jeudi 14 décembre 2017

L’esprit mortifère

« L’esprit est le grand assassin du réel. »
maître tibétain

Commentaire d’Edgar Morin :

« Cette formule me semble très forte parce que je pense que l’esprit trahit toujours la réalité, la dénature, la transmute. C’est l’esprit qui nous sert à communiquer avec la réalité; mais en vérité, c’est ce qui nous empêche de la voir. Les idées trahissent ce qu’elles traitent, et, pourtant, nous en avons besoin. La formulation est forte parce qu’« assassin du réel », pour moi, c’est beau et c’est fort, cela va beaucoup plus loin que trahir la réalité : ça la tue. Je pense qu’il y a quelque chose de mortifère dans l’esprit. S’il se fait un système d’idées qu’il prend pour le monde, alors il mutile le monde sans savoir ce qu’il fait. »

– Edgar Morin, « L’Orient, notre refoulé : entretien avec Edgar Morin », dans L’Orient intérieur : la sagesse importée, sous la direction de Marc de Smedt, Paris : Éditions Autrement, 1985, p. 29-30

mardi 12 décembre 2017

Rien n’est à faire, tout est à défaire

« Quelque chose doit être vu et connu, une erreur dissipée, une « torche apportée dans les ténèbres ». Il faut que le monde illusoire contemplé dans le rêve s’écroule. »

– Alexandra Davie-Néel, « Attention ! », dans L’Orient intérieur : la sagesse importée, sous la direction de Marc de Smedt, Paris : Éditions Autrement, 1985, p. 75

jeudi 7 décembre 2017

Laisser aller l'esprit

« Au lieu de tenter de purifier ou de vider son esprit, il faut simplement le laisser aller, car l’esprit n’est pas un objet pouvant être saisi. Laisser aller l’esprit, c’est aussi donner libre cours aux séquences de pensées et d’impressions qui vont et viennent, sans les entraver, sans les retenir ni les orienter. »

– Hui-neng (637-713), Sixième Patriarche du Zen, extrait du livre d’Alan Watts, Le bouddhisme zen, Éditions Payot, c1960, 1969, 1982, 1991, p. 109

mardi 5 décembre 2017

Rien de spécial

« Avant d’étudier le Zen pendant trente années, je voyais les montagnes comme des montagnes et les eaux comme des eaux. Lorsque je parvins à une connaissance plus intime, je n’arrivais plus à voir les montagnes comme des montagnes et les eaux comme des eaux. Mais maintenant que j’ai pénétré la vraie substance, je suis en paix. Je recommence à voir les montagnes comme des montagnes et les eaux comme des eaux. »
– Ch’ing-yüan

« Je n’ai pas obtenu la moindre chose de l’Éveil incomparable, parfait, et c’est précisément pour cette raison qu’on l’appelle « Éveil incomparable, parfait ». »
– Bouddha dans Vajracchedika

– Extrait du livre d’Alan Watts, Le bouddhisme zen, Éditions Payot, c1960, 1969, 1982, 1991, p. 141

jeudi 30 novembre 2017

Puer le Zen

« Lorsqu’on étudie ou lorsqu’on pratique le Zen, il n’est pas besoin de songer à la doctrine. Comme le vieux maître le dit, être pris dans le filet des notions et des termes zen, c’est « puer le Zen ». C’est pourquoi les maîtres en parlent aussi peu que possible, préférant jeter la réalité concrète directement devant nous. »

– Extrait du livre d’Alan Watts, Le bouddhisme zen, Éditions Payot, c1960, 1969, 1982, 1991, p. 142

mardi 28 novembre 2017

Le non-agir

« Les choses sont mues par les propriétés inhérentes à la substance qui les composent. Le monde et les êtres qui le constituent se meuvent, aussi, selon leurs lois propres et celui qui croit diriger leur organisation et leur mouvement s’abuse, ne voyant pas que lui-même est pris dans le jeu inéluctable des éléments divers formant le monde parce que lui-même est un de ces éléments. Le sage sait cela et « en se mouvant, il reste immobile; en agissant, il n’agit pas. »

