vendredi 30 juillet 2010

Zazie dans le métro (Louis Malle)


Adaptation cinématographique du roman de Raymond Queneau par le réalisateur Louis Malle avec la jeune et si talentueuse comédienne, Catherine Demongeot, qui n’a malheureusement pas embrassé la carrière d’actrice.

« Vous m’avez fait pleurer. C’est un merveilleux film. C’est exactement ce qu’il faut faire, prendre le biais du comique pour dénoncer notre monde qui court à la catastrophe. – Vous ne trouvez pas la fin trop pessimiste? – Ne coupez rien, absolument rien, un film qui a pour héros un enfant ne peut pas être pessimiste car, de toute façon, l’enfance, c’est l’espoir. »
Charlie Chaplin (Extrait puisé dans : Pierre Billard. Louis Malle : Le rebelle solitaire. Paris : Plon, 2003, p. 202)

mercredi 28 juillet 2010

Nostalgie

« Il est six heures trente, le soleil est encore très bas. Devant moi, la plage, l'eau, les pêcheurs, qui ramènent leurs filets, la lumière très douce, un peu funèbre des matins des tropiques. Je sens remonter en moi une incroyable bouffée de nostalgie, qui me reporte près de quinze ans en arrière, aux petits matins de mer Rouge et des Seychelles, quand j'avais vingt ans, que les tropiques m'émerveillaient, que le monde entier, à découvrir, me paraissait une promesse d'avenir, de bonheur, de puissance, et déjà, déjà, ce même point douloureux au creux du ventre, comme si la nostalgie c'était bien autre chose que le temps qui est passé, comme si, déjà à vingt ans, on s'y laissait prendre, comme si c'était plutôt un sentiment physique, une tristesse de savoir que des moments sublimes ne peuvent se fixer. Qu'ils ne reviendront pas. Et pourtant, ils reviennent, et la nostalgie n'en est que plus grande, car elle se charge du souvenir des fois précédentes. »
Louis Malle (citation puisée dans : Pierre Billard. Louis Malle : Le rebelle solitaire. Paris : Plon, 2003, p. 287)

J'ai rarement lu un aussi beau passage sur la nostalgie. De plus, Malle l'exprime avec émotion. On se laisse prendre par sa description, comme si l'on vivait personnellement ce qu'il ressentit ce jour-là.

lundi 26 juillet 2010

Qu’est-ce que croire?

La croyance réfère étymologiquement à une certaine forme d’adhésion. Cela peut se traduire par une confiance active : « faire confiance ».

« Faire confiance » ne veut pas dire s’accrocher, s’enchaîner (même si, pour certaines personnes, c’est ainsi que cela se vit). Cela ne veut pas dire non plus cesser de discuter, d’argumenter ou de se questionner.

« Faire confiance », c’est laisser une porte ouverte et c’est de prendre conscience de cet acte. Cela peut s’exprimer dans ces mots : « Il y a telle chose, telle réalité que j’introduis en moi, que je laisse venir à moi, et cela, sans mauvaise foi. J’ouvre cette porte pour favoriser une rencontre éventuelle ».

Cet acte est presque la description des premiers instants de l’éveil amoureux. Il y a cet enthousiasme et puis ces frissons. On laisse venir cet « autre », on s’en approche également, on l’observe en demeurant attentif aux moindres faits et gestes, aux moindres signes. Cela s’établit souvent sans la moindre parole, sans le moindre échange discursif. Il n’y a que des regards, de la présence, des signes d’attention et d’accueil, des vibrations et des palpitations intérieures.
Chartrand Saint-Louis

dimanche 25 juillet 2010

Il suffit souvent de si peu

« Toute situation n'est jamais définitive. Il suffit souvent de si peu : l'assentiment, un regard, un signe. »
Chartrand Saint-Louis

vendredi 23 juillet 2010

Instant Karma (John Lennon)

« Instant Karma » : chanson de John Lennon enregistrée le 27 janvier 1970, sortie comme single le 6 février 1970, en face B de : « Who Has Seen the Wind » (Yoko Ono).

