vendredi 17 janvier 2020

La bravoure

« La bravoure est encore la plus sûre des attitudes. Les choses perdent de leur épouvante à être regardée en face, comme les fantômes que crée l'ombre de la nuit, elles apparaissent toutes différentes à celui qui marche vers elles et les scrute. »

– Alexandra David-Néel, Journal de voyage (t. 1) : Lettres à son mari, p. 246

mardi 14 janvier 2020

La solitude

« Il est des êtres à qui la solitude est affreusement pénible. Je crois bien qu'elle l'est à tout le monde, seulement, selon les caractères divers des mentalités, la "solitude" revêt d'autres aspects. Il est des gens qui ne peuvent souffrir la solitude physique. [...] C'est la mentalité du mouton qui ne peut vivre loin du troupeau. [...] Il y en a qui souffrent de la solitude sentimentale, du manque d'amitié ou de tendresse, qui ont besoin qu'on s'occupe d'eau, qu'on les cajole. Les enfants sont dans ce cas! Les petits et beaucoup de grands enfants aussi. [...] Et puis il y a encore des gens à qui la solitude intellectuelle est insupportable. Je confesse ma faiblesse. Je suis du nombre. Ne pouvoir parler à personne d'études, de philosophie... supplice pénible. [...] Et, au sommet de cette échelle, il y a les solitaires qui paraissent n'avoir besoin d'aucune compagnie. Eh bien, ce serait erreur de le croire. J'en connais quelques-uns de ceux-là qui vivent pendant des années dans des endroits presque inaccessibles, sans voir qui que ce soit. Leur solitude n'est qu'apparente. Leur esprit est un monde, un monde peuplé d'êtres-idées innombrables et leur caverne est un salon où l'on cause... où l'on cause même fort bien. »

– Alexandra David-Néel, Journal de voyage (t. 1) : Lettres à son mari, p. 363-365

samedi 11 janvier 2020

Renoncer à soi

« Chaque fois qu'on voit virevolter les pensées et qu'on les identifie, on renonce à soi : on abandonne le petit moi – les pensées ne sont rien d'autre – pour revenir à ce qui se passe. On revient à la conscience de ses sensations physiques, du bruit des voitures, de l'odeur du déjeuner. [...] Résultat : la vie rentre en scène. »

– Charlotte Joko-Beck, Vivre zen, Pocket, 1996, p. 290

jeudi 9 janvier 2020

La vue erronée

« Nous déchiffrons mal le monde et nous disons qu'il nous trompe. »

– Rabindranath Tagore, citation puisée dans le livre de Matthieu Ricard et Wolf Singer, Cerveau et méditation : dialogue entre le bouddhisme et les neurosciences, Allary Éditions, 2017, p. 244

mardi 7 janvier 2020

Vers du Dhammapada

« Pleine de charme est la forêt solitaire pour le yogui dont le coeur est vide de désir. »

« Quel sujet de rire, quelle joie y a-t-il dans ce monde?... »

– Alexandra David-Néel, Journal de voyage (t. 1) : Lettres à son mari, p. 289 et 295

samedi 4 janvier 2020

Le Koan géant de la vie

« L’expression importante est « lâcher-prise ». En effet, si le Koan est un symbole miniaturisé du gigantesque Koan de la vie, le grand dilemme que tout homme tente de résoudre – si inconsciemment qu’il soit – il ne peut, tout comme la vie, être saisi. […] Ainsi, au moment où le disciple atteint le stade où le Koan esquive de façon catégorique toute tentative de vouloir-saisir, il prend conscience de l’impossibilité de saisir, de posséder et d’immobiliser la vie. Il lâche donc prise et ce lâcher-prise signifie l’acceptation de la vie en tant que vie, c’est-à-dire : insaisissable, libre, spontanée, et illimitée. Le Koan est une façon de présenter le problème essentiel de la vie sous une forme plus intense. L’impasse finale du Koan, c’est-à-dire son expression vivante, amplifie l’impasse à laquelle aboutissent inévitablement ceux dont le désir est de s’emparer d’une chose vivante dans le but de la garder et de soumettre sa vie à la leur. »