– Extrait du livre d’Alexandra David-Néel et du Lama Yongden, La puissance du néant (roman tibétain), Librairie Plon, 1978, p. 154

jeudi 23 novembre 2017

Anecdotes zen

« La plus grande part de la littérature Zen consiste en anecdotes (…). Elles visent toujours à mettre brusquement le questionneur dans un état de conscience particulier ou à éprouver la profondeur de son entendement. C’est pourquoi elles peuvent difficilement être « expliquées » sans risque de gâter leur effet. Elles ont à certains égards une analogie avec les mots d’esprit qui manquent leur effet lorsque le trait d’humour qu’ils comportent requiert une explication. Il faut le saisir immédiatement, ou pas du tout. »

« Je n’ai pas la paix de l’esprit, dit Hui-ko, pacifiez, je vous en conjure, mon esprit!
Apporte ton esprit ici devant moi, répliqua Bodhidharma, et je le pacifierai!
Mais lorsque je le cherche, dit Hui-ko, je ne le trouve pas.
Ça y est! rétorqua Bodhidharma, j’ai pacifié votre esprit. »

– Extrait du livre d’Alan Watts, Le bouddhisme zen, Éditions Payot, c1960, 1969, 1982, 1991, p. 102-103

mardi 21 novembre 2017

Les termes absurdes dans le zen

« Le rôle de ces termes absurdes est d’attirer notre attention sur le fait que la logique et la signification, par leur inhérente dualité, sont une propriété de la pensée et du langage, mais non du monde réel. Le monde concret, non-verbal, ne comporte ni classe, ni symbole ayant une signification autre que la leur propre. En conséquence, il ne comporte pas de dualité puisque la dualité n’apparaît que lorsqu’on classifie, que lorsque nous rangeons nos expériences dans des cases mentales, et une case n’est une case que si elle possède un intérieur et un extérieur.  »

– Extrait du livre d’Alan Watts, Le bouddhisme zen, Éditions Payot, c1960, 1969, 1982, 1991, p. 88

jeudi 16 novembre 2017

Résumé célèbre de la doctrine du Bouddha

« Seule existe la souffrance et non celui qui souffre;
Il y a l’action, mais non pas son auteur;
Le nirvana est, mais non celui qui le poursuit;
Il y a le Chemin, mais non le voyageur. »

– Cité dans le Visuddhimagga, extrait du livre d’Alan Watts, Le bouddhisme zen, Éditions Payot, c1960, 1969, 1982, 1991, p. 70

mardi 14 novembre 2017

Juste tel qu’il est

« Une vive attention dirigée vers l’expérience personnelle directe, vers le monde tel qu’il est perçu immédiatement, de manière à ne pas se laisser induire en erreur par les noms et les classifications. »

– Cité dans le Visuddhimagga, extrait du livre d’Alan Watts, Le bouddhisme zen, Éditions Payot, c1960, 1969, 1982, 1991, p. 66

jeudi 9 novembre 2017

Fameuse définition du Zen

« Lorsque tu as faim, mange; lorsque tu es fatigué, dors.  »

– Po-chang, extrait du livre d’Alan Watts, Le bouddhisme zen, Éditions Payot, c1960, 1969, 1982, 1991, p. 115

mardi 7 novembre 2017

Même lorsqu'elles tombent
Les feuilles ne semblent pas tristes


Photo : Chartrand Saint-Louis

Printemps –
Le vent montagnard m'est pénible.
Même lorsqu'elles tombent
Les fleurs ne semblent pas tristes.

– Musô (1275-1351), poème extrait du livre Zen: images, textes et enseignements, Sélection des textes : Miriam Levering et Maryse et Masumi Shibata, Éditions Gründ, 2002, p. 60

jeudi 2 novembre 2017

Vase clos

« Toutes nos explorations physiques et mentales s’effectuent en vase clos, ce vase clos étant notre individu matériel et spirituel. Nous ne sortons jamais de nous-mêmes. Pensées, perceptions, sensations sont conditionnées par la substance matérielle et spirituelle dont nous sommes faits, il ne peut y avoir d’évasion hors de soi-même ni d’évasion hors du monde où l’on vit, car ce monde n’est pas hors de nous, il est en nous. »

