vendredi 20 septembre 2019

L'amour désintéressé

« L'amour véritable exige le contact avec la vérité, et la vérité ne peut être trouvée que dans la solitude. L'aptitude à supporter la solitude et à passer de longues périodes tranquilles seul en méditation est donc l'une des conditions essentielles pour ceux qui aspirent à l'amour désintéressé. »

– Edward Conze, Buddhist Thought in India, Londres, 1962, p. 85, extrait puisé dans le livre de Thomas Merton, Mystique et Zen, suivi de Journal d'Asie, traduit de l'anglais par C. Tunmer et Jean-Pierre Denis, Paris : Albin Michel, c1961, 1995, p. 397

dimanche 15 septembre 2019

Jardin de pierre
(jardin Zen)





« L'une de leurs caractéristiques est la stricte limitation des matériaux : on emploie surtout la pierre et le sable, parfois quelques végétaux, en l'occurrence des arbustes à lente croissance et à feuilles persistantes de sorte que ces jardins presque immuables sont comme ancrés dans le temps.

Les jardins de pierres sont une expression plastique de la pensée Zen. Ils évoquent l'aridité des déserts, sans en avoir toutefois la stérilité.

Les jardins Zen sont aussi difficiles à comprendre qu'il est malaisé de se connaître soi-même. »

– François Berthier, Le jardin du Ryoanji : lire le zen dans les pierres, Paris : Adam Biro, c1989, 1997, p. 6 et 10

Photos : Chartrand Saint-Louis

samedi 14 septembre 2019

mercredi 11 septembre 2019

Un regard qui balaie l'horizon



« Il avait quelque chose du regard lointain du navigateur qui ne s'attarde jamais sur ce qu'il voit, un regard qui balaie l'horizon, flottant, errant, qui ne peut regarder les choses ou les gens sans imaginer l'immensité qui les entoure, qui a conscience de la distance qui le sépare de ses propres désirs, conscience de l'immensité du monde, et des reflux et des courants qui nous entraînent vers le large. »

– Anaïs Nin, « La cloche de verre », Le visionnaire, Paris, 1975, p. 91, extrait puisé dans le livre de Thomas Merton, Mystique et Zen, suivi de Journal d'Asie, traduit de l'anglais par C. Tunmer et Jean-Pierre Denis, Paris : Albin Michel, c1961, 1995, p. 390

Photo : Chartrand Saint-Louis

mardi 10 septembre 2019

lundi 9 septembre 2019

dimanche 8 septembre 2019

samedi 7 septembre 2019

jeudi 5 septembre 2019

mercredi 4 septembre 2019

Chat enjoué





Photos : Chartrand Saint-Louis

mardi 3 septembre 2019

lundi 2 septembre 2019

Thé au beurre tibétain

« Le thé, c'est-à-dire celui qui est fourni en briques au Tibet et en Mongolie, est bouilli pendant un assez long temps. Le liquide est ensuite versé dans une baratte; on y ajoute du sel, du beurre [de yak] et un peu de soude, celle-ci donne au thé une couleur rosée agréable. Le tout est vigoureusement baratté, puis passé à travers une passoire en bambou afin qu'aucune feuille de thé ne demeure dans le liquide. Celui-ci est alors versé dans de grandes théières qui sont posées sur de la cendre chaude ou bien tenues près du feu afin que le thé qui s'est refroidi pendant le barattage se réchauffe doucement sans arriver au point d'ébullition. Les Tibétains préfèrent boire leur thé tiède. »

– Recette extraite du livre d'Alexandra David-Néel, À l'ouest barbare de la vaste Chine, Paris : Plon, 1947, p. 260

samedi 31 août 2019

La fausse communauté de la société de masse
(la masse dépersonnalisée)

« La société de masse est individualiste en ce sens qu'elle isole chaque sujet individuel de son voisin immédiat; car elle le réduit à une condition où il a des relations impersonnelles, purement formelles et abstraites avec d'autres individus considérés comme des objets. En dissolvant les liens plus intimes et plus personnels de la vie de famille et de petits groupes, tels que la ferme, la boutique de l'artisan, le village, la ville, le petit commerce, la société de masse isole l'individu de « l'autre », humain et concret, et elle le laisse seul et sans soutien en présence du sans-visage, du vide collectif, de la collectivité. Aussi, l'homme de masse se trouve être en relation non pas avec des êtres humains de chair et de sang, ayant la même liberté, la même responsabilité et les mêmes luttes que lui, mais avec des figures archétypes idéalisées : le président, le champion sportif, le chanteur de moins de vingt ans, l'homme de l'espace.

C'est en l'enfermant strictement dans les limites de sa propre non-existence individuelle que la société de masse intègre complètement l'individu dans la masse. »

– Thomas Merton, Mystique et Zen, suivi de Journal d'Asie, traduit de l'anglais par C. Tunmer et Jean-Pierre Denis, Paris : Albin Michel, c1961, 1995, p. 189

jeudi 29 août 2019

Étudier un koan

« Le koan est une phrase énigmatique que le Rochi donne à son disciple comme sujet de méditation. Il est possible que celui-ci passe des heures et des jours à s'efforcer d'analyser cette phrase ou à l'interpréter de manière symbolique; mais chaque fois qu'il revient voir le maître, celui-ci le renvoie pour qu'il continue à chercher la « réponse ». Peu à peu, il commence à comprendre que la nature de son koan est telle que celui-ci ne peut être ni analysé ni interprété intellectuellement. En un certain sens, il a une « solution », mais celle-ci n'est pas une « réponse ». C'est en réalité une solution qui ne peut être connue qu'en étant vécue.