« Tout le monde parlait de karma, surtout dans les années soixante. Mais il m’est apparu que le karma était également instantané puisqu’il influence notre vie passée et notre vie future… Et puis je suis fascinée par la publicité et la promotion en tant que formes d’art. J’adore. L’idée de karma instantané rappelait celle de café instantané, une manière de présenter quelque chose sous une forme nouvelle. »
– John Lennon (Henke, James. Lennon La légende. Paris: Seuil, 2003, p. 45)

Tel un instantané, cette chanson entraîne dans son sillage. Le charisme du chanteur y est pour beaucoup, le refrain aussi, particulièrement accrocheur.

En entendant Lennon le clamer avec fougue, on ne peut douter que nous brillons tous comme la lune, les étoiles et le soleil.

mercredi 21 juillet 2010

Beauté

« La beauté est là où vous n'êtes pas. »

– Krishnamurti, La flamme de l'attention, Monaco: Éditions du Rocher, 1987, p. 31

Ce que dit Krishnamurti n’est pas énigmatique. Prenons un exemple. Lorsque nous voyons un paysage merveilleux, sa splendeur nous absorbe complètement. Pendant un moment, nous sommes silencieux, nous nous oublions. Dans la découverte de la beauté, il y a absence de « moi ».

lundi 19 juillet 2010

Phares du Québec


Ce phare de Pointe-des-Monts (Côte-Nord du Québec) est l’un des nombreux phares qui se dressent le long de la voie maritime du Saint-Laurent. Comme la plupart des phares du Saint-Laurent, ce phare n'est plus opérationnel. Il a été transformé en gîte.

« La visite des phares du Saint-Laurent, presque toujours situés dans des lieux d'une grande beauté, constitue un parcours extraordinaire pour les amateurs de paysages, d'architecture et d'histoire. »
– Maryse Leroux (Reportage « Les Sentinelles du Saint-Laurent », Géographica, juillet 2000)

Site Internet à consulter: La route des phares du Québec.

samedi 17 juillet 2010

Exception

« Nous discréditons souvent, condamnons parfois, mais rarement nous formons l'exception. »
Chartrand Saint-Louis

vendredi 16 juillet 2010

Amour de Swann (Marcel Proust)

Proust est un écrivain majeur, et j’ajouterais qu’il est un monument de la littérature française. Prenez ce passage remarquable où il décrit l’amour. N'est-ce pas ce que l'on appelle du grand art?

« Alors, l'être avec qui nous nous plaisons à ce moment-là, le sort en est jeté, c'est lui que nous aimerons. Il n'est même pas besoin qu'il nous plût jusque-là plus ou même autant que d'autres. Ce qu'il fallait, c'est que notre goût pour lui devînt exclusif. Et cette condition-là est réalisée quand – à ce moment où il nous fait défaut –, à la recherche des plaisirs que son agrément nous donnait, s'est brusquement substitué en nous un besoin anxieux qui a pour objet cet être même, un besoin absurde, que les lois de ce monde rendent impossible à satisfaire et difficile à guérir – le besoin insensé et douloureux de le posséder. »
Marcel Proust, À la recherche du temps perdu. Un amour de Swann, chapitre 3

Un amour de Swann, version audio

mercredi 14 juillet 2010

Psychothérapie orientale et occidentale

Un livre très instructif d'Alan Watts aborde la problématique du « culte de l’ego » sous l’angle des philosophies orientales et de la psychologie occidentale (depuis Freud, Jung et les autres écoles de pensée). En voici le titre : Psychothérapie orientale et occidentale (Paris : Fayard, 1978).

La thèse de l’auteur est la suivante :

« Si nous parvenons à nous affranchir de nos inhibitions, si nous cessons de réprimer notre corps et notre spontanéité naturelle, nous nous apercevrons alors que l’ego est pure construction mentale, qu’il n’existe de séparation entre les autres et nous, le cosmos et nous, que celle que nous avons créée, et que nous ne sommes en définitive — et n’avons jamais été — prisonniers que de nous-même. »

« S’affranchir de nos inhibitions » ne veut pas dire libérer toutes les pulsions et y répondre aveuglément et prestement dès que l’occasion se présente. Ce n’est pas ce que dit l’auteur.

