lundi 28 septembre 2020

La présence de la vie

« Si l'on garde les yeux fixés sur les lendemains, aujourd'hui perd sa réalité.

Pour un Occident à qui son souci de refaçonner le Ciel et la Terre fait courir le danger de laisser échapper la présence de la vie – la seule vie que nous possédions vraiment – le zen apparaît comme un rappel du fait que si nous n'apprenons pas à percevoir le mystère et la beauté de notre vie présente, de notre heure présente, nous ne connaîtrons le prix d'aucune vie et d'aucune heure. »

– Huston Smith, préface du livre de Philip Kapleau, Les trois piliers du zen, Paris : Éditions Almora, 2006, p. 11

samedi 26 septembre 2020

vendredi 25 septembre 2020

Le sens de la vie

« Le sens de la vie, c'est d'accomplir ce pour quoi l'on est né : trouver vie en guérissant du moi. Se guérir de la douleur de l'existence individuelle, séparée et restreinte du « je veux » pour devenir ouverture. Le sens de la vie, c'est d'être l'ouverture même, qui est joie. Une joie qui inclut la souffrance, le bonheur, tout ce qui existe. Guérir du moi, voilà le sens de la vie.

– Stephen Levine, résumé de lecture par Charlotte Joko-Beck, extrait de son livre, Vivre zen, Pocket, 1996, p. 363

jeudi 24 septembre 2020

Chiens renifleurs
(détection de la COVID-19)



– « Covid : le début de la fronde ! », C dans l'air (France), 24 septembre 2020, reportage à partir de 45:00

mardi 22 septembre 2020

lundi 21 septembre 2020

Vieillesse n'est pas sagesse

« Devenir sage n'est pas vieillir. Vieillesse n'est pas sagesse. C'est couler qu'il faut, laisser couler le temps au plus profond de soi, couler dans la lumière de chaque instant qui nous est donné. Rester jeune comme la pierre. Rester jeune comme l'arbre qui, plein de racines, pousse, se défeuille, se renfeuille, fleurit et donne ses fruits au meilleur de la saison. Construire, chanter et passer comme l'oiseau, cela est rester jeune. Et se laisser couler vers le grand fleuve, puis avec lui couler : voilà le contraire de vieillir. Les fleuves ne vieillissent pas. »

– Pierre Morency, La Vie entière : Histoires naturelles du Nouveau Monde, illustrations de Pierre Lussier, Montréal : Éditions du Boréal, 1996, p. 136

dimanche 20 septembre 2020

vendredi 18 septembre 2020

Le destin de l'humanité repose sur les valeurs morales

« Chaque personne, chaque nation tremble réellement de peur pour son existence. Pourquoi ? Parce que chacun n'envisage que son profit, immédiat et méprisable, et ne veut pas considérer d'abord le bien et le profit de la communauté. C'est pourquoi le destin de l'humanité repose essentiellement et plus que jamais sur les forces morales. Si nous voulons une vie libre et heureuse, il y faudra nécessairement renoncement et restriction. »

– Albert Einstein, Commemt je vois le monde, Paris : Flammarion, 1979, p. 55

jeudi 17 septembre 2020

COVID-19 : Sites d'informations

Carte des paliers d'alerte de COVID-19 par région du Québec

Centre de ressources sur le coronavirus de l'Université Johns Hopkins (données mondiales, en anglais)

Centre intégré universitaire de santé et de services sociaux (CIUSSS) de la Capitale-Nationale

Chaîne YouTube du Docteur John Campbell (Royaume-Uni, en anglais, sous-titres)

Chaîne YouTube du Docteur Mike Hansen : Vie, Santé, Médecine (États-Unis, en anglais, sous-titres)

Commission des normes, de l'équité, de la santé et de la sécurité du travail (CNESST)

Distribution géographique et temporelle de la COVID-19 au Québec (Université Laval)

Épidémiologie génomique du nouveau coronavirus (données mondiales, en anglais)

Évolution de la COVID-19 au Canada (Radio-Canada)

Évolution de la COVID-19 au Québec (journal Le Devoir)

Exposition à la COVID-19 dans les transports publics (vol, navire de croisière, train) (Canada)

Fiches de l'Institut de recherche Robert-Sauvé en santé et en sécurité du travail (IRSST) concernant la COVID-19

Foire aux questions (FAQ) du professeur Adnet, professeur agrégé de Médecine d'Urgence, chef des Urgences de l’Hôpital Avicenne et du SAMU 93 (index)

