vendredi 13 juillet 2018

Liberté de pensée et d’action

« Cette liberté ne consiste pas à pouvoir faire « ce que l’on veut »; ce n’est pas non plus l’arbitraire ou l’obstination, ni la soif d’aventures, mais au contraire la faculté d’accepter avec l’esprit ouvert l’imprévu, l’inattendu de certaines situations de la vie, bonnes ou mauvaises; la faculté de s’adapter à une infinie variété de conditions sans perdre confiance dans le rapport étroit entre le monde intérieur et le monde extérieur.

...ce qui fait la rivière, c’est le courant, la continuité de son mouvement. »

– Lama Anagarika Govinda, Le Chemin des nuages blancs : pèlerinages d’un moine bouddhiste au Tibet, Paris : Albin Michel, 2008, p. 95 (coll. « Spiritualités vivantes »)

vendredi 22 juin 2018

Le dépassement des opposés

« Une autre forme sous laquelle s’exprime le Zen est la négation des opposés. L’important est de ne pas être « pris » dans l’une des « quatre propositions » suivantes : 1) « Cela est A »; 2) « Cela n’est pas A »; 3) « C’est à la fois A et non-A »; et 4) « Ce n’est ni A ni non-A ». Lorsque nous faisons une négation ou une assertion, nous sommes certains d’entrer dans l’une de ces formules logiques. Tant que l’intellect doit suivre l’ornière du dualisme, c’est inévitable. Mais le Zen estime que la vérité peut être atteinte lorsqu’elle n’est ni affirmée ni niée. Tel est bien le dilemme de la vie, mais les maîtres du Zen insistent toujours pour l’esquiver. »

– Daisetz Teitaro Suzuki, Essais sur le bouddhisme zen, séries I, II et III, traduits sous la direction de Jean Herbert, Paris : Albin Michel, 1972, p. 324-325

lundi 18 juin 2018

L'économie circulaire

« On vit aujourd’hui dans un système économique linéaire qui a fait son temps. On extrait des ressources avec lesquelles on fabrique des produits que l’on jette ensuite aux ordures. L’humanité génère une quantité de déchets et de pollution qui excède la capacité de la nature à les absorber. (…) Les conséquences de ses excès comprennent les changements climatiques, les extinctions d’espèces et l’accumulation de polluants organiques persistants, dans la faune et les écosystèmes de toutes les latitudes. Pour ne rien arranger, la population mondiale augmente en flèche et devrait atteindre 9 milliards en 2050. (…) En ces circonstances, l’urgence de rompre avec l’économie linéaire devrait sauter aux yeux.

(...)

Heureusement, la nature est porteuse d’un modèle remarquable à partir duquel on peut repenser l’économie. Dans un système vivant, le déchet d’une espèce est l’aliment d’une autre espèce. La matière est recyclée à l’infini : c’est une caractéristique fondamentale de la durabilité.

(...)

L’économie circulaire part du principe selon lequel la Terre est un espace fini : les ressources non renouvelables comme les combustibles fossiles et les minerais existent en quantité limitée, les écosystèmes produisent des ressources renouvelables, tels les poissons et les forêts, en quantité limitée, et la capacité de la planète à assimiler les déchets, surestimée par l’humanité à ses risques et périls, a aussi ses limites.

Contrairement à l’économie linéaire actuelle, une économie circulaire recycle les matières à l’infini, repose sur les énergies renouvelables, minimise ou interdit l’usage de substances chimiques toxiques et ne génère ni pollution ni déchets, tout ceci grâce à une conception rigoureuse des biens. (…) Une telle redéfinition des biens et des processus apparente les ordures à de futures ressources tout en atténuant les impacts de l’économie sur l’environnement. »