– Alexandra David-Néel, Le sortilège du mystère, Librairie Plon, 1972, p. 134

mardi 31 octobre 2017

Parabole tibétaine concernant la personne

« Une "personne" ressemble à une assemblée composée d’une quantité de membres. Dans cette assemblée, la discussion ne cesse jamais. Parfois, un de ses membres se lève, prononce un discours, préconise une action; ses collègues l’approuvent et il est décidé qu’il sera fait suivant ce qu’il a proposé. D’autres fois, plusieurs membres de l’assemblée se lèvent ensemble, proposent des choses différentes et chacun d’eux appuie ses propositions sur des raisons particulières. Il arrive que ces divergences d’opinions et la passion que chacun des orateurs apporte dans le débat, suscitent des querelles, de violentes querelles, même, au sein de l’assemblée. On en vient à se battre entre collègues.

Il advient, aussi, que certains membres de l’assemblée la quittent d'eux-mêmes; d’autres sont graduellement poussés au-dehors et d’autres, encore, sont expulsés, de force, par leurs collègues. Pendant ce temps, de nouveaux venus s’introduisent dans l’assemblée, soit en s’y glissant doucement, soit en enfonçant les portes.

On remarque, encore, que certains membres de l’assemblée dépérissent lentement; leur voix devient faible, on finit par ne plus l’entendre. Au contraire, d’autres qui étaient débiles et timides se fortifient et s’enhardissent; ils deviennent violents, vocifèrent leurs motions d’une voix tonitruante, ils font trembler leurs collègues, les dominent et finissent par s’instituer dictateurs.

Les membres de cette assemblée, ce sont les éléments physiques et mentaux qui constituent la "personne": ce sont nos instincts, nos tendances, nos idées, nos croyances, nos désirs, etc. Chacun de ceux-ci se trouve être, de par les causes qui l’ont engendré, le descendant et l’héritier de multiples lignes de causes, de multiples séries de phénomènes remontant loin dans le passé et dont les traces se perdent dans les profondeurs de l’éternité. »

C’est ainsi que les psychologues du Tibet expliquent les tendances contradictoires que nous éprouvons et, aussi, nos changements, graduels ou soudains, d’opinion et de conduite. »

– Extrait du livre d'Alexandra David-Néel, Le Bouddhisme du Bouddha, Éditions du Rocher, 1977, 1989, p. 316-317

jeudi 26 octobre 2017

Qu’est-ce que Zen?

« Ce n’est ni simplement une religion ni une philosophie : c’est quelque chose de plus : la Vie elle-même. Zen est une transmission spéciale (de conceptions et de méthodes) en dehors des Écritures canoniques, qui ne dépend point de textes. Ainsi que Bodhidharma l’a déclaré, Zen ne se soucie pas de disserter sur des notions abstraites telles que Dieu, la Vérité; ce que Zen demande au disciple, c’est de voir sa propre physionomie. »

– Extrait du livre d’Alexandra David-Néel, Le Bouddhisme du Bouddha, Éditions du Rocher, 1977, 1989, p. 306

« Il est à remarquer que le terme "zen", qui signifie "méditation" est devenu, dans l’usage courant, la dénomination de la doctrine professée par les disciples de Bodhidharma, un philosophe bouddhiste hindou qui se rendit en Chine vers l’an 520. »

mardi 24 octobre 2017

L’impermanence

« Le caractère transitoire n’est déprimant qu’à l’esprit qui s’entête à vouloir « saisir », mais pour celui qui se laisse aller au gré du courant, comme une balle dans un torrent de montagne, pour employer une métaphore du bouddhisme zen, la notion de l’éphémère ou de la vacuité devient une sorte d’extase. C’est peut-être pourquoi aussi, en Orient comme en Occident, l’impermanence est si souvent le thème de la poésie la plus profonde et la plus émouvante, si profonde et si émouvante que la splendeur du changement transparaît même lorsque le poète semble le regretter le plus vivement :

Demain, demain et encore demain,
Jour après jour sournoisement se faufile,
Jusqu’au dernier jour du temps irréversible,
Et tous nos jours enfuis montrèrent aux insensés
Le chemin de la mort. Éteinte, cette brève chandelle!
La vie n’est qu’une ombre éphémère, un pauvre acteur
Qui s’agite un moment sur la scène du temps
Pour disparaître ensuite : c’est une fable
Contée par un idiot, plein de verve et de rage,
Et qui ne signifie rien. »