Les barrières que l’on érige les uns en présence des autres sont inévitables, en plus d’être salutaires, mais la montée jusqu'à l'excès de l’individualisme fait en sorte que l’individu s’isole en lui-même, n’arrive plus à sortir de sa coquille et ne peut plus être joignable. Les barrières sont alors érigées d’une manière si rigide que l’individu se piège dans un carcan qui provoque son isolement et sa détresse psychologique.

On le voit autour de soi : des êtres aux regards éteints, qui courent en tout sens, donnant l’impression de ne pas savoir où ils vont et démontrant une inaptitude aux interactions humaines. Ces êtres fantomatiques passent et ne tendent plus les mains.

Alan Watts a de meilleurs mots pour exprimer un peu cela et d’autres choses.

vendredi 9 juillet 2010

Votre vrai moi

« Si vous voulez trouver votre vrai moi, cherchez donc sans répit le comment, le pourquoi de vos gestes. Allez jusqu'au bout de vos pensées, de chaque réaction. Peut-être alors une porte s'ouvrira pour vous, et vous cesserez à jamais de mendier une explication sur la mort, ou des faits inexistants. Cherchez-vous, trouvez-vous. »

– Alexandra David-Néel (citation puisée sur le site de Jacques Languirand, émission de radio Par 4 chemins, à la Première Chaîne de Radio-Canada)

Il est facile de s’abriter derrière une profession, un statut, une communauté, plutôt qu’apprendre à se connaître véritablement. De toute façon, la vie en société nous inculque à épouser des rôles dès le plus jeune âge. Et puis, l’être humain est très habile à se mentir à lui-même. On n’a qu’à se regarder, qu’à se voir agir, on le fait couramment et l’on ne s’en aperçoit plus.

Il vient un moment où l’on comprend que ce jeu de rôles nous éloigne de notre être intime, nous rend fade et sans relief. On ressent alors le besoin de découvrir notre être authentique et de le dévoiler. Et, pour le découvrir, il faut se regarder sans détour, s’interroger et observer.

C’est ainsi que je lis David-Néel. Ce qu’elle dit me semble important pour emprunter la voie de l’authenticité.

jeudi 8 juillet 2010

Sincérité

« La sincérité est la plus noble façon d'exprimer des sentiments et elle s'éprouve dans le respect mutuel. »
Chartrand Saint-Louis

mercredi 7 juillet 2010

La société

« La société c’est pour permettre à chaque personne, à chaque citoyen et à chaque citoyenne de s’épanouir, de venir à sa grandeur de femme et à sa grandeur d’homme. C’est pas plus d’État, c’est pas moins d’État, c’est le rôle des représentants de la société de voir à ce que toutes les connaissances humaines, les ressources naturelles, les connaissances scientifiques et les connaissances techniques soient orientées en fonction de la satisfaction des besoins des gens. C’est ça la société. »

Michel Chartrand (citation puisée dans l’article de Bruno Dubuc, « Chartrand dans son élément : Extraits d’un discours parmi tant d’autres », journal satirique Le Couac, article du mois de juin 2010.

Autres références:

Chartrand, Alain. « Un homme de parole », film documentaire produit par l'ONF et réalisé en 1991.

Vadeboncoeur, Pierre. « Les paradoxes de Michel Chartrand », journal satirique Le Couac, discours du 16 janvier 2007, en hommage à son ami Michel Chartrand, pour ses 90 ans.

lundi 5 juillet 2010

My Dinner with Andre (Louis Malle)

Deux hommes, deux amis, ils dînent ensemble dans un restaurant chic de New York. André, un grand voyageur, raconte à son ami Wally ses multiples péripéties et diverses expériences vécues lors d’un parcours autour du monde. À travers les dits et les non-dits, les deux hommes se révèlent.

L’humour et l’intelligence du propos alimentent ce petit bijou de film de Louis Malle, My Dinner with Andre (1981).