– David R. Boyd, Environnement : les années optimistes, Éditions MultiMondes, 2016, p. 90-91

lundi 11 juin 2018

Le sort du Tibet

« Les événements du Tibet symbolisent le sort même de l’humanité. Sur une scène gigantesque nous assistons au combat entre deux mondes, combat qui – selon les spectateurs – peut être interprété comme un affrontement entre le passé et le futur, la stagnation et le progrès, la foi et la science, la superstition et la connaissance, ou encore comme une lutte entre la liberté spirituelle et le pouvoir matériel, entre la sagesse du coeur et le savoir cérébral, entre la dignité de l’individu humain et l’instinct grégaire de masses, entre la foi dans les hautes destinées de l’homme – aboutissement d’un développement intérieur – et la croyance en une prospérité matérielle due à un accroissement constant de la production des biens de consommation. »

– Lama Anagarika Govinda, Le Chemin des nuages blancs : pèlerinages d’un moine bouddhiste au Tibet, Paris : Albin Michel, 2008, p. 9 (coll. « Spiritualités vivantes »)

dimanche 27 mai 2018

La survie prolongée de l’humanité

« La survie prolongée de l’humanité dépend désormais d’actions peu populaires : réduction de la puissance et du nombre des automobiles, remise en cause de toute notre société de consommation; puis réduction de la croissance démographique, etc.

Notre survie dépend de nos dirigeants, donc de l’opinion publique, donc de ceux qui l’informeront; leurs responsabilités n’ont jamais été aussi graves. »

– René Dumont, « Lettre à Solagral », 28 mai 1989 (Réponse non publiée par Solagral). Citation puisée dans le livre de René Dumont, Mes combats : Dans quinze ans, les dés seront jetés, Paris : Plon, 1989, Annexe III (Coll. « Terre humaine »)

dimanche 13 mai 2018

Mouvement écologiste et mobilisations citoyennes au Québec

« Le mouvement écologiste est né – au Québec comme ailleurs – autour de la première Conférence de l’ONU sur l’environnement humain qui s’est tenue en 1972. Confirmant les inquiétudes de précurseurs qui avaient lancé l’alerte, le rapport Meadows (1972) exhortait alors les États à stopper la croissance économique.

Au Québec, territoire d’abondantes ressources, ce sont surtout les questions relatives à l’eau et à l’énergie qui ont mobilisé les citoyens et les citoyennes, à travers les enjeux des déchets toxiques, des pluies acides, des pesticides, du nucléaire et des grands barrages, entre autres, ainsi que de l’usurpation agressive des ressources minières et forestières.

(...)

Une remarquable filmographie a déjà été produite au Québec sur différentes questions socioécologiques dans les 20 dernières années, en écho ou en soutien aux mobilisations citoyennes qui y sont associées, notamment : L’Erreur boréale (1997), Chercher le courant (2010), Trou story (2011), Anticosti (2014), La ferme et son état (2017), et d’autres encore. De même, de nombreuses monographies ont été publiées, dont Rabaska (2009), Sortir le Québec du pétrole (2015) ou La ferme impossible (2015). Au théâtre, Tout ça m’assassine (2011) et J’aime Hydro (2016) sont des exemples de mise en scène de dynamiques citoyennes. »

– Extraits puisés dans l’article de Lucie Sauvé, « Mémoire des luttes au creux des territoires », Relations 796, mai-juin 2018, p. 27-28

mardi 8 mai 2018

Le crime d’écocide

« Le crime d’écocide est entendu comme « le fait de porter une atteinte grave à l’environnement ou de détruire celui-ci de manière à altérer de façon grave et durable le bien commun et les services écosystémiques dont dépendent certains groupes humains ».

(...)

Le terme écocide a été utilisé pour la première fois en 1970 par Arthur Galston, botaniste et président du département de botanique de l’Université de Yale. Ses recherches ont abouti à l’invention de l’Agent Orange, un herbicide très toxique pulvérisé par les États-Unis pendant la guerre du Vietnam.

(...)

Malgré les nombreux outils proposés par le droit environnemental national et international ainsi que par le droit pénal international, des vides juridiques demeurent en matière de protection de l’environnement.

Le droit international doit encore définir avec précision la responsabilité pénale en matière de crimes d’écocide, que ceux-ci soient commis en temps de paix ou dans le cadre de conflits armés.