– Alan Watts, L’esprit du Zen, Paris, Éditions Dangles, 1976, p. 68

mardi 31 décembre 2019

Lâcher-prise

« La révélation de la plénitude de ce que nous sommes, tant en surface qu'en profondeur, ne se réalise qu'au cours des relations de la vie quotidienne. Le livre de la vie est plein d'enseignements, mais nous ne parvenons pas à déchiffrer les caractères dans lesquels il est écrit. Ces caractères sont essentiellement vivants : ce sont les réactions mentales et émotionnelles apparaissant en nous au cours de nos relations avec les êtres, et les choses. Aux yeux d'une observation silencieuse, non déformée par des jugements de valeurs favorables ou défavorables, les agrégats d'éléments psychiques formant le "moi" se révèlent pleinement et se dissolvent comme les brumes se dissipent au soleil. C'est le "lâcher-prise" du Zen. »

– Robert Linssen, L'éveil suprême, Paris, Courrier du livre, 1970, p. 69

jeudi 26 décembre 2019

mercredi 25 décembre 2019

Digressions de Noël

« (...) en ces jours que le commun des mortels appelle jours de fête... Pourquoi de fête pour les non-chrétiens qui ne croient pas au Sauveur et pourquoi pour les soi-disant chrétiens qui renient son enseignement, qui par leur vie, bafouent son exemple et le crucifieraient en toute hâte s'il s'avisait de revenir dans ses haillons de Bédouin avec son langage passionné de prophète rustique. (...)

Combien nombreux ils ont été ceux qui, petits ou grands, géniaux ou naïfs, ont tenté de rassembler l'humanité misérable pour une vie plus haute ou plus douce et combien se sont fait tuer à cette tâche qui semble impossible et qui reste pourtant l'invincible tentation à laquelle cède, chaque jour, quelque âme hantée par le rêve éternel, le rêve fou, peut-être, qui fait les Christ et les Bouddha. »

– Alexandra David-Néel, Journal de voyage (t. 1) : Lettres à son mari, Lettre de Aydar, 25 décembre 1911, p. 77

mardi 24 décembre 2019

Les couleurs du drame

« Rien n'est tragique que ce à quoi l'on prête soi-même les couleurs du drame. »

– Alexandra David-Néel, Lettre de Kum-Bum, 15 mars 1920, extrait puisé dans le livre de Jacques Brosse, Alexandra Davie-Neel : Aventure et Spiritualité, Paris : Albin Michel, 1991, p. 212

samedi 21 décembre 2019

La nature de la méditation

« C'est le secret d'être capable d'abandonner toutes les pensées imaginatives avec les semences qui les engendrent. »

–Tsong-K'a-pa, extrait du Lamrin, citation puisée dans le livre de Jacques Brosse, Alexandra Davie-Neel : Aventure et Spiritualité, Paris : Albin Michel, 1991, p. 205

lundi 16 décembre 2019

Paysage du Sikkim

« Il y a surtout un certain col au milieu duquel bondit un large torrent qui est entièrement boisé d'arbres morts et tous ces arbres sont brisés, ont les branches arrachées, sont décapités, coupés en deux, les morceaux gisant sur place. C'est une scène de muet carnage, un champ de bataille parmi des êtres d'un autre règne, l'effet est extraordinaire. Et tout cela est éclairé par cette étrange lumière himalayenne unique et surtout saisissante par les jours de soleil. Tout est brumeux, sombre et, chose invraisemblable, une luminosité blanche enveloppe les choses et l'ombre rayonne mystérieusement d'une clarté qui n'est ni soleil ni lune, qui semble ne pas descendre du ciel mais émaner des objets eux-mêmes, ou plutôt de quelque chose qui serait eux, derrière leur forme matérielle. Quel pays... »

– Alexandra David-Néel, Lettre du 11 juin 1912, extrait puisé dans le livre de Jacques Brosse, Alexandra Davie-Neel : Aventure et Spiritualité, Paris : Albin Michel, 1991, p. 107

mercredi 11 décembre 2019

La sagesse

« La grande joie, la grande lumière qui mettent un rayonnement autour de notre vie, n'est-ce pas précisément de voir au-delà de notre personnalité chétive et étroite ?... On a goûté à autre chose, entrouvert une autre porte... sans doute, c'est encore une nursery, pleine de fables chantantes et d'images enfantines à l'usage des "tout-petits" que nous sommes toujours, mais déjà approchons-nous du seuil au-delà duquel cessent la foi, l'espérance, l'anxiété, le désir... et c'est là, à peu près, toute la sagesse. »

– Alexandra David-Néel, Lettre du 11 juin 1912, extrait puisé dans le livre de Jacques Brosse, Alexandra Davie-Neel : Aventure et Spiritualité, Paris : Albin Michel, 1991, p. 109-110

dimanche 8 décembre 2019

Message pour l'anniversaire du Bouddha
(Alexandra David-Néel, 26 avril 1968)

« Le Bouddha avait découvert le fait qui allait devenir la base sur laquelle toute sa doctrine allait s'édifier. Anatta (le non moi).