« Face à face, deux hommes qui se cachent : l’un derrière le silence, et l’autre derrière les mots. Et lentement, au fur et à mesure du film, cette vérité se fait jour. »
– André Gregory (citation puisée dans : Pierre Billard. Louis Malle : Le rebelle solitaire. Paris : Plon, 2003, p. 419-410)

Les histoires qui fournissent le matériel dramatique de ce film sont authentiques. André Gregory les a vécues. Il interprète son propre rôle dans ce film.

« André Gregory est parti parcourir le monde, à l’aventure. Il erre en Afrique, en Asie, discute religion avec des brahmanes, étudie les mythes de l’Antiquité avec des physiciens, lit Le Petit Prince, en tombe amoureux, part en plein Sahara avec un prêtre bouddhiste pour en tirer un film, revient avec ce prêtre, qui envoûte sa famille, participe à des actions parathéâtrales du metteur en scène expérimental Jerzy Grotowki, en Pologne, s’intéresse à un groupe de 20 hommes et 20 femmes qui veulent construire en 40 jours et 40 nuits, l’arche de Noé, dans une forêt, et, pendant plus de trois ans, poursuit cette odyssée initiatique. De temps à autre, il repasse par New York et, quand il rencontre Wally Shawn, évoque ses expériences. »
– Pierre Billard (Louis Malle : Le rebelle solitaire. Paris : Plon, 2003, p. 414)


dimanche 4 juillet 2010

Profondeur et surface

« Il faut cacher la profondeur. Où ? À la surface. »

S’il faut la cacher à la surface, est-ce à dire que la profondeur est inexistante?

S’il faut répondre par l'affirmative, il devient inutile de s'évertuer à creuser, il vaut mieux rester à la périphérie.

N'est-ce pas ce qu’un grand nombre de gens font? Peut-être ont-ils raison. Quand on examine nos comportements et ceux de nos semblables, on ne décèle pas (trop) de profondeur. Ce qui se présente d'emblée, ce qui est visible à tous, est (malheureusement trop souvent) ce qu'il y a de plus vrai.

Faut-il comprendre, au contraire, que seul un regard expérimenté ou aiguisé peut déceler ce qui est caché à la surface, puisque la profondeur ne se manifeste que par certains signes, indices ou autres traces visibles?

Seul un regard avisé (et, très certainement, un regard aimant) peut voir ce qui se cache à la surface, d'autant plus que rares sont les gens qui ont su préserver cette faculté de scruter attentivement ce qui surgit.

Dans un contexte de cécité collective, n’y a-t-il pas meilleur endroit où cacher la profondeur qu’à la surface?

Sans surface, peut-on parler de profondeur? Et sans profondeur, peut-on parler de surface?

Ces questions méritent réflexion!

samedi 3 juillet 2010

Amour au-delà de l'amour

« Car tel est l'amour au-delà de l'amour : deux êtres qui ne se quittent plus des yeux, parce qu'ils savent que l'identité de chacun est contenue, abritée, préservée des regards des autres par le fragile regard qui les tient ensemble et forme autour d'eux la blanche terrasse de leur solitude et de leur bonheur. »
François Ricard (citation puisée dans « Le regard des amants », postface du roman de Milan Kundera, L’identité, Paris : Gallimard, 2000, dernière page)

C’est magnifiquement dit et c’est très vrai : le regard de l’être aimant et aimé apporte du réconfort. Dans ce regard, on reconnaît son vrai visage. Ce regard protecteur renforce l’identité. Il apporte quiétude et bienheureux repos, malgré sa fragilité.

vendredi 2 juillet 2010

Sourire

Le sourire se plie aisément aux conventions sociales. Il peut confondre sur les sentiments réellement ressentis.

Mais, remarquez-le bien, il en existe un qui échappe aux diverses formes de contrôle. Il est libre de tout conditionnement. Il est la plus belle marque de bienveillance à l’égard d’autrui.

Je parle de ce sourire spontané qui illumine tout le visage, qui donne de l’éclat et des yeux pétillants. Ce sourire engage tout l’être, il dit : Oui.

Celui qui le découvre est béni.
Chartrand Saint-Louis