– Extrait du livre d’Alan Watts, Le bouddhisme zen, Éditions Payot, c1960, 1969, 1982, 1991, p. 56-57

jeudi 19 octobre 2017

Credo bouddhique

« Toutes les formations (les agrégats) sont impermanentes. Il n’existe pas d’ego dans l’individu, il n’en existe en aucune chose. »

– Alexandra David-Néel, Le Bouddhisme du Bouddha, Éditions du Rocher, 1977, 1989, p. 290

mardi 17 octobre 2017

Assis paisiblement, sans rien faire

« Assis paisiblement, sans rien faire,
Le printemps vient, et l’herbe croît d’elle-même.

Ce « d’elle-même » est la façon d’agir naturelle de l’esprit et du monde, comme les yeux voient par eux-mêmes, comme les oreilles entendent par elles-mêmes, comme la bouche s’ouvre d’elle-même, sans que l’on ait à écarter les mâchoires de force. »

– Poème du Zenrin Kushu et commentaire d’Alan Watts, Le bouddhisme zen, Éditions Payot, c1960, 1969, 1982, 1991, p. 149-150

jeudi 12 octobre 2017

Clair-obscur



Photo : Chartrand Saint-Louis

mardi 10 octobre 2017

Devises d’Alexandra David-Néel

« Marche comme ton coeur te mène et selon le regard de tes yeux. »
(verset de la Bible)

« Soyez à vous-même votre propre lumière, soyez à vous-même votre propre refuge. »
(Dhammapada)

– Extrait du livre de Jean Chalon, Le lumineux destin d’Alexandra David-Néel, Paris : Librairie Académique Perrin, 1985, p. 28 et 64

jeudi 5 octobre 2017

L’esprit socialiste du bouddhisme

« L’esprit du bouddhisme est essentiellement socialiste, c’est-à-dire qu’il enseigne l’union d’actions combinées en vue d’une fin sociale. Il est totalement opposé à cet industrialisme avec sa lutte sans rémission, sans scrupule et sans pitié pour la richesse considérée comme l’objet suprême de l’effort humain, qui ronge les nations soi-disant à la tête du progrès… L’accumulation du capital entre les mains d’un petit nombre ne peut avoir aucune justification morale. »

– Lakshmi Narasu, L’Essence du bouddhisme, extrait du livre de Jean Chalon, Le lumineux destin d’Alexandra David-Néel, Paris : Librairie Académique Perrin, 1985, p. 184

mardi 3 octobre 2017

La connaissance de soi

« Refaites connaissance avec vous-même, apprenez à connaître ce que vous êtes réellement et abandonnez vos efforts hypocrites, votre manie insensée d’être autre chose que ce que vous êtes. »

– Max Stirner, L’Unique et sa propriété, extrait du livre de Jean Chalon, Le lumineux destin d’Alexandra David-Néel, Paris : Librairie Académique Perrin, 1985, p. 125

jeudi 28 septembre 2017

L’idée primordiale du bouddhisme

« Le bouddhisme dit au malheureux étreint par la douleur : « Combats la souffrance, cesse d’être la victime de ta propre stupidité. Tes erreurs, tes préjugés sont les divinités des ténèbres sur l’autel de qui tu immoles le meilleur de ta vie. Apprends à connaître la nature des choses qui t’environnent, à te connaître toi-même. Rends-toi intelligent et la connaissance te fera « libre et heureux ». »

– Alexandra David-Néel, extrait du le livre de Jean Chalon, Le lumineux destin d’Alexandra David-Néel, Paris : Librairie Académique Perrin, 1985, p. 88

mardi 26 septembre 2017

La non-réalité de l’ego

« Parce que nous nous abusons nous-mêmes en croyant à la réalité de notre ego, nous vivons inévitablement dans l’aliénation et le conflit. C’est par suite de cette aliénation que nous voyons les forts vaincre les faibles et les faibles préférer l’esclavage à la mort. Pourtant, lorsqu’ils sont délivrés de l’erreur, les êtres humains tendent naturellement à se rapprocher. »