Avons-nous fait cette constatation ? Avons-nous vu, que cela que nous tenions pour un Moi homogène est, en réalité, un groupe, formé d'éléments divers ? – Groupe dont la constitution varie d'instant en instant, certains de ses membres en s'éloignant, d'autres venant s'y joindre ? Chacun de nous perçoit-il qu'il n'est plus tout à fait le même que celui qui est entré tout à l'heure dans cette salle ?

[...] Des perceptions plus affinées nous amèneront-elles à voir qu'il n'y a ni naissance ni mort, mais seulement perpétuelle transformation, perpétuelle union et séparation d'éléments physiques et mentaux ? Si nous atteignons à cette perception, [...] nous aurons atteint la compréhension qui procure l'inaltérable paix, la quiétude bienheureuse de l'observateur détaché. [...] S'il en est ainsi, n'éprouvant ni penchants ni aversions, et suivant le conseil de Bouddha, portant nous-mêmes le flambeau qui éclaire nos pas, nous aurons acquis la véritable libération. »

– Alexandra David-Néel, 26 avril 1968. Ce sont les derniers mots du dernier message d'Alexandra pour l'anniversaire du Bouddha. Extrait puisé dans le livre de Jean Chalon, Le lumineux destin d'Alexandra David-Néel, Librairie Académique Perrin, 1985, p. 537-538

jeudi 28 novembre 2019

Les vrais compagnons

« Les vrais compagnons, ce sont les arbres, les brins d'herbes, les rayons du soleil, les nuages qui courent dans le ciel crépusculaire ou matinal, la mer, les montagnes. C'est dans tout cela que coule la vie, la vraie vie, et l'on n'est jamais seule quand on sait la voir et la sentir. »

– Alexandra David-Néel, Journal de voyage (t. 1) : Lettres à son mari, p. 207

lundi 18 novembre 2019

vendredi 8 novembre 2019

mardi 5 novembre 2019

Accueil, échange et don

« Si une place importante n'est pas laissée à l'accueil, à l'échange, au don, au temps gratuit et à l'inutilité, alors c'est la vie elle-même qui n'a plus de place. »

– Dominique Boisvert, L'ABC de la simplicité volontaire, Montréal : Écosociété, 2005, p. 40

dimanche 3 novembre 2019

Sagesse bouddhiste

« Quiconque réussit en ce monde à surmonter ses appétits insatiables personnels verra la tristesse s'éloigner de lui comme les gouttes d'eau tombent de la fleur du lotus. »

– Extrait puisé dans le livre de Dominique Boisvert, L'ABC de la simplicité volontaire, Montréal : Écosociété, 2005, p. 32

vendredi 1 novembre 2019

Ruelles de Québec

Ruelle des Érables



Ruelle des Franciscains



Ruelle des Ursulines



Photos : Chartrand Saint-Louis

jeudi 31 octobre 2019

lundi 28 octobre 2019

Une ville, la nuit



Photo de nuit de la Haute-ville de
Québec : Chartrand Saint-Louis

mardi 22 octobre 2019

Pensée de jeunesse
(Alexandra David-Néel)

« Écoute le bruit régulier de cette horloge, chaque battement est un instant qui fuit, qui ne reviendra jamais. Écoute comme ils se pressent, ainsi coule ta vie. Peut-être que peu de minutes te séparent de la mort, et tu n'as pas encore commencé à vivre, tu n'as pas même choisi un état de vie, qu'attends-tu ?  »

– Alexandra David-Néel, extrait puisé dans le livre de Marie-Madeleine Peyronnet, Dix ans avec Alexandra David-Néel, Paris : Plon, 1973, p. 229

lundi 21 octobre 2019

samedi 19 octobre 2019

Le chant de la forge (Siegfried, Acte I)

« Mime ne réussissant pas à deviner qui pourra reforger Notung, Wotan le quitte en déclarant que seul celui qui ne connaît pas la peur y parviendra et que Mime périra de sa main. De retour, Siegfried demande à Mime s'il a pu forger l'épée. Devant l'incurie du nain, il se met lui-même au travail et entonne « le chant de la forge ». Pendant ce temps, Mime tente en vain de lui inculquer le sentiment de la peur. Siegfried a reforgé Notung : devant Mime terrorisé, il s'en sert pour fendre l'enclume en deux.