La véritable méditation koan est celle où le disciple en vient à tellement s'identifier avec le koan qu'il expérimente son moi tout entier comme étant une énigme sans réponse. Ce peut être pour lui une expérience tout à fait décourageante; mais s'il poursuit son effort, il peut arriver qu'un jour, tout à coup, il s'accepte précisément comme il est, comme une énigme sans réponse qui soit communicable à d'autres de manière objective. S'il est apte à recevoir l'illumination, il goûtera alors le bonheur de saisir que son expérience personnelle incommunicable du fond de son être et son acceptation sans réserve de son propre néant, loin d'être un problème, sont la source et le centre d'une joie inexprimable.

(...)

Étudier un koan, c'est apprendre à ne pas se laisser arrêter par lui, à ne pas hésiter en face d'une difficulté purement illusoire, à savoir comment continuer sans se livrer à des imaginations et des discussions sans fin, à ne pas faire de projets pour « être efficace » ou « obtenir des résultats ». »

– Thomas Merton, Mystique et Zen, suivi de Journal d'Asie, traduit de l'anglais par C. Tunmer et Jean-Pierre Denis, Paris : Albin Michel, c1961, 1995, p. 123-124, 148

lundi 19 août 2019

La marche taoïste : une marche où l'on flotte

« Marcher à la façon des taoïstes, c'est être réceptif au courant du tao qui traverse sans distinction les rochers, les arbres, les fleuves, les collines et le corps humain.

Marcher à la façon des taoïstes, c'est aller à l'opposé de la pensée linéaire – comme le souffle de la vie, comme un vent qui va et qui vient, un vent circulaire, dansant, labyrinthique.

Marcher à la façon des taoïstes, c'est un peu flotter comme un bout d'étoffe, zigzaguer comme un homme ivre, comme si un vent brusque emportait les pas.

On doit passer inaperçu, se fondre dans la nature, sans laisser de traces, comme les oiseaux. On devient arbre en entrant dans un bois, eau en entrant dans la rivière, rocher en marchant sur les rochers.

Pour le taoïste, marcher c'est être dans un état où le temps n'existe plus, « vomir son intelligence » et traverser les obstacles sans qu'aucun vous heurte.

Marcher comme une feuille morte tombée de l'arbre que le vent emporte, sans savoir si c'est le vent qui vous porte ou si vous portez le vent...

Celui qui marche en réalisant l'harmonie s'identifie totalement avec les êtres et les choses; il pénètre les éléments. »

– Jacques Vigne, Marcher, méditer, Paris: Albin Michel, 1998, auteur additionnel: Michel Jourdan (coll. Espaces libres), p. 72-74

dimanche 18 août 2019

samedi 17 août 2019

vendredi 16 août 2019

Le Zen « essuie-miroir »

« L'intuition Zen est une saisie de l'être lui-même, mais pas une intuition de la nature de l'être. L'intuition Zen ne peut pas non plus être décrite en termes psychologiques; la concevoir comme une expérience subjective, à laquelle on peut « parvenir » par une sorte de purification de l'esprit, est se vouer à l'erreur et à l'absurde. On en est venu à appeler cette erreur « le Zen essuie-miroir », car elle se représente l'esprit comme un miroir que « quelqu'un » (et qui ?) doit garder propre. »

– Thomas Merton, Mystique et Zen, suivi de Journal d'Asie, traduit de l'anglais par C. Tunmer et Jean-Pierre Denis, Paris : Albin Michel, c1961, 1995, p. 38

jeudi 15 août 2019

mercredi 14 août 2019

Le Zen de Hui Neng (sixième patriarche)

« Hui Neng n'était pas quiétiste. Sa réaction n'était pas non plus activiste. Elle était cependant dynamique. Elle frayait un passage vers quelque chose de tout à fait original et neuf.

Il refusait de séparer la méditation comme moyen (dhyana) de l'illumination comme fin (prajna). Pour lui, elles étaient réellement inséparables et la discipline du Zen consistait à s'efforcer de réaliser l'intégration et l'unité de prajna et dhyana dans toutes les actions de l'intéressé, si extérieures, si banales et si insignifiantes qu'elles puissent être.

Pour Hui Neng, c'est toute la vie qui est le Zen. On ne pouvait pas trouver le Zen tout simplement en se détournant de la vie active pour s'absorber dans la méditation. Le Zen est la prise de conscience elle-même du dynamisme de la vie se vivant en nous et y étant consciente d'elle-même, comme d'une seule et même vie vivant en tous.

Selon Hui Neng, il n'y a rien à atteindre, et s'employer à trouver un « moyen » d'y parvenir n'est que se tromper soi-même. On « n'atteint » pas le Zen par une méditation essuyant un miroir, mais par l'oubli de soi dans le présent existentiel de la vie, telle qu'elle est concrètement. »

– Thomas Merton, Mystique et Zen, suivi de Journal d'Asie, traduit de l'anglais par C. Tunmer et Jean-Pierre Denis, Paris : Albin Michel, c1961, 1995, p. 40 et 45

dimanche 11 août 2019

Savoir observer

« Si on n'attend rien de lui, si on se contente simplement de l'observer en silence et avec attention, le monde peut nous offrir bien des trésors dont les gens comblés par le succès et par l'existence n'ont pas idée. Savoir observer est un art admirable, un art raffiné, utile et souvent très plaisant. »

– Hermann Hesse, L'art de l'oisiveté ; traduit de l'allemand par Alexandra Cade, Paris : Calmann-Lévy, 2002, p. 155

samedi 10 août 2019

Chat curieux



Photo : Chartrand Saint-Louis