Global News (données mondiales, en anglais)

Google News (données mondiales, en anglais)

Institut de mesure et d'évaluation de la santé (données mondiales, en anglais)

Institut national d'excellence en santé et en services sociaux (INESSS)

Institut national de santé publique du Québec (INSPQ)

Maladie à coronavirus (COVID-19) au Québec (plateforme gouvernementale unifiée)

Médecins en ligne (Esanum, site européen)

Newsletter (NL) du professeur Adnet, professeur agrégé de Médecine d'Urgence, chef des Urgences de l’Hôpital Avicenne et du SAMU 93 (index)

Organisation mondiale de la Santé (OMS)

Pandémie de Covid-19 au Québec (Wikipédia)

Point de presse sur la pandémie de COVID-19 au Québec (CPAC, chaîne d'affaires publiques par câble)

Point sur la COVID-19 dans la grande région de Québec (Radio-Canada)

Prescrire (revue française)

Réalités biomédicales (journal Le Monde)

Santé et Services sociaux (Québec)

SARS-CoV-2 (Wikipédia)

Statistiques et recherche (données mondiales, en anglais)

Ville de Montréal

Ville de Québec

Virologie (revue officielle de la Société Française de Virologie)

Worldometer's COVID-19 data (données mondiales, en anglais)

mercredi 16 septembre 2020

mardi 15 septembre 2020

Réalités Biomédicales

Le blog(ue) de Marc Gozlan, journaliste médico-scientifique, au journal Le Monde. Plusieurs articles traitent de la COVID-19.

Lien : Réalités Biomédicales

lundi 14 septembre 2020

La musique est une variation du silence

« Une variation qui nous sort du silence qui précède et qui nous prépare au silence qui suit. Après une audition très attentive, ce silence qui suit, c'est encore de la musique, la plus belle qui soit. »

– Pierre Morency, La Vie entière : Histoires naturelles du Nouveau Monde, illustrations de Pierre Lussier, Montréal : Éditions du Boréal, 1996, p. 109

vendredi 11 septembre 2020

Chercher sous le réverbère

« Une vieille histoire soufi raconte qu'un homme marchant dans la rue, un soir, avait laissé tomber ses clés par terre, du côté sans éclairage. Il a traversé la rue pour aller chercher ses clés à la lumière du réverbère. Un ami qui passait par là lui ayant demandé pourquoi il cherchait ses clés de ce côté-là plutôt qu'à l'endroit où elles étaient tombées, il lui a répondu : « Je cherche par là, parce que c'est éclairé. »

On a exactement la même démarche dans la vie : on préfère regarder du côté des vieilles structures familières. Que surgisse un problème et l'on suit le schéma coutumier : penser, remâcher, analyser, continuer à vivre comme des fous puisque c'est ce qu'on a l'habitude de faire. Peu importe, si ça ne marche pas ! On n'en est que plus décidé à redoubler ses efforts, à continuer à chercher sous le réverbère. »

– Charlotte Joko-Beck, Vivre zen, Pocket, 1996, p. 168-169

jeudi 10 septembre 2020

Le point sur la COVID-19 (épidémiologie, recherche, clinique, pratique...)

Le professeur Frédéric Adnet, professeur agrégé de Médecine d'Urgence Chef des Urgences de l’Hôpital Avicenne et du SAMU 93, fait régulièrement le point sur la COVID-19 (épidémiologie, recherche, clinique, pratique...).

Index et liste des FAQ (Foire aux questions) et des NL (Newsletter)

mercredi 9 septembre 2020

mardi 8 septembre 2020

COVID-19 Actualités

La maison d’édition John Libbey Eurotext a créé une tribune libre pour que médecins et scientifiques partagent leurs connaissances au fil de l’actualité et nous invitons les internautes à s’y référer.

COVID-19 Actualités

lundi 7 septembre 2020

Le dépassement de l'égoïsme

« Le développement de l'homme suppose sa capacité de transcender l'étroite prison où son ego, son avidité, son égotisme et sa séparation d'avec autrui le maintiennent, et donc de dépasser sa solitude essentielle. Cette transcendance permet à l'homme d'être ouvert et relié au monde, vulnérable mais conscient de son identité et de son intégrité; elle le rend également capable d'aimer tout ce qui est vivant, d'épanouir ses facultés dans le monde environnant, et d'être « intéressé ». Surmonter l'avidité et l'égocentrisme permet donc à l'homme d'être plutôt que d'avoir et d'utiliser. »