(...)

C'est lui qui va être capable de reforger l'épée Notung à partir des débris ramassés par Sieglinde. Il s'agit pour lui de reconstituer l'oeuvre dont l'unité a été détruite. Une fois Notung achevée, le forgeron-poète peut s'écrier : « Tu gisais en tronçons : je t'ai rendu à ton unité ! Nul coup ne te fera plus voler en éclats. » Wagner dira dans une lettre à Mathilde Maier (15 janvier 1863) que, dans son « Chant de la forge », Siegfried est « une espèce terrible d'artiste » dont le chant ressemble à une sorte de « lamentation majestueuse ».

Un air d'opéra autonome, puisque Siegfried est bien ici le compositeur de son chant. »

– Jean-Jacques Nattiez, Les récits cachés de Richard Wagner : art poétique, rêve et sexualité du Vaisseau fantôme à Parsifal, Montréal : Les Presses de l'Université de Montréal, 2018, p. 61 et 71

mardi 15 octobre 2019

mardi 8 octobre 2019

Duo d'amour (Tristan et Isolde, Acte II)

« Le duo d'amour de l'acte II de Tristan est, pour beaucoup, ce moment unique de l'histoire de la musique occidentale où désir sexuel et sentiment du sublime se rejoignent, où, plus profondément, il nous est montré à l'évidence – parce que nous le ressentons sans qu'il soit nécessaire de nous le démontrer – que le fondement du sublime esthétique est de nature sexuelle. »

– Jean-Jacques Nattiez, Les récits cachés de Richard Wagner : art poétique, rêve et sexualité du Vaisseau fantôme à Parsifal, Montréal : Les Presses de l'Université de Montréal, 2018, p. 106

lundi 7 octobre 2019

mercredi 2 octobre 2019

Se réveiller

« Se réveiller, c'est se refuser à croire sans comprendre ; c'est examiner, c'est chercher autre chose que ce qui se montre ; c'est mettre en doute ce qui se présente, étendre les mains pour essayer de toucher ce que l'on voit, ouvrir les yeux pour essayer de voir ce que l'on touche ; c'est comparer des témoignages et n'accepter que des images qui se tiennent ; c'est confronter le réel avec le possible pour essayer d'atteindre le vrai ; c'est dire à la première apparence : tu n'es pas. Se réveiller, c'est se mettre à la recherche du monde. »

– Alain Émile Chartier, extrait puisé dans le livre de Sébastien Barrère, Les États-Unis face au franquisme, 1936-1956, la croisée des chemins, Paris : L'Harmattan, 2013, 222 p. (préface)

mardi 1 octobre 2019

Chanson du printemps (La Walkyrie, Acte I)

« Wagner établit un lien fort entre rêve et création, lien qu'il ne cessera d'exploiter dans chacune de ses oeuvres à venir. On dort et on rêve beaucoup dans les opéras de Wagner. Des airs ayant le statut de chant d'opéra ou certains passages instrumentaux ont d'abord été entendus en rêve.

(...)

Dans La Walkyrie, Siegmund a vu Sieglinde en rêve et Sieglinde a entendu le son de sa voix quand elle était enfant et, dans l'acte I, la chanson du printemps est bien un air d'opéra d'une autonomie certaine.

(...)

Siegmund et Sieglinde s'abandonnent à leur amour. La porte s'ouvre, laissant passer l'atmosphère d'une nuit de printemps. La luminosité de la lune est de plus en plus brillante. Siegmund et Sieglind chantent la beauté de la saison et de la nature. »

– Jean-Jacques Nattiez, Les récits cachés de Richard Wagner : art poétique, rêve et sexualité du Vaisseau fantôme à Parsifal, Montréal : Les Presses de l'Université de Montréal, 2018, p. 20, 59-60

vendredi 27 septembre 2019