Compte tenu de la prise de conscience croissante de l’humanité de l’importance capitale de l’intégrité de l’environnement pour la préservation de la vie sur terre, la reconnaissance du crime d’écocide, s’il devait être intégré au droit international, permettrait de décourager et de punir les agissements mettant en péril les plus essentielles des valeurs de nos sociétés. » (nos soulignés)

– Extraits tirés de l’Avis juridique consultatif, Tribunal international Monsanto, La Haye, 18 avril 2017, p. 51-53

jeudi 3 mai 2018

Notre humanité commune

« La reconnaissance de notre humanité commune, qui est inhérente à la compassion pour nous-mêmes, est une puissante force de guérison… Quel que soit notre état de détresse, notre humanité ne peut jamais nous être enlevée. »

– Kristin Neff, extrait puisé dans le livre de Matthieu Ricard, Visages de paix, terres de sérénité, Paris : Éditions de La Martinière, 2015

lundi 30 avril 2018

Préserver une harmonie durable

« Le juste milieu entre croissance et décroissance se situe dans une harmonie durable, c’est-à-dire une situation qui assurerait à chacun un mode de vie décent, réduirait les inégalités, et permettrait une croissance qualitative – faire mieux avec moins –, tout en cessant d’exploiter la planète à un rythme effréné.

À l’heure actuelle, alors que nous approchons des limites de ce que la Terre peut nous offrir et supporter, nous devons reconnaître que notre bien-être futur dépend de notre capacité à rester en deçà des seuils de sécurité. Il est de notre devoir de faire preuve d’altruisme envers les générations à venir, et de nous préoccuper également du sort du 1,3 million d’espèces avec qui nous partageons cette planète. »

– Matthieu Ricard, Visages de paix, terres de sérénité, Paris : Éditions de La Martinière, 2015

lundi 23 avril 2018

La biodiversité en péril

« Tout ce qui met en péril la biodiversité trouve son origine dans l’appât du gain, moteur de notre société de consommation. Pour sauver la nature et ses animaux, nous devrions avoir le courage de transformer notre société, une société qui gaspille l’eau, qui épuise les ressources énergétiques, qui construit des routes et des barrages défigurant la planète, qui assèche les fleuves et les rivières pour accroître sa production agricole. (...) Le jour où nous déciderons que l’appât du gain est contraire aux lois de la nature, nous serons en mesure de sauver le tigre et le panda. Mais pas avant. »

– Extrait du livre de Michel Peissel, Le dernier horizon : à la découverte du Tibet inconnu, Paris : Robert Laffont, 2001, p. 79-80

dimanche 15 avril 2018

L'idéal du Zen

« L’idéal du Zen est d’être « le vent qui souffle où il veut et le son que nous entendons mais dont nous ne pouvons dire d’où il vient ni où il va ». »

– Daisetz Teitaro Suzuki, Essais sur le bouddhisme zen, séries I, II et III, traduits sous la direction de Jean Herbert, Paris : Albin Michel, 1972, p. 408

dimanche 8 avril 2018

L’agitation de la dualité

« Peu d’hommes fixent leur esprit sur un seul point,
Bien peu renoncent à l’agitation de la dualité. »

– Chant de Milarépa, extrait puisé dans le livre de Marie-José Lamothe, Dans les pas de Milarépa : De l’Everest au Mont Kailash, Paris : Albin Michel, 1998, p. 140

jeudi 5 avril 2018

La mise en action des idées

« La validité des idées doit subir l’épreuve finale de leur application pratique. Lorsqu’elles y échouent, c’est-à-dire lorsqu’elles ne peuvent être appliquées dans la vie quotidienne en y produisant une harmonie et une satisfaction durables, et en procurant un réel bénéfice à tous les individus en jeu – à soi-même aussi bien qu’aux autres – on ne peut dire d’aucune idée qu’elle est valide et pratique. »

– Daisetz Teitaro Suzuki, Essais sur le bouddhisme zen, séries I, II et III, traduits sous la direction de Jean Herbert, Paris : Albin Michel, 1972, p. 375

mardi 3 avril 2018

Proverbes khambas

« L’homme n’est pas fait pour le confort,
Comme la chèvre n’est pas conçue pour vivre dans la plaine.