– Erich Fromm, Espoir et révolution : Vers l'humanisation de la technique, essai traduit de l'américain par Gérard D. Khoury, Montréal : Éditions Sélect, c1982, p. 162

vendredi 4 septembre 2020

Dépouille-toi. Allège-toi. Réforme-toi toi-même

« Dépouille-toi. Lave-toi de ces idées toutes faites, de ces jugements pervers qui circulent autour de toi et qui émanent des systèmes de la négation et de la pesanteur. Allège-toi. Pendant des années tu as laissé pénétrer dans ton cerveau des opinions dont tu n'as que faire désormais. Rien n'est vrai pour toi que ce qui naît de toi. Dépouille-toi, oublie même les beaux préceptes, si lumineux soient-ils. Pour un temps, ils nous accompagnent sur le sentier, mais vient vite l'heure où il faut aller selon son allure. Réforme-toi toi-même. »

– Pierre Morency, La Vie entière : Histoires naturelles du Nouveau Monde, illustrations de Pierre Lussier, Montréal : Éditions du Boréal, 1996, p. 135

mercredi 2 septembre 2020

lundi 31 août 2020

Espoir et désespoir

« La plupart des gens ne s'avouent pas leurs sentiments de peur, d'ennui, de solitude et de désespoir – c'est-à-dire qu'ils en sont inconscients, et cela pour une raison simple : notre schéma social est tel que l'homme arrivé est censé ne pas avoir peur de s'ennuyer, ni d'être seul. Il doit considérer ce monde comme le meilleur; pour avoir le plus de chances de promotion sociale, il doit refouler aussi bien la peur que le doute, l'ennui que le désespoir.

Consciemment beaucoup de gens se sentent pleins d'espoir alors qu'inconsciemment ils sont désespérés; l'inverse représente l'exception.

Ce qui importe dans l'examen de l'espoir et du désespoir, ce n'est pas essentiellement ce que les gens pensent de leurs sentiments, mais ce qu'ils ressentent vraiment.

Derrière les mots et les phrases qu'ils prononcent, on peut déceler leurs vrais sentiments à l'expression du visage, à la manière de marcher, à la capacité de réagir avec intérêt en face de ce qu'ils ont devant les yeux et à l'absence de fanatisme dont ils font preuve quand on leur présente une argumentation sensée. »

– Erich Fromm, Espoir et révolution : Vers l'humanisation de la technique, essai traduit de l'américain par Gérard D. Khoury, Montréal : Éditions Sélect, c1982, p. 23-24

vendredi 28 août 2020

Notre époque est l'une des plus impatientes

« Notre époque est certainement l'une des plus impatientes que le monde ait connues. Chacun est impatient, chacun est par trop conscient du temps, et tous voudraient pouvoir accomplir immédiatement ce qu'ils ont à faire. Mais il ne peut en être ainsi. »

« La question est toujours de savoir si vous êtes ou non capables de recevoir quelque chose. Vous êtes tellement pressés, et vous voulez recevoir tout de suite ! »

« Le nirvana peut réellement survenir à l'instant même, mais seulement pour celui qui ne ressent aucune tension à l'égard du temps. »

– Shree Rajnesh, extraits puisés dans le livre de Michel Hulin, L'Inde des sages, Paris: Éditions du Félin, Philippe Lebaud, 2000, p. 215

mercredi 26 août 2020

Capucine




Photos : Chartrand Saint-Louis

lundi 24 août 2020

Le bonheur

« Ce que les hommes éprouvent, aujourd'hui, comme « bonheur » correspond réellement à un état de complète satisfaction de leurs désirs, quelle que soit leur qualité; le bonheur, ainsi conçu, dépasse les limites importantes que la philosophie grecque lui avait assignées, à savoir principalement qu'il ne doit pas être l'accomplissement des besoins subjectifs, mais plutôt celui des besoins objectivement valables, suivant les critères de l'existence totale de l'homme et de ses potentialités.

Nous ferions mieux de penser à la joie et à la vivacité intense plutôt qu'au bonheur. Un être sensible ne peut pas s'empêcher d'être profondément affecté par les tragédies inévitables de la vie, que ce soit dans une société irrationnelle ou dans la meilleure des sociétés. La joie et la tristesse sont des expériences inéluctables pour un être sensible et vivant.

