît, on ne se promène pas dans la campagne en se disant : « Je suis tout ceci. » Il n’y a simplement que « tout ceci ». »

« Pour « connaître » la réalité il ne faut pas lui être extérieur et la définir ; il faut y entrer, l’être et la ressentir. »

« Plus une mouche se débat pour se dégager du miel, plus elle s’y englue. Sous la pression de tant d’efforts futiles, il n’est pas étonnant que l’homme se défoule dans la violence et le sensationnel, l’exploitation aveugle de son corps, de ses appétits, du monde matériel et de ses amis. Et c’est un nombre incalculable de douleurs qu’une telle exploitation ajoute encore aux souffrances nécessaires et inévitables de l’existence. »

« Il est clair que tout existe pour cet instant. C’est une danse, et quand on danse ce n’est pas pour arriver quelque part. On tourne en rond, mais sans être victime de l’illusion que l’on est à la recherche de quelque chose, ou que l’on échappe aux tourments de l’enfer. »

« La mort est l’inconnu où chacun d’entre nous a vécu avant de naître. »

« (...) il est connu que rien ne gâche plus un « plaisir » que de s’interroger pour savoir s’il nous est vraiment agréable. Nous ne pouvons vivre qu’un seul moment à la fois, et nous ne pouvons pas à la fois écouter la rumeur des vagues et réfléchir pour savoir si nous aimons vraiment écouter les vagues. Les actions contradictoires de ce genre sont les seules où il ne nous est laissé absolument aucune liberté. »

« Comme il ne peut s’intéresser à lui-même, de même qu’un miroir ne peut se refléter lui-même, l’esprit doit s’intéresser ou s’absorber dans d’autres choses ou d’autres gens. »

« Tout le monde est doué d’amour, mais celui-ci ne peut se manifester que lorsqu’on est convaincu qu’il est impossible et frustrant de vouloir s’aimer soi-même. Mais nous n’en serons pas convaincu à coups de condamnations, en sa haïssant soi-même, ou en accablant l’amour de soi des pires noms qui existent. Nous n’en serons pleinement persuadés qu’en réalisant clairement et en toute conscience qu’il n’existe pas de « soi » que l’on puisse aimer. »

« Il est évident que les seules personnes intéressantes sont les personnes intéressées, or, pour être complètement intéressé, il faut avoir oublié son « moi ». »

« Nous avons donc bien de la chance de vivre en une époque où le savoir humain a atteint un tel point qu’il ne sait plus trouver les mots, non pas simplement pour les choses étranges et merveilleuses, mais pour les plus ordinaires également. La poussière sur les étagères est devenue autant un mystère que les étoiles les plus éloignées ; nous connaissons suffisamment de choses sur les deux, pour savoir que nous ne connaissons rien. »

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Analyse intéressante portant sur les questions soulevées par le sentiment d’insécurité : idéologies, fantasmes ou réalité?, Délits d’opinion, 12 novembre 2010. Je remercie l'internaute qui m'a transmis ce lien.