Ceux qui aiment l’effort peuvent accomplir des milliers d’actions,
Ceux qui aiment le confort n’accomplissent rien.

Bonheur ou chagrin, c’est l’homme qui décide,
Seules la chance et une longue vie ne dépendent pas de nous.

Les mangeurs et les buveurs gagnent,
Les pleurnichards perdent.

Pour qui n’a pas de soupe en ce bas monde,
À quoi bon une louche au Ciel?

L’expert est le sage,
Et la sagesse, c’est comme d’avoir mille yeux. »

– Extraits du livre de Michel Peissel, Un barbare au Tibet : à la découverte des sources du Mékong; traduit de l'anglais par Jean-Pierre Bardos, Paris : Éditions du Seuil, 1998, p. 90, 140, 142 et 144.

jeudi 29 mars 2018

État ordinaire d’esprit

« Le Zen est notre « état ordinaire d’esprit », c’est-à-dire qu’il n’y a dans le Zen rien de surnaturel ou d’inusité ou de hautement spéculatif, qui dépasserait notre vie quotidienne. Quand vous avez sommeil, vous allez vous coucher; lorsque vous avez faim, vous mangez, ni plus ni moins que les oiseaux de l’air et les lis des champs, ne prenant « aucun souci de votre vie, de ce que vous mangerez ou boirez, ni de votre corps, ni de le vêtir ». Tel est l’esprit du Zen. »

– Daisetz Teitaro Suzuki, Essais sur le bouddhisme zen, séries I, II et III, traduits sous la direction de Jean Herbert, Paris : Albin Michel, 1972, p. 358

mardi 27 mars 2018

La peinture soumiye (ou sumi-e)



« La vie dessine son déroulement sur la toile appelée temps; et le temps ne se répète jamais : une fois parti, il est parti pour toujours; il en est de même d’un acte; une fois fait, il n’est jamais défait.

La vie est une peinture soumiye qui doit être exécutée une fois pour toutes, sans hésitation, sans intervention de l’intellect, sans que la moindre correction soit permise ou possible. Elle n’est pas comme une peinture à l’huile qui peut être effacée et repeinte à plusieurs reprises, jusqu’à ce que l’artiste soit satisfait. Dans la peinture soumiye, le moindre coup de pinceau sur lequel on repasse une seconde fois devient une tache. La vie l’a quittée. Toutes les corrections apparaissent quand l’encre est séchée. Il en est de même de la vie. Nous ne pouvons jamais reprendre ce que nous avons engagé dans l’action; que dis-je? Ce qui a passé une fois par la conscience ne peut jamais en être effacé. »

– Daisetz Teitaro Suzuki, Essais sur le bouddhisme zen, séries I, II et III, traduits sous la direction de Jean Herbert, Paris : Albin Michel, 1972, p. 355

jeudi 22 mars 2018

Entretiens avec Alexandra David-Néel (Tibet, Inde,Chine)



« À l’âge de 88 ans, Alexandra David-Néel (1868-1969) accorde une série d’entretiens à Radio-Genève, sur le Tibet, l’Inde, et la Chine. Elle y raconte ses pérégrinations où l’accompagnait son fils adoptif, le Lama Yongden, l’accueil des populations locales, les conditions de la vie quotidienne, l’évolution des mœurs. Les six entretiens qui ont servi de base à cette publication ont été enregistrés dans sa propriété de Digne-les-Bains le 4 août 1956. Ils sont une des rares traces de la voix d’Alexandra David-Néel racontant ses voyages et ses recherches sur les religions du Tibet et de l’Inde, ses contacts directs avec les monastères et les ermites. »

mardi 20 mars 2018

La lumière du ciel

« On ne peut voir ni l’essence ni la vie
Elles sont contenues dans la lumière du ciel
On ne peut voir la lumière du ciel
Elle est contenue dans les yeux. »