Le bonheur, dans son sens actuel, implique une satiété béate et superficielle plutôt que la plénitude de l'expérience humaine; on peut dire que ce « bonheur » est la forme aliénée de la joie. »

– Erich Fromm, Espoir et révolution : Vers l'humanisation de la technique, essai traduit de l'américain par Gérard D. Khoury, Montréal : Éditions Sélect, 1982, p. 147

vendredi 21 août 2020

Les actes prévalent sur les concepts

« Une histoire hassidique peut illustrer ce point. On demandait au disciple d'un maître hassidique : « Pourquoi allez-vous écouter le maître ? Est-ce pour entendre ses paroles de sagesse ? » Il répondit : « Oh non ! Je vais voir comment il noue les lacets de ses chaussures. »

Ce qui compte chez une personne ce ne sont pas les idées et les opinions acceptées depuis l'enfance, ou admises comme structures conventionnelles de pensée, mais son caractère, ses attitudes, et la racine viscérale de ses idées et de ses convictions.

Pour permettre le grand dialogue, le souci de la vie et l'expérience partagée sont plus importants que des concepts communs. »

– Erich Fromm, Espoir et révolution : Vers l'humanisation de la technique, essai traduit de l'américain par Gérard D. Khoury, Montréal : Éditions Sélect, c1982, p. 161

mercredi 19 août 2020

lundi 17 août 2020

Comme si l'on faisait descendre en vous un seau

« Si vous descendez un seau dans un puits à sec, il ne ramènera rien. Si vous le descendez dans un puits plein d'eau, il ramènera de l'eau, mais celle-ci provient du puits. Le seau n'est qu'un instrument pour l'en extraire. Lorsque quelqu'un vous insulte, c'est comme s'il faisait descendre en vous un seau, et ce seau remontera empli de colère, de haine, de violence, de tout ce qui se trouve en vous. »

– Shree Rajnesh, extrait puisé dans le livre de Michel Hulin, L'Inde des sages, Paris : Éditions du Félin, Philippe Lebaud, 2000, p. 209

vendredi 14 août 2020

Les promesses non tenues

« Jetez un regard en arrière. L'ego avait promis beaucoup de choses, et rien ne s'est accompli à travers lui. Les promesses n'ont pas été tenues... Aujourd'hui, vos espoirs se rapportent à la vieillesse... C'est dans la vieillesse que le miracle est censé devoir se produire, et c'est ainsi que vous mourez insatisfait. Le miracle ne se produira pas parce qu'il n'advient jamais dans un climat d'espoir et comme un effet de l'espoir. Il peut se produire à l'instant même, et seulement ainsi. Mais cela exige une lucidité très intense qui vous amène à balancer par-dessus bord promesses, espoirs, rêves et autres programmes pour l'avenir, de manière à pouvoir jeter ici et maintenant un regard direct sur ce que vous êtes. »

– Shree Rajnesh, extrait puisé dans le livre de Michel Hulin, L'Inde des sages, Paris : Éditions du Félin, Philippe Lebaud, 2000, p. 214

lundi 10 août 2020

Sagesse hindoue

« Tu deviens selon ce que tu penses. »

– Extrait puisé dans le livre d'Hubert Benoit, La doctrine suprême selon la pensée Zen, 4e édition, Paris: Le courrier du livre, 1967, p. 267

vendredi 7 août 2020

Les enseignements de Swami Prajnanpad

« Tout ce qui arrive, arrive pour le mieux. Votre vie eût été appauvrie sans toutes les choses qui vous sont arrivées. Aussi tout doit être accepté, le bon et le mauvais. En fait, vous n'avez pas le choix. »

« Quand une chose arrive, acceptez-la d'abord. C'est la vérité. C'est arrivé. Pouvez-vous la refuser et dire que ce n'est pas arrivé ? Non. Après avoir pleuré et vous êtes lamenté, vous allez l'accepter en tout état de cause. Pourquoi ne pas l'accepter dès le début ? Dites « oui » à tout. »

« Il ne faut tolérer ni que le passé vous domine, ni que le miroitement du futur influence le présent, la réalité. C'est seulement quand le passé et le futur sont éliminés que vous pouvez effectivement vivre dans le présent. Le présent seul est réel. »

« Expérimentez tout ce qui vient, parce que c'est la vie. Ne fuyez pas la vie. »

« Se faire du souci vous ôte de l'énergie et vous rend inefficace... Les gens se font du souci par habitude. Ils ont développé une tendance à se tourmenter, car cela leur permet d'échapper à l'action. »

« Le passé reste le passé tant qu'il n'a pas été satisfait et qu'il reste refoulé. « Le passé est là ». Qu'est-ce que cela montre ? Pourquoi est-il là ? Parce qu'il est refusé. »