– Yasutani-roshi, extrait du livre de Philip Kapleau, Les trois piliers du zen, Paris : Éditions Almora, 2006, p. 206

jeudi 21 septembre 2017

Le vent mauvais de l’injustice et de la haine

« Lorsque le vent froid de l’hiver glace les lacs et dessèche l’herbe qui nourrit les troupeaux, lorsqu’il se déchaîne en rafales amenant les tourmentes de neige, hommes et bêtes ressentent ses effets. De même, lorsque souffle le vent mauvais de l’injustice et de la haine, nul ne peut se dire à l’abri de ses effets. »

– Alexandra David-Néel, Le Lama aux cinq sagesses, Plon, Presses Pocket, 1977, p. 340

mardi 19 septembre 2017

La figure de l’avenir

« Sais-tu quelle figure a l’avenir lorsqu’on le regarde?

Elle ressemble à la danse des poussières dans l’air, le long des routes, par les jours de sécheresse. Elles sont là au repos sur la route, elles existent, prêtes à répondre à l’incitation qui les mettra en mouvement. Le vent passe et les voilà qui se soulèvent, voyagent et dansent, se rapprochant, se heurtant, formant des groupes, des dessins imprécis qui se défont avant qu’on ait eu le temps de reconnaître à quoi ils ressemblaient. »

– Alexandra David-Néel, Le Lama aux cinq sagesses, Plon, Presses Pocket, 1977, p. 212

jeudi 14 septembre 2017

L’amour est dans les prés



Photo : Chartrand Saint-Louis
(photo prise à la ferme Cassis et Mélisse,
Saint-Damien-de-Buckland (Chaudière-Appalaches))

mardi 12 septembre 2017

Un vent de fraîcheur

« Dans le cercle du quotidien, dans les tâches réitérées chaque jour mais chaque jour différentes, doit souffler un vent de fraîcheur, fraîcheur qui naît de la découverte, de l'approfondissement de ce que l'on considère trop souvent comme acquis. »

– Taisen Deshimaru, maître zen, extrait du livre Le trésor du zen, textes de Maître Dogen (XIIIe siècle), traduits et commentés par Taisen Deshimaru et présentés par Evelyn de Smedt, Paris : Albin Michel, 2003, p. 239

jeudi 7 septembre 2017

La faculté de discerner le vrai du faux

« Chez la plupart des gens, la faculté de discerner le vrai du faux est une vertu rare; à un sourire, à une gentillesse, on répond aussitôt, sans être capable de discerner l’authentique amabilité de l’hypocrisie. Comment comprendre, par-delà les paroles, le fond de la pensée qui se dissimule? Comment pénétrer l’authentique visage qui se masque d’un sourire? Ce manque de discernement est une faiblesse par rapport à soi-même; on préfère chercher le contentement et se satisfaire de superficialité plutôt que de pénétrer plus loin dans l’authenticité, dont la révélation n’est pas toujours pour conforter l’ego.

Pour apercevoir la vraie réalité, il ne faut pas avoir la faiblesse de choisir entre le plaisir et le déplaisir; il faut être hishiryo, sans notion d’agrément ou de désagrément. »

– Taisen Deshimaru, maître zen, extrait du livre Le trésor du zen, textes de Maître Dogen (XIIIe siècle), traduits et commentés par Taisen Deshimaru et présentés par Evelyn de Smedt, Paris : Albin Michel, 2003, p. 171

mardi 5 septembre 2017

jeudi 31 août 2017

Les traductions du mot « zen »

« Zen » est la prononciation du mot chinois « chan », qui est lui-même une transcription phonétique du mot prakrit « jhana ». L’équivalent sanskrit de « jhana » est « dhyana » qui signifie « penser ». (…) Le mot « zen » apparaît pour la première fois dans la Chandogya Upanishad. Dans les premières traductions du sanskrit en chinois, le mot fut rendu par « pensée et pratique ». Les traductions plus tardives adoptèrent le terme « réflexion paisible ». La première expression signifie concentrer l’esprit sur un objet unique, y réfléchir profondément puis mettre cette réflexion en pratique. La seconde expression faisait référence à la pratique qui consiste à mettre son esprit au repos de manière à voir les choses avec plus de clarté. « Zen » a également été traduit par «  », c’est-à-dire fixe, stable. Ce terme renvoyait au fait de fixer son esprit sur un objet unique de façon à le libérer de toute distraction. »