– Lu Tsou, citation puisée dans le livre d’Hubert Reeves, Le banc du temps qui passe : méditations cosmiques, Paris : Seuil, 2017, p. 79 (Le texte est issu d’un ancien traité taoïste, attribué à Lu Tsou, Le secret de la fleur d’or.)

jeudi 15 mars 2018

Le sens du mystère

« Le plus beau sentiment du monde, c’est le sens du mystère. Celui qui n’a jamais connu cette joie, ses yeux sont fermés. J’éprouve l’émotion la plus forte devant le mystère de la vie. »

– Albert Einstein, citation puisée dans le livre d’Hubert Reeves, Le banc du temps qui passe : méditations cosmiques, Paris : Seuil, 2017, p. 74 (La citation d’Einstein se trouve dans Einstein, Philosopher Scientist (Living Philosophers), 1951)

mardi 13 mars 2018

Double procédé de méditation

« Lorsque l’on médite, l’on s’aperçoit que les idées jaillissent l’une de l’autre, en foule et avec une extrême rapidité. (…) La condition où l’on parvient, alors, ressemble à celle d’un homme qui, placé sur le bord d’une rivière regarde couler l’eau. L’esprit observateur et tranquille regarde ainsi passer le flot ininterrompu – comme l’eau d’une rivière, – des idées qui se pressent à la suite les unes des autres. (…)

En second lieu vient l’exercice consistant à laisser sans leur donner de forme, les idées qui surgissent. Quelle que soit l’idée qui se présente, il ne faut pas lui accorder d’attention, l’abandonnant à elle-même, sans se laisser influencer par elle, sans raisonner à son sujet, et, aussi, sans chercher à l’écarter. L’esprit ressemble ainsi au berger gardant un troupeau et il continue à méditer. (…)

En gardant l’esprit détendu, coulant comme l’eau paisible d’une rivière, la Réalité s’y reflète.

Et le Sage Saraha a résumé ce double procédé de méditation par les vers suivants :

Quand l’esprit est retenu lié, il s’efforce de vagabonder dans les dix directions.
Lorsqu’il est laissé libre, il demeure immobile.
J’ai compris qu’il était un animal contrariant, comme le chameau. »

– Alexandra David-Néel, Initiations lamaïque, Éditions Adyar, 1999, p. 247-249

jeudi 8 mars 2018

Faire mieux avec moins

« Décroissance des moyens utilisés – énergie, matières premières – et croissance du recyclage des déchets et de la récupération de l’énergie solaire. »

– Hubert Reeves, Le banc du temps qui passe : méditations cosmiques, Paris : Seuil, 2017, p. 177

mardi 6 mars 2018

Humanisation de l’humanité

« Le long sentier vers l’humanisation de l’humanité est éclairé par trois luminaires : le désir de comprendre le monde (la science), de l’embellir (l’art) et d’aider les êtres vivants à vivre (l’empathie).

Trois mots à retenir : « connaître », « créer », « compatir ». »

– Hubert Reeves, Le banc du temps qui passe : méditations cosmiques, Paris : Seuil, 2017, p. 145

jeudi 1 mars 2018

Je peux dire "je" parce qu’on m’a dit "tu"

« Je peux dire "je" parce qu’on m’a dit "tu". »

– Albert Jacquard, citation puisée dans le livre d'Hubert Reeves, Le banc du temps qui passe : méditations cosmiques, Paris : Seuil, 2017, p. 107

mardi 27 février 2018

Oasis Nature

Hubert Reeves explique l’initiative des Oasis nature à Sciences et Avenir.

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On peut créer une Oasis nature, un lieu d’accueil et de préservation de la nature, sur un petit balcon.

En ce qui me concerne, j’ai mis à la disposition des oiseaux urbains des mangeoires à suif et grains pour qu’ils puissent venir se nourrir et s’abriter. Cette oasis me permet d’observer une diversité d’oiseaux, même un écureuil et la corneille si méfiante d’habitude, de même que des papillons et insectes durant la belle saison. Il est agréable de voir la vie s’animer sous ses yeux.