« Il n'y a pas d'autre esclavage dans la vie que celui du passé. Celui qui est libre du passé, est libre... Pourquoi ? Parce que seul le passé est la cause du futur. Le futur n'est rien d'autre que la prolongation du passé. C'est le passé insatisfait qui cherche sa prolongation dans le futur. »

« Aussi longtemps que ne surgit pas dans le coeur de quelqu'un un sentiment pour les autres, rien, bien sûr, n'est possible. Et pourtant c'est un fait : l'autre existe. »

– Swami Prajnanpad, extraits puisés dans le livre de Michel Hulin, L'Inde des sages, Paris : Éditions du Félin, Philippe Lebaud, 2000, p. 199-205

mercredi 5 août 2020

lundi 3 août 2020

Les étapes de la pratique du zen

« La première étape de la pratique ressemble à ce qui se passe quand on est pris au milieu d'une foule dense, dans une rue très passante. Il y a du monde partout, tout part dans tous les sens. On se sent légèrement effrayé, dépassé par les événements. Or, c'est comme cela que, pour la plupart, nous vivons nos vies.

Au bout d'un moment, en regardant un peu autour de soi – et c'est le deuxième stade de la pratique –, on arrivera à repérer des espaces, ici et là, dans la circulation et dans la foule. On réussira même à se frayer un chemin jusque sur un coin de trottoir d'où on verra un peu mieux et la circulation et les quelques espaces qu'on peut y remarquer.

Ensuite – cela correspond au troisième stade de la pratique – imaginez que vous montiez au quatrième étage d'un bâtiment et que vous observiez la rue depuis le balcon d'un appartement. De là, le spectacle est très différent : maintenant, vous pouvez même distinguer le sens de la circulation et des mouvements de foule.

À mesure que vous avancez dans votre pratique, c'est comme si vous grimpiez de plus en plus haut dans le bâtiment qui domine la rue. Aux étages les plus élevés, les mouvements de la rue ne sont plus que des figures géométriques changeantes. (...) On commence à apprécier l'ensemble du panorama, tel qu'il est. Même les embouteillages et autres points noirs de la circulation s'inscrivent dans cet ensemble ; on ne les perçoit plus comme étant de bonnes ou de mauvaises choses, mais en tant que partie intégrante d'un tout, de la vie.

Après des années de pratique, on en arrive parfois à un point où l'on sait tout simplement profiter des choses telles qu'elles sont : apprécier le spectacle de la vie tel qu'il se présente à nous, s'apprécier soi-même, tel qu'on est. Sans se sentir personnellement concerné, sans s'attacher à ses expériences, puisque l'on est tout à fait conscient de leur impermanence : tout n'est que flux. On est ainsi devenu le témoin de sa propre vie : on voit tout ce qui se passe, on apprécie, mais on reste conscient de l'instant, on ne s'accroche pas.

Au dernier stade de la pratique, on redescend dans la rue et on se mêle à la foule et à la cohue. Et pourtant, en plein milieu de tout ce tohu-bohu, on garde la tête claire parce que l'on est parfaitement conscient de la confusion qui règne alentour – conscient, donc pas affecté par elle. Dans ces conditions-là, on est capable d'apprécier le chaos et la confusion de la foule, capable d'aimer et d'aider ceux qui y sont pris, tout en gardant soi-même cette liberté qui, en réalité, avait toujours essentiellement, été nôtre. »

– Charlotte Joko Beck, Soyez zen : La pratique du zen au quotidien, Pocket, 1990, p. 165-166

vendredi 31 juillet 2020

Pour écouter, nous devons être libres

« Nous n'écoutons ni ne découvrons ce qui est; nous jetons nos idées et nos opinions à la face de l'autre, en essayant de faire pénétrer l'autre dans le cadre de notre pensée. Nos pensées et nos jugements nous importent beaucoup plus que de découvrir ce qui est. Ce qui est est toujours simple; c'est nous qui sommes complexes. Nous rendons complexe ce qui est simple, ce qui est, et nous nous noyons dans cette complexité. Nous ne prêtons l'oreille qu'au bruit toujours croissant de notre confusion. Pour écouter, nous devons être libres. Non que nous ne devions pas avoir de distractions, car penser est une forme de distraction. Nous devons être libres pour être silencieux, et c'est alors seulement que nous pouvons entendre. »

– Krishnamurti, Commentaires sur la vie : Qui êtes-vous ? Intégrale, « La sécurité », J'ai lu, 2015, chapitre 87, p. 376