– Kohô Chisan, Le bouddhisme zen Sôtô, Vannes : Sully, 2006, p. 39-40

mardi 29 août 2017

L’origine du zen

« Le zen, comme le bouddhisme lui-même, est un produit de l’Inde. Cependant, son ancienneté est bien plus grande que celle du bouddhisme. Son origine est liée à l’habitude des philosophes indiens d’échapper à la chaleur en s’établissant dans les forêts. Là, ils passaient leur temps en méditation et dans l’observance de cérémonies religieuses. Cette pratique consistant à s’asseoir dans une posture définie, sous un grand arbre, pour méditer était considérée comme un exercice religieux agréable. Le développement ultime en fut le zazen, la forme de méditation pratiquée dans l’école zen. »

– Kohô Chisan, Le bouddhisme zen Sôtô, Vannes : Sully, 2006, p. 39

jeudi 24 août 2017

Les paradoxes du zen

« Au milieu de rien, on trouve une richesse inépuisable », « D’abord la grande mort, et ensuite la grande vie », « Même si vous êtes séparé du Bouddha depuis des périodes incommensurables, vous ne l’avez pas quitté une minute ; même si vous êtes en face de lui à longueur de journée, vous ne lui avez pas fait face un seul instant ». (…) De telles phrases sont innombrables. Ces paradoxes obligent celui à qui ils sont destinés à prendre conscience des limitations de la logique et à trouver le moyen de sortir de l’impasse. »

– Kohô Chisan, Le bouddhisme zen Sôtô, Vannes : Sully, 2006, p. 117

jeudi 17 août 2017

Paroles de sagesse

« Prêtez l’oreille aux paroles de sagesse, ne vous souciez pas de celui qui les prononce. »

– Extrait du livre d’Alexandra David-Néel, L’Inde où j’ai vécu, Presses Pocket, 1989, p. 301

mardi 15 août 2017

La fuite du temps

« Faire de chaque instant un moment plein, en accomplissant la chose importante de cet instant, sans rien remettre au lendemain. L’ici et maintenant doit être complet, parachevé. Ainsi n’aurons-nous pas à regretter la fuite du temps. »

– Taisen Deshimaru, maître zen, extrait du livre Le trésor du zen, textes de Maître Dogen (XIIIe siècle), traduits et commentés par Taisen Deshimaru et présentés par Evelyn de Smedt, Paris : Albin Michel, 2003, p. 54

dimanche 13 août 2017

mardi 8 août 2017

La tranquillité dans quelque coin solitaire

« Dès que la moindre parcelle de sagesse est entrée dans l’esprit d’un homme il aspire à la solitude. »

– Extrait du livre d’Alexandra David-Néel, Au coeur des Himalayas : Le Népal, Paris : Éditions Payot & Rivages, 2004, p. 125

samedi 5 août 2017

Hymne au soleil (Akhenaten) (Philip Glass; Paul Esswood)

L'excellent contre-ténor Anthony Roth Costanzo chantait ce soir ce très bel Hymne au soleil (“Hymn to the Sun”) tiré de l’oeuvre de Philip Glass, “Akhnaten” au Palais Montcalm de Québec avec l‘orchestre de chambre Les Violons du Roy. Ce fut sublime! Ce jeune chanteur a totalement conquis le public québécois. D’ici un an, il sera possible de se procurer un enregistrement sonore de sa fameuse prestation.

Je donne à entendre cette version magnifiquement interprétée par le ténor Paul Esswood.

jeudi 3 août 2017

La goutte de rosée

« Notre vie,
À quoi peut-on la comparer ?
À la goutte de rosée
Secouée du bec de l’oiseau aquatique,
Où se mire le reflet de la lune. »

– Eihei Dōgen, extrait du livre Le trésor du zen, textes de Maître Dogen (XIIIe siècle), traduits et commentés par Taisen Deshimaru et présentés par Evelyn de Smedt, Paris : Albin Michel, 2003, p. 54