Chartrand Saint-Louis

jeudi 22 février 2018

L’imprévisible nouveauté

« Les lois quantiques engendrent la possibilité d’un nombre infini de configurations différentes, dont les occurrences sont partiellement laissées au hasard. On ne peut en connaître que les probabilités. Après chaque action, les probabilités des configurations suivantes sont modifiées en arborescences toujours plus étalées.

Ainsi, l’évolution de l’univers ressemble plutôt à une gigantesque aventure où des événements contingents arrivent, qui à leur tour modifient le présent d’une façon imprévisible. »

– Hubert Reeves, Le banc du temps qui passe : méditations cosmiques, Paris : Seuil, 2017, p. 263

mardi 20 février 2018

Laisser demeurer l’esprit dans son état naturel

« Après s’être assis dans un endroit retiré et silencieux, on demeurera tout d’abord immobile, tranquille, sans faire aucun effort d’esprit, sans se proposer de méditer et se disposer à accomplir un exercice spirituel en pensant : « Je suis venu, ici, pour méditer… il faut que j’accomplisse l’action de méditer. » Cette tranquillité du corps, de la parole et de l’esprit qui ne sont tendus par aucun effort, qui ne visent à aucun but, est appelée « laisser demeurer l’esprit dans son état naturel ».

– Alexandra David-Néel, Initiations lamaïque, Éditions Adyar, 1999, p. 243

jeudi 15 février 2018

Invitation au recueillement

Ce soir, sur le petit balcon, l’air est frais, la rue plus paisible qu’à l’ordinaire et le ciel est rempli de nuages. Il y a quelques étoiles visibles au loin. Bien que la lune éclaire le ciel, la nuit est d’une belle noirceur. C'est un moment de grand calme qui invite au recueillement.

Chartrand Saint-Louis

mardi 13 février 2018

La belle liberté

« Ho la liberté, la belle liberté, lorsqu’on part se promener vers les champs d’été, en âme seule, loin de son corps! »

– Épitaphe inscrite sur la tombe de K. Hokusai (1760-1849), extrait du livre L’âme du Japon, cahier de coloriages, Paris : Éditions du Chêne, 2015, p. 14

jeudi 8 février 2018

Ce qui s’offre à la vue

Les branches des arbres brillent de mille reflets de cristaux. Le soleil resplendit au loin. Il illumine petit à petit le paysage matinal de ses rayons. Seuls quelques nuages freinent leur passage. Ce matin, la nature est figée par le grand froid hivernal. De rares oiseaux, surtout des corneilles, restent perchés sur les branches. Ils ne bougent pas. D'ailleurs, rien ne semble bouger. De ma fenêtre, je contemple ce magnifique tableau immobile. C’est un spectacle de toute beauté. L’on devrait s’ouvrir chaque jour à ce qui s'offre à la vue.

Chartrand Saint-Louis

mardi 6 février 2018

Laisser les choses passer

« La vérité est une chose étrange. Plus vous la poursuivez et plus elle vous échappe. Il est impossible de la capturer, aussi subtils et habiles que soient vos moyens, et vous ne pouvez pas non plus la maintenir dans le filet de vos pensées. Prenez conscience de cela, je vous en prie, et laissez les choses passer. Le voyage de la vie et de la mort doit s’accomplir seul. Et durant ce voyage, l’expérience, le savoir ou le souvenir ne sont d’aucun secours. L’esprit doit se défaire de toutes les choses qu’il a réunies par besoin de sécurité. Les dieux et les vertus doivent être rendus aux sociétés qui les ont créés. Il est indispensable qu’il y ait une solitude absolue et inaltérée. »

– Krishnamurti, Commentaires sur la vie : Qui êtes-vous ? Intégrale, J'ai lu, 2015, , p. 819

jeudi 1 février 2018

Exister, c’est devenir

« Le principe de conditionnement mutuel signifie la négation de l’individualité comme réalité absolue, car il n’y a rien dans l’existence qui puisse maintenir d’une façon absolue son individualité érigée au-dessus de toutes les conditions de relativité ou de devenir mutuel; en fait, exister, c’est devenir. »

– Daisetz Teitaro Suzuki, Essais sur le bouddhisme zen, séries I, II et III, traduits sous la direction de Jean Herbert, Paris : Albin Michel, 1972, p. 109

jeudi 25 janvier 2018

La parabole de la lampe allumée au grand jour

« [T]andis que le soleil brille, un homme s’entête à vouloir allumer une lampe, sa lampe, afin de s’éclairer ou d’éclairer autrui. En vain, lui représente-t-on qu’il fait grand jour, que le soleil répand sa grande clarté sur toutes choses. Il refuse le bénéfice de celle-ci, ce qu’il désire, c’est une lampe produite par lui. Très vraisemblablement la folie de cet homme tient à ce qu’il ne discerne pas la lumière du soleil, elle n’existe pas pour lui, un écran opaque l’empêche de l’apercevoir. Quel est cet écran? – L’infatuation de soi-même, de sa personnalité et de ses œuvres, les ratiocinations s’opposant à la compréhension. »

– Alexandra David-Néel, Initiations lamaïque, Éditions Adyar, 1999, p. 168

mardi 23 janvier 2018

Les dix entraves selon le bouddihsme

 Les dix entraves qui empêchent un être de parvenir à la libération sont  : «1) La croyance au «  moi ». 2) Le doute. 3) La foi en l’efficacité des rites et des cérémonies. 4) Les désirs sensuels. 5) La colère. 6) Le désir d’exister dans un monde moins grossier que le nôtre (celui de la « forme pure »). 7) Le désir d’exister dans un monde encore plus subtil (le monde « sans forme  »). 8) L’orgueil. 9) L’agitation. 10) L’ignorance.

Le 6 et le 7 peuvent s’entendre comme l’attachement à l’existence portant celui qui l’éprouve – s’il dédaigne le genre d’existence des êtres dans notre monde – à souhaiter vivre dans des états supérieurs d’existence, mais à continuer à vivre d’une vie personnelle. Ce désir est lié à la croyance au «  moi ». »

– Alexandra David-Néel, Initiations lamaïque, Éditions Adyar, 1999, p. 163-164 (note 143)

jeudi 18 janvier 2018

Thème de méditation

« Je dépose le passé. Tout ce que j’ai été, tout ce que j’ai fait dans le passé, je le laisse de côté. Je dépose mes amours, mes haines, mes douleurs, mes joies anciennes.

Je dépose l’avenir. Projets, désirs, espoirs, craintes, etc.

Reste l’agrégat impermanent qui constitue mon « moi » à cet instant même. Je l’examine, analysant chacune de ses parties.

D’où vient cette sensation? Où ira-t-elle lorsqu’elle cessera?
D’où vient cette idée? Où ira-t-elle lorsqu’elle cessera?

Le même questionnaire est appliqué à chacun des cinq éléments qui, d’après les bouddhistes, constituent la personnalité. À savoir : la forme, les perceptions, les sensations, les formations mentales et la conscience-connaissance.

Le fruit de ces introspections est d’amener à constater que les éléments du soi-disant « moi » sont tous impermanents, que l’on ne peut pas attribuer une origine première à cette procession perpétuellement en marche, de sensations, de perceptions, d’idées, ni saisir et fixer aucune d’entre elles, toutes étant dénuées de réalité substantielle de « moi ».

Continuant de cette manière, [l'on] approche de la compréhension du « vide en soi-même ».

Ainsi la méditation est retournée à son point de départ, « Tout est vide », et dans ce vide, les phénomènes constituant l’univers, la soi-disant personnalité et la soi-disant existence naissent d’eux-mêmes. »

– Alexandra David-Néel, Initiations lamaïque, Éditions Adyar, 1999, p. 119-120

mardi 16 janvier 2018

Pluie brumeuse sur le mont Lou

« Pluie brumeuse sur le mont Lou, inondations en Tcheu-kiang,
Ne pas y être allé – mille fois regretté.
(Hâte-toi) avant qu’elles disparaissent !
Puis, le but atteint, rentre pour toujours :
D’autres actions seraient vaines alors.
Pluie brumeuse sur le mont Lou, inondations en Tcheu-kiang. »

Commentaire de Daisetz Teitaro Suzuki : « L’ultime point de vue du Zen est que nous avons été égarés par l’ignorance, qui nous a fait voir une scission en nous, alors que depuis le début il n’était nullement besoin d’une lutte entre le fini et l’infini, et que la paix recherchée avec une telle ardeur était là de tout temps.  »

– Poème de Sou Toung-p’o (en japonais Sotoba) extrait du livre de Daisetz Teitaro Suzuki, Essais sur le bouddhisme zen, séries I, II et III, traduits sous la direction de Jean Herbert, Paris : Albin Michel, 1972, p. 25

jeudi 11 janvier 2018

Gaspillage d’énergie

« Po-chang disait que le Zen signifiait : « Mange quand tu as faim, dors quand tu es fatigué… ». La plupart des gens ne mangent pas, mais réfléchissent à quantité de choses, ouvrant ainsi le chemin à l’agitation mentale. Ils ne dorment pas, mais rêvent de mille et une choses. Leur esprit indompté brûle son énergie dans les soucis, la confusion et les idées vagabondes innombrables, au lieu de se concentrer sur un sujet unique. C’est pourquoi il n’achève jamais ce qu’il se propose de faire car, à l’instant même où il entreprend une chose donnée, il en poursuit déjà une autre, et s’épuise ainsi dans un gaspillage considérable d’énergie.  »

– Alan Watts, extrait du livre : L’esprit du Zen, Éditions Dangles, 1976, p. 107

mardi 9 janvier 2018

La définition est un assassinat

« La vie, même vue sous l’angle de la monotonie des besognes quotidiennes, est essentiellement insaisissable et indéfinissable. Variant d’une seconde à l’autre, elle ne peut être immobilisée, et nous ne pouvons ni l’analyser ni la définir. Réfléchir à la vitesse du temps ou du cours des événements équivaut à nous engager dans un tourbillon, car elle est incalculable. Plus nous nous efforçons de retenir le moment présent ou une sensation agréable, d’en trouver une définition susceptible de nous satisfaire pour toujours, plus l’objet de notre convoitise devient intangible. On dit que la définition est un assassinat. En effet, si le vent s’arrêtait de souffler, même une seule seconde, pour nous permettre de le saisir, il cesserait d’être vent. Le même principe est applicable à la vie. »

– Alan Watts, extrait du livre : L’esprit du Zen, Éditions Dangles, 1976, p. 52

jeudi 4 janvier 2018

Liberté spirituelle

« [L’on] atteint la liberté spirituelle au moment même où [l’on] s’aperçoit que la souffrance inhérente à l’homme procède de son envie d’enfermer le vent dans une boîte et de retenir la vie, sans lui donner la possibilité de vivre.  »

– Alan Watts, extrait du livre : L’esprit du Zen, Éditions Dangles, 1976, p. 76

mardi 2 janvier 2018

Laisser du jeu

« Le mot "jeu" signifie jouer, s’amuser, mais il exprime également l’idée d’un espace vide. Idée que l’on retrouve dans l’expression française : laisser du jeu. Ce jeu contient une notion d’espace vide nécessaire pour une action. Ainsi, l’on peut discerner dans le jeu, l’idée de Vide qui est au coeur de la pratique du bouddhisme. Vacuité, qui est atteinte quand tout désir a été abandonné et que se vit un vrai détachement. Non pas dans une volonté de renoncement. Bien au contraire! C’est parce que tout est là, dans ce moment présent, que l’être est comblé au-delà de toute mesure. »

– Claire S. Fontaine, extrait du livre : Contes Zen : Ryôkan, le moine au coeur d’enfant, traduction du japonais et composition par Claire S. Fontaine, Paris : Le Courrier du Livre, 2001, p. 9-10